Georges Pompidou décéde le 2 avril 1974. Il ne faudra pas attendre longtemps avant que ne s'ouvrent les hostilités pour sa succession à la présidence de la République.
Le plus rapide, à droite, est Jacques Chaban-Delmas. Les gaullistes dominent la vie politique depuis les débuts de la Vème République et il parait le mieux placé : gaulliste historique, il a été le Premier ministre le plus populaire de Pompidou.
La gauche, qui est dans l'opposition depuis 16 ans, a un candidat naturel, François Mitterrand. Il n'a, à sa propre gauche, que deux candidats extrêmes qui ne pésent pas lourd.
Le centre, après quelques tentatives d'émancipation (Jean Lecanuet connût son heure de gloire pour avoir mis le Général en ballottage en 1965; Alain Poher, fut étrillé par Pompidou en 1969), a fini par faire alliance avec le parti gaulliste. Il y occupe une place minoritaire mais vient de se trouver un nouveau leader, Valéry Giscard d'Estaing. Ancien ministre des finances sous le général de Gaulle, dont il a contribué à provoquer le départ en ralliant le camp du "Non" au referendum de 1969, il ocupe à nouveau les mêmes fonctions sous Pompidou. Entre temps il a créé un nouveau parti centriste (le centre n'a jamais pu s'empêcher de se diviser entre divers partis, pour des raisons que seuls comprennent de rares initiés), la "Fédération nationale des Républicains indépendants". Comme en 1965 et en 1969, le centre aura un candidat, ce sera lui.
Les rôles sont donc distribués, le spectacle peut commencer.
Mais le scénario dérape. La campagne de Chaban connaît des ratés, ce qui libère les ambitions dans son propre camp, tandis que le centriste VGE prend de la consistance.
Et c'est le coup de théatre ! Un groupe de gaullistes, 4 ministres et 39 députés, lance "l'appel des 43". Officiellement, les gaullistes s'intérrogent sur le choix de leur candidat. En réalité, c'est une révolte fomentée au profit de Jacques Chirac qui a choisi son camp : le centriste VGE. Ce sera le coup de grace pour Chaban. Giscard sera élu et Chirac deviendra son premier ministre.
Pourquoi raconter cette vielle histoire, 100 jours exactement avant le second tour des présidentielles ?
Une réfléxion trouvée chez Nicolas ... Machiavel (1469-1527) : " Pour prévoir l'avenir, il faut connaître le passé, car les événements de ce monde ont en tout temps des liens aux temps qui les ont précédés. Créés par les hommes animés des mêmes passions, ces événements doivent nécessairement avoir les mêmes résultats".
Mais, aujourd'hui, qui s'intéresse à l'histoire ?
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