samedi 4 février 2012

LIBERTÉ, ÉGALITÉ, FRATERNITÉ, COMPÉTITIVITÉ

J – 91
En août dernier, trois organisations syndicales, CFDT, CFE-CGC et CFTC, ont signé avec trois organisations patronales, le MEDEF, la CGPME et l’UPA, un document intitulé « Approche de la compétitivité française ». FO a participé aux travaux mais n’a pas signé. Quant à la CGT, on la sait génétiquement allergique à tout ce qui pourrait ressembler à un consensus social.
C’est moins amusant qu’une BD mais ça décoiffe. Quel dommage qu’il soit si méconnu et que nos politiques n’en débattent pas…
Voici les premières lignes de ce document : « Malgré plusieurs décennies de difficultés économiques et sociales, la compétitivité n’a jamais réussi à s’imposer comme un sujet essentiel dans le débat public. Des approches simplistes -voire caricaturales- de la compétitivité se sont développées : pour les uns, le coût du travail est la cause unique de tous nos maux (PAN sur la droite) ; pour les autres, ce sont les actionnaires et leur vision à court terme (PAN sur la gauche). Résultat : des polémiques stériles qui empêchent de faire avancer la réflexion et l’action économiques ». Bien envoyé !
Plus loin, est posée la question de la structure des prélèvements obligatoires, qui pèsent en France plus qu’ailleurs sur les facteurs de production, et en particulier sur le travail. Un des enjeux est de penser une fiscalité de croissance, qui favorise notamment le développement d’activités sur le territoire. Un vrai débat sur les modes de financement de la protection sociale est également à engager. Une réflexion approfondie et globale sur une nouvelle répartition entre ce qui doit être payé par la solidarité nationale (l’impôt) et ce qui doit être pris en charge par la solidarité professionnelle (les cotisations sociales), constituerait sans doute une méthode à explorer. Parce qu’elle est l’un des fondements de la prospérité, la compétitivité est l’affaire de tous. Ses enjeux devraient être discutés plus largement qu’aujourd’hui pour dépasser les clivages idéologiques et trouver un consensus sur lequel bâtir une politique économique de long terme ».
Le rapport s’intéresse donc à deux facteurs essentiels de compétitivité : le coût du travail et le prix de vente des produits.
Sur le coût de la main d’œuvre, on trouve un tableau très parlant qui compare (source Eurostat), pour tous les pays de la zone euro, l’évolution du coût horaire de la main d’œuvre, dans le secteur marchand non agricole, entre 2000 et 2010. La zone euro a enregistré une hausse de 31,2 %, la France de 37,4 % et l’Allemagne de 14,9 %. Autre enseignement, les quatre pays qui ont connu la hausse la plus élevée sont la Grèce (54,5%), le Portugal (49 %), l’Espagne (40,9 %) et l’Italie (39,8 %), les pays malades de l’Europe. La Belgique et la cinquième, suivie de … la France.
Sur le facteur prix, l’observation est la suivante : « Très sensibles à la compétitivité-prix, les entreprises françaises peuvent être contraintes à des efforts de marge à l’exportation plus importants que d’autres pour préserver leurs parts de marché, voire pour en limiter la perte. Cette contrainte explique sans doute en partie la quasi-stagnation des taux de marge des sociétés non financières au cours de ces dernières années, entre 2000 et 2009, qui contraste avec la remontée enregistrée dans plusieurs autres pays européens ».
Nous allons arrêter là nos citations pour ménager les quelques lecteurs qui n’ont pas encore décroché mais nous rappellerons qu’elles n’émanent pas d’un candidat courageux ni d’un parti politique clairvoyant mais proviennent de syndicats de salariés et d’organisations patronales. Ce devrait être, pourtant, le cœur de la campagne. Nous y reviendrons donc en essayant de présenter de manière plus simple les enjeux.



PS. A noter également ce passage qu’il faut garder à l’esprit à propos d’un autre débat : « Par ailleurs, la France dispose d’un avantage comparatif en Europe grâce à son parc nucléaire. Son indépendance énergétique lui permet d’offrir une électricité abondante, à des prix d’autant plus compétitifs que la fiscalité sur l’électricité (22,9% du prix TTC au 1er semestre 2010) est moins lourde que la moyenne de la zone euro (29,7%), et notamment qu’en Allemagne (38,9%) ». PAN sur Joly …

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