jeudi 5 avril 2012

AU SECOURS, LE CHANGEMENT ARRIVE !


 J – 31
Hollande vient de présenter les principales mesures qu'il prendra au début de son mandat.
Habile pour se placer dans les médias à la veille de la présentation de son programme par Sarkozy. Mais, sur le fond, strictement rien de nouveau : les principales des « 60 propositions » sont présentées dans l'ordre prévu pour leur mise en œuvre: avant fin juin, du 3 juillet au 1er août et entre fin août et juin 2013.
La prochaine fois, pour tenter de faire à nouveau le buzz, on pourra les présenter par ordre alphabétique. Peu de risque, en revanche, qu’elles soient déclinées en ordre de coûts budgétaires croissants...Bien joué en tout cas et pas seulement pour tenter de brouiller l'annonce de Sarkozy, mais parce que cela crédibilise le slogan : " Le changement, c'est maintenant".
Il n'aura échappé à personne que la première période correspond au temps qui précède les élections législatives.
On y trouve, bien entendu, des mesures "populaires" : l'augmentation de 25% de l'allocation de rentrée scolaire, la création d'un mécanisme de caution solidaire pour permettre aux jeunes d'accéder à la location, le doublement du livret A et du LDD qui devient le Livret Épargne Industrie, la retraite à 60 ans pour les personnes ayant commencé à travailler à 18 ans et cotisé 41 annuités, l'arrêt de la RGPP  (c'est à dire du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux). Elles ont toutes un coût budgétaire que chacun présentera à sa manière, sur la première année, pendant le quinquennat, au cours de toute leur période d'application. Ce qui est sûr, au total, beaucoup de dépenses.
Mais est-il surprenant que pour fêter un événement heureux on offre la tournée ?
On y trouve ensuite les mesures "politiques" (pour ne pas dire "populistes") : réduction de 30 % de la rémunération du chef de l’État et des ministres (merci de nous préciser s'ils pourront cumuler avec une retraite de haut fonctionnaire ou de parlementaire, sans viser personne...), publication des déclarations d'intérêt par les membres du gouvernements (la déclaration de patrimoine est déjà une obligation et tout le monde a eu connaissance de celui de Nicolas Sarkozy et de son évolution au cours des cinq dernières années), fixation d'un éventail de 1 à 20 des rémunérations dans les entreprises publiques (on aimerait bien savoir qui cela va concerner vraiment car, dans les établissements publics, c'est déjà l'Etat qui fixe les rémunérations ; quant aux « entreprises publiques » - selon la définition de l'INSEE ce sont celles dans lesquelles l'Etat possède la majorité - il n'en reste plus beaucoup. Quid donc de France Télécom., Air France, EADS, Areva...?). On trouve aussi, parmi les premières mesures du quinquennat, l’abrogation de la circulaire sur les étudiants étrangers et  de nouvelles dispositions pour lutter contre le délit de faciès lors des contrôles de police...Symbolique !
Mention spéciale pour le blocage des prix des carburants pendant trois mois, ce que les électeurs devraient apprécier avant les législatives, à condition que le cours du pétrole ne baisse pas juste à ce moment-là ! Espérons que la mesure sera appliquée au niveau des entreprises pétrolières et non des pauvres distributeurs qui seraient injustement pénalisés. Quant aux pétroliers, il leur suffira de se couvrir sur les marchés financiers contre la hausse des cours, cela ne coûte pas cher et de toute façon ils l’incluront dans leurs prix, juste avant la mesure de blocage....
Il y a, enfin, les initiatives diplomatiques dont on attend avec impatience le
résultat : la présentation aux partenaires européens du "Pacte de responsabilité, de croissance et de gouvernance" qui est censé modifier le projet de traité actuel et l'annonce aux alliés de l'OTAN du retrait de nos troupes d’Afghanistan avant la fin de 2012.
Vous aurez certainement remarqué qu’il n’y a rien sur la crise. Quelle crise ? La seule chose qui menace la France, c’est Sarkozy. Pas de bras, pas de chocolat ; plus de Sarkozy, plus de crise.
Nous ne continuerons pas avec  la liste des autres mesures annoncées pour les deux périodes suivantes (la seconde correspond à une session extraordinaire du parlement en août et la troisième à la session ordinaire de rentrée), ce ne sont que du copier-coller des 60 propositions du candidat.
Notons simplement la présentation au parlement de la  « loi de programmation pluriannuelle des finances, fixant la trajectoire de retour à l'équilibre budgétaire en 2017 ». C'est le document que nous réclamions dans notre précédente chronique. Donc nous l'aurons après la présidentielle et les législatives. Pas folle la guêpe!

PAROLE DE FEMME
Avant de poster ce texte nous avons écouté Hollande lors de son grand meeting de Rennes, ce mercredi soir. Pas de surprise sur le fond. 75 % d’antisarkozysme, 25 % de redites sur des idées qu’il rabâche depuis des mois. Là n’est pas le propos.
Ce qui restera de cet évènement, c’est une image, celle que l’on ne verra jamais, celle qui a été ratée.
Ségolène Royal ne laisse personne indifférent. Elle séduit ou elle agace, mais c’est une vraie personnalité. Et elle a obtenu 17 millions de voix aux dernières élections présidentielles, plus que Jospin en 2002.
Hier soir elle s’était mise au service du candidat du parti, en maitresse de cérémonie. La grande réconciliation, le passage de témoin entre la candidate d’hier et celui d’aujourd’hui. Cet évènement marquera la campagne.
Imaginez ce moment exceptionnel de téléréalité. Un couple de 30 ans, séparé aujourd’hui, mais qui a conquis ensemble tous les échelons de la République, et qui, quoi qu’il soit arrivé et quoi qu’il arrive, continuera de partager une famille de quatre enfants.
Après un long travail sur elle-même, des échecs, des trahisons, des humiliations, elle monte sur scène superbe et généreuse, pour passer le flambeau à son ancien compagnon.
Lui, pas un regard, pas une embrassade, pas de mains qui se serrent, même pas un poing réuni pour la victoire des camarades. Sourire gêné, demi-tour et sortie en forme de rejet…
Une femme qui m’est proche et qui ne milite pas en politique, la plus fidèle de mes lectrices, avait pronostiqué en 1986, après l’avoir croisé dans une école, que Sarkozy serait un jour président de la République. Hilarité des experts qui avaient bien perçu qu’il réunissait sur sa pauvre tête à peu près tous les handicaps. La même, au début de 2006, affichait la  certitude irraisonnée de sa victoire.
Ce soir, à propos de hollande, elle a fait le commentaire suivant que seule les femmes pourront, sans doute, décoder : « Cet homme a un problème avec les femmes ; il ne sera pas président ».

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