12/11/2011 : J – 174
En latin, " Abistis, dulces caricae " (Le Satiricon). En français, " la fin de l’état de grâce ". Si l’on en croit les commentateurs, Hollande traverserait un faux-plat, manière élégante de sous-entendre qu'il pédale...
Les sondages sont-ils en baisse ? Pas vraiment, à peine un très léger tassement qui ne l’empêche pas de continuer à survoler très au-dessus des autres.
Les sondages sont-ils en baisse ? Pas vraiment, à peine un très léger tassement qui ne l’empêche pas de continuer à survoler très au-dessus des autres.
Par ailleurs, si l’on y regarde de plus près, il a progressé sur quelques points de grande importance. Ne revenons pas sur son acte de bravoure de la semaine face aux verts. Il poursuivra la construction de Flamanville (même si l’on commence à susurrer, qu’après tout, un audit au lendemain des élections serait plutôt habile…).
Les mots que nous avons relevés sont les suivants :
- S’il ne parle pas encore de règle d’or, il promet une loi de programmation sur cinq ans pour réduire les dépenses de l’Etat. Ce qu’il fallait entendre : « Nous sommes pour les redéploiements. Il faut aussi parfois réduire un certain nombre de dépenses ». Donc, pas seulement des impôts mais aussi des économies sur les dépenses.
- Sur l’Europe, il souhaite toujours l’accroissement du rôle de la BCE, l’augmentation du fonds de stabilité, l’émission d’eurobonds ; mais il en affiche, désormais, clairement la contre partie, en prononçant les mots « saut fédéral » et « gouvernement budgétaire de la zone euro ». Pour le coup, c’est Mélenchon qui va être … vert !
Il est donc injuste de dire qu’il est absent.
Pourtant, on sent que la tonalité est en train de changer dans les médias et chez les commentateurs. Personne ne pose encore franchement la question, Hollande est-il vraiment le bon candidat et Aubry n’avait-elle pas raison ? C’est plus subtil, mais les tirs sont à balles réelles.
Il est dépassé par les événements. Il annonce une entrée en campagne en janvier pour éviter de s’engager avant. Sur le référendum grec, personne n’a compris sa position. Sur le G20, traiter les européens de mendiants et le président de simple animateur, en pleine négociation est, au minimum, une maladresse. Et lui, où est-il pendant ce temps-là ? A Brive au salon du Livre, dédicaçant son " rêve français " à Madame Dugenou …
Le pire, bien entendu, est qu’il n’avance pas sur son programme alors que tout le monde a déjà enterré le projet socialiste. Ses propres priorités, les 60.000 embauches d’enseignants et le contrat générationnel, paraissent abandonnées, repoussées, au mieux renvoyées à une négociation après les élections. Comme les emplois d’avenir.
Pour justifier sa crédibilité sur le terrain économique, il réunit en séminaire une vingtaine d’économistes proches du PS, suivie d’une conférence de presse. Mais on retiendra surtout les attaques contre son adversaire, alors que sur son programme, il temporise : « C’est en fonction de la croissance que nous pourrons déployer les propositions ». Son ami, Michel Sapin se sent obligé de préciser «ce n’est pas encore le programme de Hollande, mais des réactions aux sujets d’actualité »…
C’est clair qu’il va " bétonner ", comme disent les footballeurs, pendant deux mois. Jouer uniquement en contre.
Il est possible que cette stratégie soit la bonne, face aux incertitudes de la crise. Dans deux mois on aura oublié les " flottements ", tandis qu’une grosse gaffe affaiblirait toute sa campagne. Surtout que dans quelques jours l’opinion s’intéressera à autre chose.
Laissons-le déguster tranquillement les dernières figues de la saison…
PS. Pour illustrer cette chronique, un seul dessin suffit, celui de Plantu dans Le Monde du 12 Novembre. On y voit le Président de la République déposant une gerbe devant une statue « Au soldat Inconnu », représentant un poilu arborant un drapeau tricolore sur lequel il est inscrit « 1914-1918 » ; derrière lui, Hollande, sur une autre stèle marquée « Au programme inconnu », brandissant un drapeau tricolore, dont la devise est « HEU »…….
Combien de mots nous a-t-il fallu pour traiter le même sujet ?
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