27/10/2011 : J – 190
Quittons, pour un temps, l’économie et la crise et plaçons-nous sur un terrain où les socialistes sont plus à l’aise, les sujets de société. En plus, cela tombe bien, c’est un théme sur lequel ils sont généralement d’accord.
Mise en garde préliminaire pour le lecteur : il faut faire bien attention aux mots que l’on utilise et pratiquer habilement la litote.
Ainsi du premier sujet, le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels. Pardon, il faut dire le mariage et l’adoption " pour tous les couples ". Il s’agit certes, d’une mesure moins retentissante que la suppression de la peine de mort (encore que Desproges disait que cette dernière ne concernait que quelques personnes par an), mais de nombreux français l’attendent avec impatience.
Si l’on y réfléchit, il est curieux de constater que si le PACS a été instauré essentiellement pour permettre à des couples de même sexe de contracter une union juridiquement consacrée, les plus nombreux, en définitive, à s’être pacsés, sont les couples hétérosexuels. Pour éviter les contraintes du mariage prévu par le code civil. Celui que les couples homosexuels réclament aujourd’hui. Peut-être que, dans l’avenir, ce seront eux qui auront le plus d’enfants ?
Le second sujet, concerne le droit de vote des étrangers aux élections locales. C’est une vielle revendication de la gauche. Promise par Mitterrand dans ses 110 propositions, votée par l’Assemblée nationale sous Jospin, elle n’a jamais pu aboutir en raison de l’opposition du Sénat et, il faut bien le dire, de la majorité des français.
L’hostilité à cette idée n’est pas seulement une question de principe. Certes, on cite souvent l’article 21 de la déclaration universelle des droits de l’homme, qui stipule que « toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays ». Mais les citoyens des Etats membres de l’union Européenne ont déjà le droit de vote aux élections locales, sans que cela ne pose le moindre problème.
La vérité, c’est qu’il y a derrière cette question une arrière-pensée et un non-dit.
L’arrière-pensée, c’est aux socialistes qu’on la prête : s’ils souhaitent le vote des étrangers appartenant à des pays non membres de l’UE, c’est parce qu’ils espèrent y trouver un substitut au vote des classes populaires qui les ont largement abandonnés. Si c’est le cas, ils se trompent, comme à chaque fois que les hommes politiques élaborent des stratégies électorales sensées leur être favorables (Mitterrand avec la proportionnelle, Jospin avec le quinquennat).
Le non-dit, est que de très nombreux français redoutent que cela ne favorise le vote communautariste et que les « étrangers non-européens » puissent constituer des groupes de pression culturels et religieux auxquels les politiques ne pourraient résister.
Certains jugeront cette inquiétude «stigmatisante», mais alors pourquoi le PS fait-il figurer cette promesse dans l’engagement (N° 27) consacré à l’immigration ? Il assume ainsi, une grande part de responsabilité, voire de provocation…
Sur les modalités juridiques, la proposition socialiste pose trois questions.
1°/ Ce droit sera-t-il subordonné à la réciprocité en faveur des citoyens français résidant à l’étranger ?
2°/ S’agit-il uniquement du droit de vote, ou également, du droit à l’éligibilité ?
3°/ Si le projet de loi est voté dans les mêmes termes par l’assemblée nationale et le Sénat, et dès lors que cela implique une réforme de la constitution, l’adoption se fera-t-elle par le congrès à la majorité des 3/5émes ou par voie référendaire ?
La décision relève du seul président de la République. Il ne devrait donc n’y avoir aucune ambigüité puisque le parti socialiste a toujours demandé que la parole soit donnée au peuple et qu’il l’exprime par référendum. Mais ce serait mieux en le disant…
A Hollande de répondre à ces trois questions. Ce sera le test de crédibilité N°5.
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