jeudi 27 octobre 2011

OUF !!!

27/10/2011 : J - 190
L’intervention a réussi. Si l’on ne peut pas encore considérer que le patient est guéri, il vient de remporter une victoire contre la maladie. Une solution a été trouvée pour sauver l’euro. Merci au personnel médical qui a passé la nuit à son chevet.
Nous aurons bientôt tous les détails sur le traitement qui a été appliqué et sur le régime qu’il faudra respecter. Mais nous pouvons, en trois chiffres, résumer l’accord qui a été conclu au sommet de la zone euro, dans la nuit du 26 au 27 octobre.
50 %, c’est le niveau de dépréciation de la dette de la Grèce, ce qui signifie que les créanciers privés vont renoncer au remboursement de la moitié des prêts qu’ils avaient consentis à ce pays.
100 milliards d’euros, c’est le montant de la recapitalisation à laquelle les banques européennes devront procéder (dont 9 milliards pour les françaises). Comme elles détenaient près des 2/3 de la dette, elles vont devoir reconstituer leurs fonds propres. Elles le feront sans l’aide des Etats mais en sabrant dans les dividendes et en faisant appel à des capitaux privés, étrangers notamment.
Mille milliards d’euros, tel est désormais le trésor de guerre du Fonds européen de stabilisation financière pour venir en aide aux pays en difficulté et lutter contre la spéculation. A cette somme pourrait s’ajouter des fonds apportés par le FMI et d’autres pays extérieurs à la zone euro, dont la Chine.
Parallèlement à ces 3 décisions majeures, on a appris deux autres nouvelles dont on mesurera bientôt l’importance.
D’abord, un premier pas semble avoir été franchi vers un gouvernement économique européen avec la nomination d’un commissaire européen chargé de l’euro. Ce n’est qu’un début mais qui confirme que le chemin est ouvert.
Ensuite, l’annonce par la BCE qu’elle continuera à racheter de la dette des Etats en difficulté, de l’Italie notamment, ce qui permettra de lutter contre la spéculation.
Maintenant que l’on commence à avoir un peu moins peur pour notre avenir, va venir le temps des critiques de la part de ceux qui, n’exerçant pas de responsabilités, sont à l’aise pour donner des leçons.
On va donc entendre : « trop tard », « trop peu », « l’Allemagne a imposé ses conditions », « on aurait dû mettre le paquet sur la croissance », « la Chine ? Quelle horreur, elle va nous faire passer sous ses fourches caudines »…
Sur les trois premiers points, personne ne doute que Hollande aurait imposé sa volonté à Merkel dont il disait, fort diplomatiquement, lors de son discours d’investiture, « Nous sommes aujourd’hui dans une impasse, faute de consentement de Madame Merkel » et « l’Allemagne de Merkel n’est pas dans la disposition, il faut attendre 2013 ». Deux ans seulement, et les socio-démocrates seront au pouvoir en Allemagne. Tenez-bon …
La croissance ? Bien entendu. Mais si c’est par plus de déficits et plus de dettes, le remède tuera le malade.
Quant à la Chine, malgré  Hollande qui parle de « dépendance de fait », il faut s’en féliciter. Certes, elle n’apportera pas son soutien de manière désintéressée, mais elle a compris, ce qui n’est pas le cas de tout le monde, que la crise de l’euro est l’antichambre d’une crise mondiale majeure à laquelle sa propre économie ne résisterait pas. Elle vient de découvrir que la mondialisation impose des contraintes, même à elle. D’où le célèbre proverbe chinois : «charité bien ordonnée commence par soi-même».
Alors oui, Merkel et Sarkozy ont, provisoirement peut-être, mais certainement, évité le pire.
C’est trop douloureux de le reconnaître ?

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