Nous avons reçu, de François Hollande, un petit cadeau de Noël qui nous apporte quelques éclaircissements sur ses projets. Ayant, trop souvent, comme bien d'autres, regretté le flou de ses propositions nous nous devons de signaler les progrès lorsqu'il y en a. C'est le cas avec l'interview qu'il vient de donner à l'hebdomadaire "Le Point" (22/29/décembre).
Le titre lui-même est rassurant: "J'ai déjà montré mon autorité". Au-delà, nous commençons à y voir plus clair sur certains sujets, signe que son programme avance. Voyons les principaux.
D'abord une mise au point sur une éventuelle alliance avec Bayrou :" (il) restera dans l'ambiguïté le plus longtemps possible en entretenant toutes les combinaisons possibles pour tomber je ne sais de quel côté". Pourrait-il être son premier ministre? "Quelle idée! Laissons-le à sa place, celle d'un candidat du centre". Il a compris que la remontée de Bayrou se faisait, essentiellement, à son détriment.
Une autre précision importante : quand il dit " Dévaluer, dénigrer, c'est à la portée du premier venu", il ne parle pas de lui à l'égard de Sarkozy, mais de l'inverse...
Plus important, à propos du recrutement de 10 000 policiers et gendarmes: "J’arrêterai l'hémorragie des effectifs. Mais, compte tenu des contraintes budgétaires, je suis pour le redéploiement. Je proposerai de stabiliser globalement les effectifs de la fonction publique. Les postes créés seront forcément compensés ailleurs". C'est fort, c'est clair, c'est noté.
Nous nous étions étonnés de l'absence de propositions concrètes sur la culture. Il affiche désormais une ambition,"porter un grand projet d'éducation artistique", en accordant une plus large place dans les programmes aux enseignements artistiques et en facilitant l’accès aux conservatoires.
Sur la fiscalité, il confirme la fusion de la CSG et de l'impôt sur le revenu, la taxation identique des revenus du capital et du travail, la suppression d'une "bonne part" (tiens, ici, cela devient plus flou!) des niches fiscales, la contribution carbone... Normal qu'il ne rentre pas dans les détails, ce n'est pas le lieu. Nous sommes, en revanche, de plus en plus perplexes sur l'idée de moduler l'impôt sur les sociétés. Déjà, ce n'était pas clair, au moins sur la mise en œuvre, quand on parlait d'un taux réduit pour celles qui investissent et augmenté pour celles qui distribuent, mais sa proposition d'un impôt sur les sociétés dont le taux serait fixé " selon que le bénéfice est distribué au travail", est simplement incompréhensible...
Nous réservons pour la chronique suivante les déclarations de François Hollande sur les retraites et l'Europe. C'est très intéressant.
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