dimanche 11 mars 2012

DÉBAT IMAGINAIRE, MAIS PAS TELLEMENT

J- 56
Le ciel commence à s’éclaircir mais le paysage qui se découvre n’est pas " folichon ", selon l’expression de notre grand philosophe du matin, Laurent Cabrol. Encore 56 jours avant l’élection mais nous avons l’impression d’avoir déjà tout vu, tout entendu. Pour ceux qui n’auront pas le temps, ou pas l’envie, de suivre discours et débats de campagne nous allons, sans attendre, leur présenter une synthèse du grand débat du deuxième tour, entre les deux candidats qualifiés. Comme nous sommes en "off" nous ne citerons pas leurs noms, seulement des initiales, imaginaires, … mais pas tellement.

« - FH : Comme je l’ai souvent répété je n’attaque jamais les personnes mais je suis obligé de vous dire que vous avez rabaissé la fonction présidentielle. Comme le disait Buffon,  « le style c’est l’homme »…
- NS : Ne soyez pas cuistre !
- FH : … et le style, c’est aussi le président. Dès votre élection, avec la soirée du Fouquet’s et la croisière sur le yacht de Bolloré…
- NS : Je n’ai pas de leçon à recevoir du candidat du parti qui militait pour que Dominique Strauss-Kahn devienne le prochain président de la république.
- FH : Ce n’est pas élégant. Dois-je vous rappeler que c’est moi qui ai gagné les primaires et que tout le parti est désormais derrière moi ? Mais c’est vous qui avez parlé de karcher, lancé « casse-toi pauvre con », crié « descends si t’es un homme ». Reconnaissons que ce n’est pas exactement l’image que l’on se fait d’un président.
- NS : J’ai eu tort mais cela m’a fait du bien. En revanche, ce n’est pas moi qui ai utilisé à votre égard les qualificatifs de mou, indécis, pas courageux, incapable de dire non … , qui vous ai traité de  « fraise des bois ». Reconnaissez que ce n’est pas exactement l’image que l’on se fait d’un président. Ce sont vos propres amis et il y a bien d’autres amabilités que je tiens à votre disposition si vous les avez oubliées…
- FH : Je ne réponds pas aux attaques personnelles, vous pouvez rentrer vos fiches. Au delà de l’image, il y a la conception que vous avez de la fonction présidentielle, celle d’un hyper président qui se mêle de tout, empiète sur les prérogatives du gouvernement et du parlement, intervient dans le fonctionnement de la justice, nomme les dirigeants de l’audio visuel…
- NS : Si vous voulez dire que je ne considère pas que le président soit un homme ordinaire, je vous le confirme. Mais Monsieur H., m’avez-vous vu reculer une seule fois devant les pressions de la rue face aux nombreuses réformes que j’ai effectuées ? Ai-je cédé devant des grèves, d’ailleurs moins nombreuses et moins pénalisantes sous mon quinquennat. ? Et qui a, le premier, décidé que la présidence de la commission des finances reviendrait à un député de l’opposition et nommé à la tête de la Cour des comptes un socialiste ?
Quant à savoir qui réunit le mieux les conditions pour exercer la fonction présidentielle, je vous renvoie à ce jugement : « franchement, vous imaginez FH  président, on rêve ! ». Ce n’est pas une attaque personnelle, simplement l’opinion d’un de vos amis, qui sait de quoi il parle, et à qui vous confieriez certainement de hautes fonction si jamais vous étiez élu.
-Evitons les propos de caniveau et parlons de votre bilan. Votre bilan c’est votre boulet…
-NS : Vieux truc, c’est une phrase classique  que les socialistes rabâchent depuis 1981, lorsque Mitterrand avait appelé Giscard d’Estaing, l’homme du passif. C’est comme votre programme, rien n’a changé.
- FH : Vous ne voulez pas que l’on parle du déséquilibre des comptes publics, du million de chômeurs en plus, de la dette qui a explosé, de la croissance en panne, du déficit record du commerce extérieur ?
- NS : Je voudrais surtout que vous compreniez que le monde a changé. Qu’il faut regarder un peu au de-là de la France, j’ai failli dire de la Corrèze…
-FH : La Corrèze, c’est la France, Monsieur S., et c’est près de ces  vrais gens que je vois combien les français, je ne parle pas de vos amis les riches, souffrent  dans leur quotidien…
- NS : Je connais aussi bien que vous la situation des gens qui souffrent mais je voudrais vous parler de la crise qui a précisément frappé les Français. C’est une crise mondiale, plus grave encore que celle de 1929, trois crises successives en réalité, et vous aurez sûrement constaté que la France s’en est plutôt mieux sortie que tous les autres pays, à l’exception de l’Allemagne qui avait eu le courage de faire, avant la crise, les réformes de structure.
- FH : La crise ne m’avait pas échappé, elle explique une partie des déficits et de la dette, mais le reste, c’est dû à votre action, notamment à vos cadeaux pour les riches.
- NS : Vous faites de la démagogie. En  réalité, grâce à mon action aucun français n’a vu son salaire baisser ni sa pension réduite, contrairement à ce qui s’est passé dans les autres pays, pour la plupart dirigés, à l’époque, par des socialistes. Contrairement à ce que vous avez dit, le pouvoir d’achat n’a cessé de progresser, faiblement certes, mais nous sommes l’un des très rares pays où il n’a pas reculé. Je demande aux français d’imaginer ce que cela aurait été si Madame Royal avait été élue… Et la question se pose de savoir, vue votre absence d’expérience, ce que serait votre capacité à gérer une crise d’une telle ampleur.
- FH : Je connais les attaques de la droite sur ma présumée inexpérience. C’est vrai que je n’ai pas été ministre, mais j’en connais beaucoup qui auraient mieux fait de ne pas l’être… Voyez- vous je me prépare depuis 18 mois et je suis prêt. J’ajoute que j’ai été plus de 10 ans premier secrétaire du parti socialiste et quand Jospin était premier ministre, j’étais consulté sur tous les grands sujets …
- NS : Je crois que c’est Madame Aubry qui disait : « Il s’est contenté de parler à Jospin comme tout le monde ». Quant à votre bilan à la tête du PS c’est votre successeur, elle encore, qui disait qu’elle avait « trouvé un parti divisé » et  que « même les toilettes ne fonctionnaient plus ». D’une manière encore plus générale, une autre candidate à votre primaire disait : « Est-ce que les français peuvent citer une seule chose que François Hollande aurait réalisée en 30 ans de vie politique ? ». Mais je ne voudrais pas que vous le preniez comme un attaque personnelle… La vérité reste que vous n’avez jamais exercé la moindre responsabilité au niveau de l’Etat.
- FH : Le fait d’avoir exercé la responsabilité suprême avec un tel bilan ne vous donne aucun avantage comparatif pour le prochain quinquennat. Je n’aurait pas la cruauté de vous demander ce qu’est devenu le « travailler plus pour gagner plus » ou la promesse qu’il n’y aurait plus de sans abri à la fin de votre mandat…
- NS :  Vous êtes toujours dans le déni de crise ! Parlons, si vous le voulez bien, de votre programme. J’ai compris qu’il y avait deux types de mesures, celles que j’ai mises en œuvres et que vous ne remettrez pas en cause, quoique vous en laissiez penser, par exemple le service minimum, l’autonomie des universités, la carte judiciaire et tant d’autres. Et celles que vous ne pourrez pas appliquer, par exemple le 60 000 enseignants supplémentaires, l’allocation d’autonomie, les contrats jeunes…, faute des moyens. Quant aux retraites, si vous appliquez vos propositions tout le monde a compris que cela entraînera une augmentation des charges payées par les employés, ce qui baissera leur pouvoir d’achat, et par les entreprises, ce qui affaiblira leur compétitivité.
- FH : Vous faites une présentation caricaturale des mes propositions, c’est bien normal, mais vous savez bien que toutes les mesures que je propose sont financées…
- NS : Par l’impôt uniquement et pas seulement sur les riches, comme vous l’avez-vous-même reconnu … Les classes moyennes seront fortement mises à contribution.
- FH : les classes moyennes n’ont aucune raison de s’inquiéter je ne les taxerai pas comme vous n’avez cessé de la faire.
- NS : Soyons sérieux, il n’y a dans votre programme aucune mesure d’économie sur les dépenses publiques. Vous êtes drogué à la dépense publique. Ce qui signifie que votre engagement de retour à l’équilibre des comptes n’est pas crédible. En réalité, vos prévisions sont basées sur des hypothèses de croissance auxquelles personne ne croit…
- FH : Elles ne sont pas très différentes des propres prévisions du gouvernement et c’est parce que je ne pratiquerai pas l’austérité à outrance que nous aurons de la croissance.
- NS : En vous écoutant, Monsieur H., je suis frappé par votre tartufferie : vous n’avez pas voté la suppression de la taxe professionnelle, le crédit impôt recherche, le fonds d’investissements d’avenir  et vous vous présentez comme celui qui rétablira les conditions de la croissance !
- FH : Avec vous, Monsieur S. nous sommes dans la supercherie : pourquoi réussiriez-vous dans les 5 ans à venir ce que vous n’avez pu faire pendant les 5 ans de votre mandat qui s’achève ?
- NS : Si je vous comprends bien vous me reprochez à la fois d’en avoir trop fait et pas assez ? Voyez-vous Monsieur H., s’il y a une vraie différence entre nous, c’est que, moi, je crois que l’on peut changer les choses. Le conservateur, c’est vous. A vous entendre :
L’école, c’est seulement un problème de moyens,
La compétitivité, ce n’est pas un problème pour la France,
L’Europe, il suffit que Madame Merkel garantisse les emprunts des pays en faillite et que la BCE fasse marcher la planche à billets,
L’immigration, c’est un moyen de courir après le front national,
La retraite, on en parlera plus tard…
- FH : Vous avez raison, la priorité, c’est le changement, maintenant… ». 

Voilà, le scoop que nous avons obtenu. Si du nouveau survenait, nous ne manquerions pas de le signaler. Sinon, plus le peine de perdre du temps devant la télé ou à lire les journaux. Nous avons déjà compris qu’il n’y aura pas de printemps français.
Putain, encore 56 jours !

3 commentaires:

  1. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer
  2. Bravo et, comme tu dis "Putain, encore 56 jours"!C'est vraiment long et heureusement que j'ai ton blog car j'en ai ras la casquette de toutes ces gesticulations télévisuelles. A meilleure preuve je t'écris au lieu d'être à Villepinte. Je vais quand même aller y traîner une oreille distraite ne serait-ce que pour entendre la tonalité du discours. Amitiés.B

    RépondreSupprimer
  3. Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    RépondreSupprimer

http://agv-solferino2012.blogspot.fr/