mercredi 4 avril 2012

LES ENGAGEMENTS FINANCIERS DU CANDIDAT SARKOZY


J – 32
C’est presque un scoop ! Alors que l’on nous annonce,  pour incessamment sous peu, les détails du projet de Nicolas Sarkozy, nous nous sommes procuré un document qui dit tout sur ses engagements de retour à l’équilibre des finances publiques et de réduction de la dette.
Voyons d’abord les principaux engagements :
-Déficit public ramené à 4,5 % en 2012, 3 % en 2013 et retour à l’équilibre en 2016.
-Progression des dépenses en volume : 0,8 % en 2012 puis 0,4 % en moyenne à partir de 2013, ce qui réduira le niveau des dépenses publiques à 52,8% en 2016 (56,2 % aujourd’hui).
-Le niveau de la dette en pourcentage du PIB reculera de 88,3 % en 2012 à 81,8 % en 2016 (et 79,8 % hors endettement lié à l’aide aux Etats en difficulté de la zone euro).
-Prévisions de croissance de 1 % en 2012 puis de 2 % sur la période 2013-2016.
-Les prélèvements obligatoires augmenteront de 44, 8 % du PIB en 2012 à 46 % en 2016.
Voilà donc la réponse aux questions que nous posions depuis longtemps.
Reste à savoir comment on fait pour parvenir à ce résultat. Le document dont nous disposons donne tous les détails. Bien entendu c’est très technique. Nous nous limiterons donc aux grandes lignes.
Notons que nous retrouvons le fameux chiffre de 115 milliards d’efforts sur la période, dont 2/3 en économies de dépenses et 1/3 en recettes nouvelles, annoncé par le candidat.
Les économies (75 milliards) sont très largement réparties : poursuite de la réduction des effectifs de la fonction publique, maîtrise de la progression de la masse salariale, réforme de l’Etat, économies résultant de la réforme des retraites, limitation à 2,5 % par an de la progression des dépenses de santé, gel des concours de l’Etat aux collectivités locales, etc.
Les recettes fiscales sont déjà, pour l’essentiel,  déjà actées (réductions de niches fiscales, majoration de l’impôt sur les grandes entreprises, tranche additionnelle de l’impôt sur  les hauts revenus, non indexation de l’impôt sur le revenu et l’ISF, etc.) et produiront leurs effets jusqu’en 2016 pour un total de 41 milliards.
Tous les détails sont disponibles…
La question, évidemment, est comment y croire. Les promesses, on connaît !
Sauf qu’il ne s’agit pas de promesses mais des engagements formels que la France a pris à l’égard de ses partenaires européens et, comme on le sait sans doute, la commission de Bruxelles dispose maintenant de tous les moyens de contrôle et d’un arsenal de sanctions redoutable en cas de non-respect. Reconnaissons que c’est un petit peu plus crédible que des promesses électorales.
Comment avons-nous fait pour obtenir toutes ces informations alors que du matin au soir les commentateurs regrettent que l’on nous laisse dans l’ignorance sur les moyens de réduire les dépenses et sur la nature des recettes nouvelles qu’il faudra mobiliser ?
C’est tout simple, il s’agit d’un document public que l’on peut consulter sur internet, sur le site budget.gouv.fr. Il s’intitule « Stratégie pluriannuelle des finances publiques de la France ». C’est l’engagement de la France devant l’Union européenne. Ce document, tout ce qu’il y a d’officiel, est actualisé périodiquement. D’ailleurs, mais c’est sans doute un hasard, sa future mise à jour doit intervenir prochainement, sûrement quelques jours après l’annonce de son programme par Sarkozy !
Deux questions en conclusion.
La première : pourquoi la presse ne fait-elle pas son travail et ne nous a-t-elle pas commenté ce document qui est l’un des engagements internationaux les plus importants que notre pays ait pris depuis longtemps ? Si nous ne l’avons pas commenté correctement, que ceux dont c’est le métier le fasse, car il s’agit de la crédibilité de la France.
La seconde, qui est à méditer pour la suite de la campagne, est la suivante : est-ce que la parole d’un président en exercice, fusse-t-il candidat, a le même poids que celle d’un autre candidat qui prétend le devenir ?
Et une requête : si cet engagement de la France convient au candidat socialiste, qu’il s’engage à le respecter. S’il veut le renégocier qu’il demande aux militants socialistes de la direction du Budget, qui ne manquent pas, de le réécrire. On pourra ainsi comparer en toute clarté. Chiche ?

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