jeudi 14 avril 2011

La nouvelle lutte des classes

14/04/2011 :  J - 388
Nous en avons terminé avec les 30 priorités (on dit aussi engagements) du parti socialiste. Maintenant que le projet a été adopté, à l’unanimité, par le conseil national le 9 avril, il doit être soumis au vote des militants le 19 mai, puis approuvé par la convention nationale le 28 mai. Nous aurons alors un projet mais pas de candidat : pour cela il faudra attendre novembre !
Les experts débattent donc sur le caractère « raisonnable » ou «  de gauche » de ce projet. En réalité, il est « chauve-souris » : je suis oiseau, voyez mes ailes, je suis souris, vivent les rats…
Modéré, sans doute, puisqu’il ne remet pas en cause, officiellement, le principe de l’économie de marché ni même le capitalisme. Mais révolutionnaire, en fait, puisqu’il est porteur d’une véritable bombe : la réforme de la fiscalité.
Derrière l’objectif, naturel pour un parti de gauche, de lutte contre les inégalités, se cache un bouleversement majeur : le retour de la lutte des classes. Non plus entre la classe ouvrière et la bourgeoisie mais entre l'assistance et le travail. Car, ce dont il s’agit, c’est bien d’un détournement des revenus du travail et du capital vers les prestation sociales.
A qui fera-t-on croire, en effet, que les mesures distributives seront financées par la moitié des gains résultant de la suppression de niches fiscales ? Cela représente au total 25 milliards sur 5 ans, à peine suffisant pour financer les seuls « emplois d’avenir »… Si l’on regarde, de surcroît, les prévisions de croissance totalement illusoires à 2,5 % par an et les dépenses cachées ( le retour de la retraite à 60 ans, c’est en fait l’annulation de toute la réforme  et donc la réouverture du chantier dès 2013, avec les conséquences fiscales que l’on imagine), il est clair que les impôts vont pleuvoir comme à Gravelotte et pas seulement sur les riches(cf.la suppression de l’exonération des heures supplémentaires qui impactera directement les ouvriers et employés).
Avec la taxation des dividendes, ce sont les 2/3 des bénéfices distribués qui seront confisqués par l’impôt. Aucun autre pays n’est allé aussi loin.
Mais le cœur de la centrale, c’est la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG. Ne racontons pas d’histoire : c’est à un énorme transfert de revenus que nous assisterions, dont les principales victimes seraient les cadres, les classes moyennes, en fait tous les travailleurs qui se situent au-dessus du revenu médian.
C’est politiquement inenvisageable. Alors, pourquoi ?
Piéger DSK ? Mais tout le monde répète que le projet est une boite à outils dans laquelle le candidat choisira ce qui lui convient. Imagine-t-on l’ancien directeur général du FMI accepter d’augmenter les dépenses sociales, d’exploser les impôts, de faire fuir les investisseurs et, au final, de laisser  les déficits dériver, parce que ce n’est pas ce genre de mesures qui permettra de se rapprocher des illusoires 2 ,5 % de croissance ? Peut-il organiser la dégradation de la signature de la France sur les marchés pour devoir, ensuite, aller chercher secours, comme le Grèce ou l’Irlande ou le Portugal, auprès de l’Allemagne et du…FMI ?
Hollande non plus d’ailleurs. Aubry peut-être ? C’est bien ce qu’attend Sarkozy.
Dans ce domaine, le PS va nettement plus loin que tous ses homologues européens, mais en France, on croit souvent que l’on peut  avoir raison contre tous ….

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