mardi 15 novembre 2011

LA POLITIQUE SOCIALE (Test N°8)


15/11/2011 : J – 171
Il aura fallu l’annonce du décès de  Robert Lamoureux pour que nous découvrions son sketch culte « le retour de vacances », dans lequel la famille découvre qu’elle a oublié la grand-mère sur le bord de la route.
Quel rapport avec les 500 derniers jours du PS ? Le voici.
En consultant nos archives, pour préparer notre Test de crédibilité N°8,    nous nous sommes rendu compte que Hollande avait oublié en chemin la question sociale ! Si vous ne le croyez pas nous vous proposons d’accomplir ensemble un petit retour en arrière.
Le projet socialiste avait complétement réussi les figures imposées : emplois d’avenir, revalorisation de smic, interdiction des licenciements boursiers, tarifs dégressifs pour l’eau, le gaz, l’électricité, plafonnement des loyers, égalité salariale femmes/hommes, allocation d’autonomie pour les jeunes…
Carton plein. Mitterrand + Jospin. 10 sur 10.
Avec la primaire les choses se gâtent. Au cours des débats, du premier et du second tour, Hollande privilégie le contrat de génération, qu’il préfère aux emplois d’avenir. Contre les licenciements boursiers, il se limite à des pénalités financières. L’augmentation du smic est remplacée par une révision du mode de calcul liée à l’évolution  de la croissance. La hausse du pouvoir d’achat, enfin, est réduite à un mécanisme d’intéressement  mettant sur le même plan la distribution aux actionnaires et aux salariés. Vous pouvez chercher et réécouter, comme nous l’avons fait, les quatre débats, rien de plus dans la bouche de Hollande.
Le pire intervient lors du discours d’investiture. Il y a d’abord, cet avertissement : «Je n'ignore rien des urgences : emploi, logement, santé, école, environnement, mais je n'empilerai pas les réponses convenues à coup de milliards dont nous cherchons encore le premier euro … il est loin le temps où les socialistes se souciaient de redistribuer plutôt que de produire ».
On peut lire et relire le discours, rien sur les licenciements boursiers, rien sur les tarifs progressifs, rien sur le plafonnement des loyers, rien sur la revalorisation du smic, rien sur l’allocation d’autonomie … et, même, plus rien sur le contrat de génération ! Ce sujet faisait pourtant l’objet d’un long paragraphe dans le texte écrit qui a été diffusé mais il a disparu du discours…
Reconnaissons à Hollande qu’il fait désormais preuve de réalisme ; même les agences de notation ne trouveraient rien à redire à son « rêve français » !
Ce n’est pas tout à fait ce que certains pouvaient attendre du candidat socialiste ? Pourtant, il l’affirme, il est davantage capable de créer de la croissance que la droite.
Le compte n’y est toujours pas ? Il s’en prend alors aux riches, aux stock-options, aux parachutes dorés, aux écarts de salaires scandaleux, aux niches fiscales… Cela ne rapportera rien à ceux qui attendaient quelque chose pour eux mais, au moins, ça soulage.
Vous l’aurez compris, ce n’est pas sur la politique sociale que l’on prendra Hollande en flagrant délit de non-respect d’engagements. Surveillons plutôt les promesses à venir car il lui faudra bien tenter de récupérer les classes populaires.
Certains se souviendront, peut-être, de la polémique provoquée en mai dernier à la suite d’un rapport publié par la fondation Terra Nova que l’on sait proche du PS. On lui avait alors reproché de pousser la gauche à abandonner les classes populaires. Ce qu’elle avait commencé à nier, avant que les événements que vous savez ne détournent l’attention et mettent fin au débat.

P.S.  Sait-on ce qu’est devenue la pauvre mamie abandonnée ? Elle aura, peut-être, été récupérée par Marine Le Pen, ou par Jean-Luc  Mélenchon …

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