Les polémiques sur le drame, ça
suffit ! Les injures entre candidats, cela commence à bien faire !
Le premier tour de l’élection qui doit
décider du choix du prochain président de la République est dans 26 jours. N’est-il
pas temps de revenir à la campagne et de parler aux français de leur
avenir ?
Depuis des semaines nous n’avons eu
droit qu’à quelques annonces surprises, telles que la tranche d’imposition à 75
% ou la suspension des accords de Schengen. Cela a occupé les médias mais ce
n’est pas ainsi que l’on va mobiliser les français et, pour l’instant, les
sondages laissent prévoir un taux élevé d’abstention, ce qui serait le pire des
résultats.
Hollande nous a, certes présenté un
programme, 60 propositions, mais sincèrement, s’en souvient-on vraiment, à part
quelques mesures phares comme le recrutement de 60.000 fonctionnaires, le
contrat de génération et les emplois jeunes ? Pour le reste, c’est soit le
flou, soit l’oubli. Quant à Sarkozy, s’il est le plus clair sur l’objectif de
réduction des déficits et les moyens d’y parvenir, on attend encore un
véritable programme et, parait-il, un livre…
Nous allons donc leur soumettre, pour
relancer la campagne, quelques questions sur lesquelles nous aimerions bien
avoir des réponses claires.
1/Sur les finances publiques, pour
commencer : nous avons bien entendu l’engagement d’un retour à l’équilibre
budgétaire, en 2016 pour Sarkozy, et en 2017 pour Hollande. C’est moins net sur
les moyens d’y parvenir. Avant les détails et précisions qui ne manqueront pas
de nous être donnés, nous aimerions d’abord connaître la position des candidats
sur quelques grandes orientations politiques.
Que se passera-t-il si les prévisions
de croissance retenues par les candidats ne se réalisent pas ? Que le taux
de croissance soit de 2 %, 1%, 0 % change
absolument tout, et nous avons payé pour ne plus croire à la magie du
volontarisme…On oublie les engagements de retour à l’équilibre ? On fait
plus d’économies sur les dépenses ? On lève plus d’impôts ?
A combien s’élèvera, en 2017, le
pourcentage des dépenses publiques rapporté au PIB ? Allons-nous continuer à
améliorer notre record d’Europe (56 %) ?
A combien passera le taux de
prélèvements obligatoires (actuellement à 45 % du PIB, autre record) ? Stabilité, hausse d’un point, deux, trois … ?
Y a-t-il une limite ?
Quel sera, en 2017, le niveau d’endettement de la France (il est,
actuellement de 85 %) ? Stabilité ?
Régression ? Quel plafond retrouver ?
Tout le monde l’aura compris, ces
sujets sont étroitement imbriqués. Il s’agit de choix politiques fondamentaux. Plus de bla-bla,
ni de promesses, mais simplement des objectifs
réalistes. Les candidats vous diront qu’ils ont été clairs sur ces différents
points. Alors, faites un test : essayez de citer leurs réponses…
Ce n’est qu’ensuite que l’on pourra
entrer dans les détails et voir qui va payer et quelles seront les conséquences
sur le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises.
2/Sur le nucléaire, on connait la position
de Sarkozy : on développe les énergies durables de substitution mais pas,
à court ni moyen terme, de recul du nucléaire. Seules seront fermées les
centrales qui arriveront en bout de course mais on poursuit l’EPR. Avec
Hollande, on a compris qu’il fermera Fessenheim d’ici à 2017 et aucune autre
centrale. Mais comment ramènera-t-on à 50 %, en 2025, la part du nucléaire ? Et
quel accord passera-t-il entre les deux tours avec Mélenchon ? Est-il prêt
à consulter les français par référendum ?
3/Sur les retraites, il faudrait que
Hollande nous confirme une fois pour toute que chaque personne ayant atteint 60
ans pourra percevoir sa retraite à taux plein dès lors qu’elle possèdera les
annuités nécessaires. Et que le coût de ce retour à 60 ans sera financé par une
hausse des cotisations. Sur la deuxième étape de la réforme qu’il faudra
franchir en 2017, quelles lignes directrices, quel principes de base ? Les
candidats ne peuvent se contenter de l’annonce d’un grand débat national.
4/Sur les questions de société :
droit de vote des étrangers, niveau et modalités de d’introduction de la proportionnelle
aux législatives, mariage et adoption par les couples homosexuels, suppression
de la loi Hadopi (fera-t-on supporter aux fournisseurs d’accès et autres
intervenants du net l’indemnisation des auteurs, sans faire payer les « téléchargeurs » ?).
Il ne devrait pas être difficile de donner des réponses précises ni d’indiquer
si, sur les sujets touchant aux pouvoirs publics et/ou à la constitution, on consultera,
ou non, le peuple par référendum.
5/Il y a bien d’autres sujets pour lesquels
le moment de la clarté et du débat est venu, mais nous devons, aujourd’hui, en citer
encore un, l’Europe.
Quelles délégations de souveraineté
sommes-nous prêts à consentir et au profit de qui ? A une instance
intergouvernementale ou à des institutions communautaires aux pouvoirs
renforcés ? Quant aux traités qui devront être ratifiés sur les règles de
discipline budgétaire et sur les mécanismes de stabilité financière, que fera
Hollande s’il n’obtient pas l’accord des signataires sur une renégociation. Il
bloquera tout ? La France se tiendra à l’écart ? Ce sujet est
gravissime et l’on on ne peut considérer comme acquis que cela n’arrivera pas,
simplement parce que le vote des électeurs français s’imposerait à toute l’Europe.
Il y aura bien d’autres thèmes
importants, comme celui de la compétitivité de notre économie, mais le message
est : parlez-nous maintenant de ce qui nous intéresse, sinon il ne faudra
pas vous plaindre du désintérêt des français.
* *
Nous avons malgré tout conservé le
titre, d’abord parce qu’il nous nous plait, ensuite pour vous inciter à
consulter cette vidéo en cliquant sur le lien ci-dessous. C’est vraiment désopilant…
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