dimanche 13 novembre 2011

Y A DU MOU DANS LA CORDE A NŒUD
13/11/2011 : J -173
Tel est le titre d’un ouvrage de Pierre Dac, publié en 1995, avec le sous-titre suivant,  surprenant d’actualité, « Comment ne pas devenir président ». En attendant les coups pleuvent sur François Hollande.
Passons sur les missiles de la droite qui, ayant maintenant un adversaire identifié, se venge de 5 ans d’antisarkozysme par l’invention d’un autre néologisme, l’antihollandisme.
Plus graves sont les attaques venant de gauche.
Nous avons déjà abondamment parlé du chantage des écologistes sur le nucléaire. La question est maintenant de savoir si Hollande va inventer un " truc ", du genre un audit après les présidentielles, pour obtenir son fameux consensus. " On verra ", mais le mal est fait.
Sans attendre, c’est l’extrême gauche qui prend le relais avec une interview au vitriole de Mélenchon dans le JDD. Non seulement il fustige la « carabistouille » avec les verts,  qui « échangent des centrales nucléaires contre des circonscriptions », mais il traite Hollande de « capitaine de pédalo » alors que nous entrons en « dans la saison des tempêtes ».
On peut s’interroger sur les raisons de telles attaques contre un allié. Si le terme n’avait déjà été , fort maladroitement, employé dans d’autres circonstances, nous aurions été tentés de parler de complot…
Il faut plutôt envisager deux hypothèses.
La première est celle du bizutage, ou de la mise à l’épreuve. Il s’agirait de  voir jusqu’où l’on peut aller trop loin ; de prendre des gages, avant l’élection,  pour obtenir la plus grosse part du gâteau ; surtout, d’éliminer tout risque d’alliance avec le centriste Bayrou.
La seconde, qui relèverait du subconscient (de l’inconscient ?), serait que la gauche recommence à jouer à l’un de ses vieux jeux favoris, à « qui perd gagne ».
Et si, à gauche, tout le monde ne souhaitait pas la victoire de Hollande ? Posons-nous la question de ce qui serait préférable pour les verts et l’extrême gauche. Supplétifs d’un général victorieux et hégémonique, après avoir avalé, qui un chapeau nucléaire, qui un béret basque, au risque de devoir partager l’impopularité de l’exercice du pouvoir par temps de crise ? Ou prospérer sur les décombres d’un parti socialiste ravagé par le tsunami d’une nouvelle défaite ?
A l’intérieur même du PS, les barons de province sont-ils ravis à la perspective d’abandonner leur fief, pour cause de non cumul, avec comme  seul profit se retrouver, quelques petites années plus tard, ancien ministre ? D’ailleurs, à part sa garde rapprochée, qui monte vraiment au créneau pour soutenir Hollande ? Les éléphants se font  discrets à l'automne. Entendez-vous Jospin, Rocard, Mauroy, Guigou, Badinter ? Ils sont trop vieux, dirait Montebourg. Alors, Delanoë, Fabius, Aubry, Peillon ... Quelque part, cela rappelle Ségolène contrainte de réagir, quasiment seule, sur tous les sujets, dans le désordre. Hollande serait-il en train de s’engager sur la voie Royal ?
Ce serait aller bien vite en besogne car, aujourd’hui, ce ne sont plus les politiques, ni les commentateurs qui font l’opinion. Les français sont devenus majeurs et ils décident désormais tout seuls. Pour l’instant, ils votent encore Hollande.
Certes, le venin commence à se diffuser, mais retrouvons Pierre Dac qui disait « Il n’y a pas de poison sans contrepoison ».

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