vendredi 23 mars 2012

UNE CAMPAGNE QUI TOMBE BIEN BAS

J -44

« C'est un jeune homme qui a tiré sur un militaire en disant : « Tu tues mes frères, je te tue. » C'est un jeune homme qui quitte son deuxième crime sur son scooter au cri de «Allah Akbar ». C'est un jeune homme qui voulait mourir une arme à la main pour entrer au paradis. Les questions posées par les actes fous, monstrueux, stupéfiants de Mohamed Merah ainsi que par sa mort spectaculaire sont gigantesques et très complexes.
Elles concernent son parcours, son endoctrinement, ses éventuelles filiations, la manière dont il a été surveillé et dont il n'a pas été arrêté. Elles touchent au vivre ensemble, à la désespérance des jeunes immigrés, à la détection des terroristes et au contrôle des suspects, à la présence du djihadisme et d'Al-Qaïda sur notre continent.
Comment éviter cela ? C'est en fait l'unique interrogation, le seul impératif. Personne n'est capable d'y apporter une réponse évidente et rapide, sans amalgame ni accusation hâtive. Et pourtant, après seulement quelques instants de pause, les candidats à la campagne présidentielle y vont à la hussarde, se montrant dans leurs invectives publiques bien peu à la hauteur des enjeux qui leur sont posés.
Avant ces terribles événements, la campagne avait déjà fait preuve d'une grande violence verbale. On y avait peu discuté du fond des dossiers mais on s'était attaché à salir l'autre et à le déconsidérer. Mais ce qui apparaissait alors de bien piètre tenue, devient aujourd'hui carrément indécent. Ce jeudi, ce fut un festival entre les lieutenants des candidats s'accusant des pires bassesses. Marine Le Pen faisait elle tout l'étalage de son grand écart idéologique, muette quand on croit qu'il s'agit d'un nazillon, prolixe quand on découvre que c'est un islamiste.
Nicolas Sarkozy reste drapé dans son costume présidentiel, solennel. Il a bien intérêt à ne plus le quitter. Difficile en effet pour ses rivaux dans un tel contexte de rivaliser dans le même registre : l'habit en l'occurrence fait le moine. C'est Sarko-président qui annonce de nouvelles mesures contre le terrorisme, mettant les socialistes au pied du mur. Très bien joué tactiquement et très subtilement pour le candidat Sarko qui pourrait bénéficier de sa « représidentialisation ».

Le hasard d’un voyage en Belgique nous a permis de prendre connaissance de l’édito du journal "Le Soir" du 23 mars 2012. Il est toujours intéressant d’écouter ce que pensent de nous nos amis et voisins. Nous nous sommes donc permis de reprendre « in extenso », sans en changer ni  en ôter une ligne, ce qu’écrit l’éditorialiste en chef, Béatrice Delvaux. Nous en avons également repris le titre.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

http://agv-solferino2012.blogspot.fr/