dimanche 5 février 2012

COMPÉTITIVITÉ (suite)


J – 90
Nous avons constaté, dans notre précédente chronique, la clairvoyance de certains syndicats qui reconnaissent que les entreprises françaises supportent trop de charges sociales, ce qui réduit leur marge et obère leur compétitivité. Ils ne sont pas opposés à ce qu’une partie de ces charges soit transférée sur l’impôt. S’ils ne disent pas lequel, c’est que la CFDT préfère un transfert sur la  CSG plutôt que sur la TVA. Mais il y a consensus sur le diagnostic. C’est considérable, comparé aux politiques.
Si l'on devait brièvement résumer le problème de compétitivité que pose en France le coût du travail, il faudrait retenir trois points :
1/La protection sociale a atteint des records. C’est fait, la France est championne d’Europe, titre qu’elle vient de ravir au Danemark. Elle y consacre près du tiers de son PIB, soit 2 points de plus que l’Allemagne. Au passage, si nous revenions au même niveau que nos voisins, l’économie annuelle serait de l’ordre de 40 milliards par an !
2/Les charges sociales payées par l’employeur sont trop élevées en France. Il suffit d’écouter le témoignage de président d'Air France-KLM, devant la mission de l'Assemblée nationale sur la compétitivité : pour un salaire brut de 100, Air France paie ses salariés, charges sociales comprises, 146 en France alors qu’il ne paye que 129 en Allemagne*.
3/La répartition des charges sociales entre l’employeur et le salarié se fait à part égale en Allemagne alors qu’en France les 2/3 sont payés par l’employeur**.
Nous ne sommes, ben entendu, pas en mesure de proposer des solutions sur un sujet aussi compliqué. Pourtant, le financement de notre modèle social est ce qui déterminera l’avenir de notre pays. Ne croyez-vous pas que l’on pourrait nous en parler ?
Car, enfin, si Sarkozy envisage la TVA siciale, avez-vous trouvé une seule chose de concrète que propose Hollande en matière de productivité ? De vraies réformes structurelles ?
Le seul engagement chiffré concerne la hausse des charges sociales pour financer le retour de la retraite à 60 ans, ce qui confirme la maxime : « l’important dans la vie, c’est d’avoir une idée simple et de s’y tenir » !
Mais le changement, c’est quand ?

*voir, dans le Monde du 31/01/2012, la chronique de Bertrand Nouel, expert de l’IFRAP.
** c.f. Note DG Trésor du 26/05/2011.

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