jeudi 2 février 2012

LE CAUCHEMAR DE HOLLANDE

J - 93
Nous procédons chaque mois à un « point sondages », réalisé à partir d’une moyenne des dernières estimations effectuées par les instituts. Cela donne aujourd’hui, le résultat suivant : Hollande à 31 %, Sarkozy à 25 %, Le Pen à 17 %, Bayrou à 14 %, Mélenchon à 8 %, Joly à 3 %, Villepin à 1 % et tous les autres à 0,5 % ou moins. Ces chiffres appellent trois observations :
1/Hollande augmente son avance sur Sarkozy ; elle est désormais de 6 points au premier tour et de 14 au second (57 % contre 43 %).
2/Le total des voix de gauche, avec 43 %, reste relativement faible.
3/Bayrou effectue une belle remontée avec un gain de 5 points en un mois et il se rapproche de Marine Le Pen.
Qui conduisent à une constatation : Bayrou sera bien l’arbitre de ces élections et le vainqueur sera très probablement celui qui aura son soutien. On sait cela depuis longtemps. Ce qui est nouveau c’est que la vigueur de sa remontée et la persistance des mauvais résultats de Sarkozy ouvrent la voie à un nouveau scénario, plus exactement à un exercice de politique fiction (mais que l'on commence à entendre dans certains cercles parisiens). Celui de la présence de Bayrou au second tour, avec de grandes chances de l’emporter. Par quel miracle, ce 22 avril, ni à l’endroit ni à l’envers, mais au centre ?
On peut penser, sans grand risque de se tromper, que Bayrou récupérerait la totalité des voix qui se seraient portées sur lui au premier tour. Mais aussi, la plus grande partie des voix de Sarkozy et des autres candidats de droite. Avec 60 % des voix de Marine Le Pen, (ce qui ne serait pas étonnant vu l’aversion de cette dernière à l’UMPS et la solidarité objective entre partis favorables à la proportionnelle), il gagnerait haut la main…
Nous sommes en plein délire ? Sans doute, vu le retard qu’il a encore sur Sarkozy. Mais attendons que les sondeurs en arrivent à tester l’hypothèse d’un second tour Hollande/Bayrou. S’ils confirment les chances de ce dernier, c’est tout le paysage électoral qui serait bouleversé. Car les électeurs prêts à voter Hollande principalement pour battre Sarkozy pourraient bien se reporter sur Bayrou, comme il y pourrait y avoir des partisans de Sarkozy qui se résigneraient à voter Bayrou pour éviter Hollande.
Au fait, pourquoi les sondages n’ont-ils pas encore testé cette hypothèse ? Parce que Bayrou est encore largement distancé ? Mais on a bien testé tous les candidats à la primaire socialiste face à Sarkozy, même Royal qui a fait 7 % dans son propre camp. Et c’est au résultat de ces sondages que Hollande doit, largement, d’avoir été désigné candidat. Bayrou pourrait-il, par un pied de nez dont la politique française a le secret, connaître le même sort ?
Le rêve de Hollande est d’affronter Sarkozy, son cauchemar, de se retrouver face à Bayrou. Parions qu’il va désormais modérer, au moins dans la forme, ses attaques contre Sarkozy et qu’il ne va plus faire de cadeaux à Bayrou. Et, dans le secret de son âme, prier pour que « Sarko » ne dévisse pas…
Hollande a cité Shakespeare, lors de son meeting au Bourget, « Ils ont échoué parce qu'ils n'ont pas commencé par le rêve ». Qu’il ait confondu William (1564-1616) et Nicholas (1957-toujours vivant), n’est pas grave, la citation est belle. Sauf que le rêve peut aussi se terminer en cauchemar…

PS. Certains considèrent que s’il devait y avoir une surprise le 22 avril, c’est du côté de Marine Le Pen qu’il faudrait la chercher. Ce ne serait pas beaucoup plus réjouissant pour Hollande. Il serait, certes, assuré d’être élu, mais il n’aurait plus la même légitimité pour mettre en œuvre son programme, comme Chirac en 2002. C’est bien Sarkozy qu’il préfère…

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