mardi 20 décembre 2011

QUAND J'ENTENDS LE MOT CULTURE...


J - 138
Nous ne donnerons pas la suite, ni l’auteur, de cette citation, pour bien nous démarquer de Montebourg et Le Guen, dont nous ne partageons pas les références historiques et pour ne pas étaler ce qui pourrait passer pour de la culture, puisque cela devient déplacé.
Comme l’indignation se porte aujourd’hui en bandoulière, on nous permettra de relever la décision de Sciences-Po Paris - on aime ou on n’aime pas, mais notre prochain président, sauf énorme surprise, y aura fait ses classes - de supprimer l’épreuve de culture générale  à son concours d’admission. La raison ? Donner plus de chances aux élèves des banlieues défavorisées.
Qui peut être contre ? Bientôt on supprimera l’épreuve de maths au concours d’entrée à Polytechnique puisque les prépas sont supérieures dans les quartiers favorisés…
Au même moment, la presse donne connaissance des gros salaires du directeur de cette noble institution et de sa collaboratrice-épouse. Moralité: on peut être revenu de la culture, tout en conservant la culture du revenu.
Aucun rapport, à priori, avec le sujet de notre blog, malgré le tropisme socialiste de M. Descoings, ancien membre des cabinets ministériels de Michel Charasse et de Jack Lang. Cette abracadabrantesque affaire nous rappelle simplement que nous n’avons pas encore parlé de la place qu’occupe la culture dans le programme du candidat socialiste.
On se souvient que c’était, pendant la primaire, la grande priorité de Martine Aubry qui proposait  d’augmenter de 30 à 50% le budget de la culture. On pourrait donner un milliard à la culture, disait-elle, sous le regard désapprobateur de son concurrent.
Il aura cette réponse : « la culture sera une de nos priorités mais une priorité qui n’appartient pas au seul ministère de la culture ». Nous n’en saurons pas plus. Le sujet n’est pas traité dans le discours d’investiture et, depuis, nous n’avons eu droit qu’à des phrases du genre «la culture est une priorité transversale, elle concerne l’ensemble des domaines de notre société et en premier lieu l’éducation » (Salon du Livre à Brive-La-Gaillarde). Pas plus avancés…
Le seul sujet concret concerne la remise en cause de la loi Hadopi (relative à la protection sur Internet des droits d'auteurs au titre de la propriété intellectuelle, en luttant contre le téléchargement illicite), mais c’est pour entrer dans le flou.
Le 8 octobre, Hollande déclarait sur France-Inter : «  Je pense qu’il faut supprimer la loi Hadopi, mais pas sans avoir une autre législation. On ne peut pas laisser Internet sans règle ». Triomphe des créateurs, Hollande maintiendra la lutte contre le téléchargement illégal. Mais il rajoute : « Pourquoi supprimer Hadopi ? Parce que ça ne marche pas, parce qu’il y a une pénalisation qui n’est pas comprise et qui, d’ailleurs, n’est pas appliquée… et parce que ça a été une intrusion ». Triomphe des internautes, qui ont gagné la liberté de télécharger sans contrôle.
Contradictoire ? Non, c’est du pur Hollande. On fait mine de prendre en compte les demandes de chacun et on renvoie la décision à une concertation au lendemain de l’élection, sans savoir ce que lui-même veut vraiment.
Cela ne vous rappelle rien ? La retraite sur les retraites par exemple, mais il y en a bien d’autres. Il va falloir commencer à répertorier les sujets où le candidat socialiste cultive le flou et sur lesquels la décision est renvoyée à une négociation/discussion après l’élection. Le concours est ouvert…

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