J – 136
Comme chaque mois, à pareille époque,
plusieurs sondages ont été publiés dont nous avons tenté de faire une synthèse.
Hollande domine toujours au premier tour,
bien qu’il enregistre une érosion lente mais régulière. Il est aujourd’hui
évalué autour de 29 %.
Sarkozy,
également en léger recul (aux alentours de 25 %), refait une partie de son
retard sur Hollande qui, selon les instituts, n’est plus qu’à 3/4 points devant
lui.
Ces deux là paraissent actuellement hors de
potée de leurs poursuivants.
La bataille est engagée pour la
troisième place entre Le Pen, évaluée à 16/17 %, en légère baisse par rapport au
mois dernier, et François Bayrou, estimé entre 11 et 14 %, en hausse de plus de
5 points.
Avec l’arrière, en revanche,
l’écart se creuse. Seul Mélenchon (7%) est au-dessus du seuil fatidique (pour
le remboursement des frais de campagne) des 5 %. Eva Joly pointe à 3/4 %, de
Villepin à 2 % et tous le autres à 1 %, voire moins.
Curieusement, le resserrement de
l’écart entre Hollande et Sarkozy au premier tour ne se retrouve pas au second,
puisque le candidat socialiste reste grandissime favori avec 57 % contre 43 %.
Tout se passe comme si, au premier tour, les français faisaient un choix
politique et au second au choix de sympathie.
La plupart des observateurs
créditent Hollande d’une mauvaise reprise de campagne après la primaire. C’est
ainsi que pédalage et rétropédalage sont parmi les mots les plus utilisés à son
égard.
Sarkozy de son côté, s’il a
retrouvé un meilleur soutien dans son camp, continue de provoquer, sur le reste
de l’échiquier politique, un fort rejet. De sorte qu’entre les deux tours,
Hollande bénéficie d’un report de voix très élevé, de l’ordre de près de 30 points, bien supérieur à celui
de Sarkozy en 2007 (22 points). Certes, Chirac avait fait mieux en 2002 mais
c’était contre Le Pen …
De plus en plus, le choix de
Hollande apparaît comme un vote anti-Sarkozy. Vieille maxime électorale :
au premier tour on choisit, au second on élimine.
On peut donc se demander si
Hollande n’a pas raison d’entretenir le flou sur ses projets. Puisque son
principal atout est d’être le meilleur contre Sarkozy, inutile de prendre le
risque décevoir en sortant trop vite de l’ambiguïté. Il sera bien temps (en
janvier ?) de parler du programme.
Quand à Sarkozy, s’il parait bien
tard pour reconquérir les cœurs, il lui reste trois mois pour expliquer aux
français que le véritable enjeu n’est pas de choisir leur personnalité préférée
mais leur prochain président de la République.
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