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Donc Sarko a officiellement annoncé sa candidature. Hollande a fait encore plus fort, il n’a pas attendu la déclaration (vers 20 H15), pour la commenter une demi-heure avant : « cette nouvelle nous la connaissions depuis des semaines, depuis toujours ! La vérité c’est que le président candidat est candidat depuis cinq ans. A peine élu il était en campagne, à peine entré il était déjà sortant… Le scénario est écrit : le candidat sortant nous promettra du neuf, il tentera de faire de ses faiblesses une force. Il s’est trompé pendant cinq ans et justement ce sera son expérience ».
Intéressant cette tactique qui consiste à répondre à un adversaire avant qu’il n’ait parlé. Cela entraine une question, qui interpelle sans doute plus le « psy » que le politologue, mais qui pourrait être une clé de la campagne : et si Hollande avait peur de Sarkozy ? Pas peur sur les idées, ni sur les programmes, ni même sur les qualités personnelles. Non, peur, tout simplement. Une peur physique…
Il faut, sans doute, être un garçon pour comprendre ce dont nous parlons. Nous allons vous offrir, messieurs, une petite séance de divan, gratuite. Qui a été un écolier « normal » ? Cela n’existe pas. Il y a les grands et les petits, les gros et les maigres, les premiers de la classe et les nuls, les costauds et les faibles. Mais, surtout, il y a les dominants et les dominés. Ce n’est ni une question de taille ou de poids, ni d’intelligence ou de force. C’est une question de nature. Il y a ceux qui foncent et ceux qui hésitent, ceux qui attaquent et ceux qui reculent.
Si vous êtes encore là, nous ne vous dirons pas à quelle catégorie nous appartenons. Mais une confidence : l’humour est une bonne arme de défense pour ceux qui ont peur et qui ne sont pas idiots. Ça marche à tous les coups … à condition de savoir les éviter. Donc principe N°1, parler vite et partir en courant !
Revenons à notre sujet. Hollande a balancé ses meilleures vannes puis il a quitté la scène, encouragé par les « p’tits Gibus » de sa bande.
Le lendemain, le caïd de la bande rivale entre, à son tour, en scène. Et il cogne très fort : « Quand on dit à la presse anglaise qu’on est libéral et quand on vient expliquer aux français que l’ennemi, c’est la finance, on ment, on ment matin et soir et ce mensonge n’est pas à l’honneur de celui qui le professe ». La guerre des boutons est engagée.
Mais il y a eu un bug dans le scénario. Normalement, celui qui devait devenir le dur pour en avoir bavé dans une famille pas vraiment normale, parce qu’il n’était pas le préféré ni le plus doué, devait se retrouver à gauche. Et celui qui avait navigué sur le long fleuve tranquille d’une famille bourgeoise, qui n’avait connu qu’un seul drame, un père de droite, devait se retrouver à droite. Mais si l’un avait un père de droite, l’autre avait un père ailleurs…
L’un s’est lancé naturellement dans les concours, l’autre en politique. L'un a remporté tous les lauriers, l’autre tous les suffrages.
Le plus amusant est qu’ils habitaient le même village, Neuilly-sur-Seine. L’un est devenu un leader, l’autre un supporter. L’un a appris à recevoir et à donner les coups, l’autre à manier le verbe et l’ironie.
Mais, l’un et l’autre étant le meilleur dans sa catégorie, il était inévitable qu’ils se retrouvent, face à face. Mec contre mec, homme à homme.
Un conseil pour Hollande, venant d’un grand corrézien qui a occupé le fauteuil qu’il convoite : « Le courage, c’est de ne pas avoir peur ».
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