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« C'est un jeune homme qui a tiré sur un militaire en disant : « Tu
tues mes frères, je te tue. » C'est un jeune homme qui quitte son deuxième
crime sur son scooter au cri de «Allah Akbar ». C'est un jeune homme qui
voulait mourir une arme à la main pour entrer au paradis. Les questions posées
par les actes fous, monstrueux, stupéfiants de Mohamed Merah ainsi que par sa
mort spectaculaire sont gigantesques et très complexes.
Elles concernent son parcours, son endoctrinement, ses éventuelles filiations,
la manière dont il a été surveillé et dont il n'a pas été arrêté. Elles
touchent au vivre ensemble, à la désespérance des jeunes immigrés, à la
détection des terroristes et au contrôle des suspects, à la présence du
djihadisme et d'Al-Qaïda sur notre continent.
Comment éviter cela ? C'est en fait l'unique interrogation, le seul
impératif. Personne n'est capable d'y apporter une réponse évidente et rapide,
sans amalgame ni accusation hâtive. Et pourtant, après seulement quelques
instants de pause, les candidats à la campagne présidentielle y vont à la
hussarde, se montrant dans leurs invectives publiques bien peu à la hauteur des
enjeux qui leur sont posés.
Avant ces terribles événements, la campagne avait déjà fait preuve d'une
grande violence verbale. On y avait peu discuté du fond des dossiers mais on
s'était attaché à salir l'autre et à le déconsidérer. Mais ce qui apparaissait
alors de bien piètre tenue, devient aujourd'hui carrément indécent. Ce jeudi,
ce fut un festival entre les lieutenants des candidats s'accusant des pires
bassesses. Marine Le Pen faisait elle tout l'étalage de son grand écart
idéologique, muette quand on croit qu'il s'agit d'un nazillon, prolixe quand on
découvre que c'est un islamiste.
Nicolas Sarkozy reste drapé dans son costume présidentiel, solennel. Il a
bien intérêt à ne plus le quitter. Difficile en effet pour ses rivaux dans un
tel contexte de rivaliser dans le même registre : l'habit en l'occurrence fait
le moine. C'est Sarko-président qui annonce de nouvelles mesures contre le
terrorisme, mettant les socialistes au pied du mur. Très bien joué tactiquement
et très subtilement pour le candidat Sarko qui pourrait bénéficier de sa «
représidentialisation ».
Le hasard d’un voyage en
Belgique nous a permis de prendre connaissance de l’édito du journal "Le
Soir" du 23 mars 2012. Il est toujours intéressant d’écouter ce que
pensent de nous nos amis et voisins. Nous nous sommes donc permis de reprendre « in extenso », sans en changer ni en ôter une ligne, ce
qu’écrit l’éditorialiste en chef, Béatrice Delvaux. Nous en avons
également repris le titre.
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