J – 89
Si l’on veut savoir ce qui est important pour les français, il faut éteindre la télé, ne pas acheter Le Monde, ni Le Figaro, ni Libération et, surtout, sortir de Paris.
Il faut aller dans une petite ville de province, dans un de nos nombreux villages, et lire le journal local, de préférence au bistrot.
C’est ce que nous avons fait ce week-end, oh pas très loin, pas dans la Larzac ni au fin fond de la Bretagne, non, à 150 à Km seulement de la capitale, en Seine-Maritime, dans le pays de Caux. Le journal local s’appelle, bien entendu, le Courrier Cauchois. Ne souriez pas, avec 40 000 exemplaires vendus, c’est le 2ème hebdomadaire régional français.
Quel est le grand sujet ? Les 20 cm de neige, le verglas, le froid ? Non, « ici c’est l’hiver, mon brave monsieur »… Ce qui anime les conversations, c’est la chasse et le compte rendu de la réunion que Nicolas Sarkozy vient d’avoir avec les représentants de la chasse française.
De fait, c’est aussi compliqué pour les non initiés que la TVA sociale ou la compétitivité. Il n’est question que de limicoles, de courlis, d’eider à duvet, et de vanneaux huppés…
Le président (ici on ne dit pas Sarko, même pas Sarkozy, on dit « le Président ») s’est donc efforcé de rassurer les chasseurs qui se sentent mal aimés et qui ont réservé à Joly un chien de leur chienne de chasse. C’est bien normal, on est en période électorale et il faut caresser les chasseurs dans le sens des plumes.
Ils sont, par exemple, fort mécontents d’un rapport préconisant de supprimer 22 gabions en Baie de Seine, en aval du pont de Normandie. Le chef de l’Etat qui connaît bien le sujet a calmé leurs appréhensions avec cette forte phrase : « un rapport n’est qu’un rapport ».
Mais ce qui nous a le plus intéressé, c’est un passage de l’article du « Courrier », intitulé « Chasser, les promesses du Président » et qui dit ceci « Il a demandé au ministre de l’Ecologie de mettre en place immédiatement une dérogation à des fins scientifiques afin de prélever un quota d’oies qui permettra de lever l’ambiguïté sur la provenance des oies chassées en France, par rapport aux oies hollandaises qui sont détruites tous les ans en très grande quantité en raison des dégâts agricoles qu’elles créent ». Comme cela n’était pas parfaitement clair, pour ce qui nous concerne, nous avons demandé des éclaircissements. Et le bon Monsieur de Paris a immédiatement compris que le Président venait de trancher la grave question des oies hollandaises .
Clairement, il n’est pas hostile à ce qu’on les crible de plombs, en raison des dégâts qu’elles causent.
Feu donc sur le gibier hollandais, ce n’est plus une espèce protégée …
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