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Hollande continue de planer dans les sondages : 5/6
points d’avance sur Sarkozy au premier tour, près de 15 au second. A 150 jours
de l’élection présidentielle on a donc du mal à envisager l’hypothèse d’une
défaite. Pourtant, l’ambiance ne parait pas à l’euphorie. Les militants
s’interrogent, les médias, même ceux qui lui sont le plus favorables, affichent
leur perplexité.
Dans Libération,
le 14 décembre, un article intitulé : « Hollande, ou l’art
d’habiller un recul en avancée », dont les sous-titres sont :
« les flous et les loups » et « le PS rame derrière son
candidat ». A nouveau, le 16 décembre : « Hollande, capitaine
dans la tempête ».
L'Express : « Pourquoi Hollande perd des
électeurs ». Dans un autre article, il conseille au candidat socialiste
cinq bonnes résolutions pour la nouvelle année : un discours plus
offensif, mettre fin à toutes les ambiguïtés, établir une stratégie de
communication claire, mettre en ordre le parti du président, présenter son programme.
Derrières ces recommandations on voit bien les critiques.
Pour quelles raisons autant de commentateurs
s’interrogent-ils sur la crédibilité du candidat ? Est-ce seulement pour
entretenir un faux suspens ? Ressentent-ils vraiment un doute ?
On trouvera un début de réponse dans une très intéressante
enquête réalisée par Ipsos et Logica Business avec le CEVIPOF, la fondation
Jean Jaurès, la fondation pour l’innovation politique, et le journal Le Monde.
Il s’agit de la 2ème vague du baromètre des intentions de votes du " Panel électoral France 2012 ", dont nous avions présenté la
première vague la mois dernier.
« Pourquoi certains électeurs
doutent-ils ? », telle est le titre de l’article du Monde commentant
cette étude. Que faut-il en retenir ? Deux choses. La première est que
quelle que soit la question, sur les intentions de vote, sur les points forts
ou les points faible du candidat, ce dernier enregistre un recul. Mais, enfin,
perdre un peu de son avance quand on en a beaucoup…
Le vrai problème
réside plutôt dans la réponse du panel à la question : « qui de
Hollande ou de Sarkozy vous semble le plus capable de… » à toutes les
questions relatives à la fonction présidentielle elle-même, la réponse est sans
appel.
Prendre les décisions difficiles ? 37 % pour Hollande,
62 % pour Sarkozy.
Avoir une stature présidentielle ? 42 % contre 57 %.
Faire mieux fonctionner l’Europe ? 44 % contre 54 %.
Hollande l’emporte dans d’autres domaines, comme réduire
les inégalité, augmenter le pouvoir d’achat, lutter contre le chômage,
etc. Mais sur tous ces postes son score est en net recul par rapport au
mois dernier. Grave ?
Reprenons la conclusion du journaliste du Monde, Thomas
Weider : « Mais s’il précise ses intentions, il court le risque de
s’aliéner des électeurs qui, dès lors, le jugeront trop à gauche ou trop centriste. »
Cela nous ramène au titre que nous avions donné à une
ancienne chronique, reprenant une maxime du cardinal de Retz : « On
ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment ».
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