dimanche 18 décembre 2011

QUELQUE CHOSE DE BIZARRE


 J – 140
Hollande continue de planer dans les sondages : 5/6 points d’avance sur Sarkozy au premier tour, près de 15 au second. A 150 jours de l’élection présidentielle on a donc du mal à envisager l’hypothèse d’une défaite. Pourtant, l’ambiance ne parait pas à l’euphorie. Les militants s’interrogent, les médias, même ceux qui lui sont le plus favorables, affichent leur perplexité.
Dans Libération, le 14 décembre, un article intitulé : «  Hollande, ou l’art d’habiller un recul en avancée », dont les sous-titres sont : « les flous et les loups » et « le PS rame derrière son candidat ». A nouveau, le 16 décembre : « Hollande, capitaine dans la tempête ».
L'Express : « Pourquoi Hollande perd des électeurs ». Dans un autre article, il conseille au candidat socialiste cinq bonnes résolutions pour la nouvelle année : un discours plus offensif, mettre fin à toutes les ambiguïtés, établir une stratégie de communication claire, mettre en ordre le parti du président, présenter son programme. Derrières ces recommandations on voit bien les critiques.
Pour quelles raisons autant de commentateurs s’interrogent-ils sur la crédibilité du candidat ? Est-ce seulement pour entretenir un faux suspens ? Ressentent-ils vraiment un doute ?
On trouvera un début de réponse dans une très intéressante enquête réalisée par Ipsos et Logica Business avec le CEVIPOF, la fondation Jean Jaurès, la fondation pour l’innovation politique, et le journal Le Monde. Il s’agit de la 2ème vague du baromètre des intentions de votes du " Panel électoral France 2012 ", dont nous avions présenté la première vague la mois dernier.
« Pourquoi certains électeurs doutent-ils ? », telle est le titre de l’article du Monde commentant cette étude. Que faut-il en retenir ? Deux choses. La première est que quelle que soit la question, sur les intentions de vote, sur les points forts ou les points faible du candidat, ce dernier enregistre un recul. Mais, enfin, perdre un peu de son avance quand on en a beaucoup…
Le  vrai problème réside plutôt dans la réponse du panel à la question : « qui de Hollande ou de Sarkozy vous semble le plus capable de… » à toutes les questions relatives à la fonction présidentielle elle-même, la réponse est sans appel.
Prendre les décisions difficiles ? 37 % pour Hollande, 62 % pour Sarkozy.
Avoir une stature présidentielle ? 42 % contre 57 %.
Faire mieux fonctionner l’Europe ? 44 % contre 54 %.
Hollande l’emporte dans d’autres domaines, comme réduire les inégalité, augmenter le pouvoir d’achat, lutter contre le chômage, etc. Mais sur tous ces postes son score est en net recul par rapport au mois dernier. Grave ?
Reprenons la conclusion du journaliste du Monde, Thomas Weider : « Mais s’il précise ses intentions, il court le risque de s’aliéner des électeurs qui, dès lors, le jugeront trop à gauche ou trop  centriste. »
Cela nous ramène au titre que nous avions donné à une ancienne chronique, reprenant une maxime du cardinal de Retz : « On ne sort de l’ambiguïté qu’à son détriment ».


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