En ce moment, c’est le mot qui nous vient naturellement.
Pourtant, on ne peut pas dire qu’il ne se soit rien passé. Le président de la
République vient de rentrer dans la course : il est candidat à un second
mandat. Que souhaiter de mieux dans une campagne présidentielle ?
Eh
bien, simplement qu’il se passe quelque chose !
Certes,
il s’en est passé des choses. Sarkozy a mis le turbo, de meetings en télés, de
déclarations en visites de terrain, il anime la campagne.
Mais
quand on a, comme nous, choisi de raconter au jour le jour, tout ce qui se
passe au long des 500 derniers jours du PS, avant les présidentielles de 2012,
qu’avons-nous à nous mettre sous la plume ? Une équipe qui mène au score,
joue la défense et en appelle à l’arbitre pour un carton jaune ou rouge face à
l’offensive de l’équipe adverse.
Car
qui fait le jeu ? Sarkozy, évidemment. Un jour le référendum sur le
chômage et l’immigration, un jour la proportionnelle, un jour la TVA sociale,
un jour le droit de vote aux étrangers, un jour le mariage et l’adoption
homosexuels, un jour l’euthanasie… et,
bien entendu, des attaques contre le concurrent qui « a affaibli la France
en mettant en danger la politique familiale », qui « ment du matin au
soir » en disant aux anglais qu’il est libéral et en France que l’ennemi
c’est la finance, qui compromet l’indépendance énergétique du pays en échange
de quelques bulletins de vote et qui ne respectera pas les engagements pris
vis-à-vis de nos partenaires européens.
D’accord,
ce n’est pas rien, mais que fait la gauche, depuis des mois, des années, sinon
rabaisser le président sur sa vie de famille, ses amis, les restaurants qu’il
fréquente, sans parler de son équilibre mental, et les mises en cause éthiques
ou morales (souvenez-vous de la
première secrétaire comparant Sarkozy à Madoff !).
Mais
à ce niveau, et à ce stade de la compétition, on ne doit pas jouer les
« chochottes » comme on le disait finement rue de Solferino en
ciblant Hollande.
Pourtant,
que fait Hollande ? Il rend coup pour coup et répond, sur le fond, aux
attaques ? Peut-on citer ne seule idée nouvelle qu’il ait émise depuis
l’entrée en campagne de Nicolas Sarkozy ?
Non,
il déclare : « chacun mène la campagne comme il l’entend. Moi, je ne
participe pas de la violence, ni de l’agressivité. Ce ton n’est pas digne de la
fonction à laquelle je suis candidat. Si M. Sarkozy veut être dans le registre
de l’agressivité, je le laisse. Cela correspond sans doute à son tempérament.
Ceux qui s’énervent, ceux qui s’agitent, sont souvent ceux qui
s’inquiètent ». Habile, non ? Psychanalyse contre mensonge…
Si
vous avez le courage de réécouter les discours de Hollande depuis de très
nombreux mois vous constaterez que la moitié au moins est systématiquement consacrée à démolir son
adversaire, qu’il évite d’ailleurs de nommer.
Mais
quand ce dernier, enfin candidat, attaque à son tour, il n’y a plus personne.
C’est bien de découvrir que l’on peut faire campagne en respectant son
adversaire, mais cela ne l’a pas empêché
de poursuivre ses attaques féroces. Ce n’est pas choquant. Ce qui est ridicule,
c’est que, lorsqu’il est, à son tour, critiqué, il s’écrie « Allo, maman,
bobo ! » et explique qu’il ne répondra pas.
Mais
si, justement, il faut répondre, sans violence, avec mesure, mais autrement que
par des insinuations sur d’autres sujets.
Les socialistes devraient
prendre garde, parce que, maintenant qu’ils prétendent accéder au pouvoir, ils
devraient y réfléchir à deux fois avant d’évoquer le bling-bling, les copains
riches, les belles montres et les jolies voitures, le Fouquet’s et la croisière
en bateau, les mises en cause judiciaires…La droite, il faut lui en donner acte, s’est abstenue, jusqu’à présent, de nous emmener à New York, Place des Vosges, au Carlton à Lille , en Région île de France, dans les Bouches du Rhône, dans l’Hérault, à la Maison de l’Amérique Latine, à la Coupole( connaissez-vous la différence entre ce Restaurant culte et le Fouquet’s ? L’un est rive gauche et l’autre, rive droite).
Comme
nous le pressentions, François Hollande
souffre du syndrome de la cour de récréation : quand on donne des coups,
on risque d’en recevoir. Il vaudrait
mieux, pour tout le monde, d'en revenir à la vraie confrontation républicaine,
projet contre projet : « si c’est ça que tu veux faire, eh bien,
voilà, ce que, moi, je ferai… ».
Monsieur
Hollande, ce qui nous intéresse, ce n’est pas la guerre des boutons, c’est ce
que vous ferez de la France, si on vous la confie. C’est vous qui avez dit que
le changement, c’était demain ? Alors développez clairement ce que vous proposez pour demain. Faites-nous rêver, pas culpabiliser.
Et sortez-nous de l’ennui…
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