Si l'on est de droite, on l'appelle la "TVA Protection", ou la "TVA anti délocalisation", si l'on est de gauche, la "TVA sociale", mieux encore, la TVA "anti sociale".
Pour ceux qui sont allergique à l'économie, résumons : Pour redevenir compétitif il faut que les importations soient plus chères et les exportations moins chères. Les importations supportent la TVA, augmentons-la; les exportations supportent les taxes sociales, baissons-les. Au total, les recettes fiscales seront préservées et la compétitivité accrue.
Voilà ! Restent de nombreuses questions, pour ceux qui voudront bien suivre...
- La hausse de la TVA entrainerait-elle une hausse des prix ? Oui et non.
Les produits importés augmenteraient mais pas les produits "made in France", puisque la hausse de la TVA serait compensée par la baisse des charges sociales. Comme 1/3 des produits consommés sont importés, une hausse de la TVA de 2 points entrainerait (du moins en théorie) une hausse des prix de 0, 56 %.
- La baisse des charges concernerait-elle uniquement les charges patronales ou également les charges salariales ? Seule la baisse de charges payées par l'employeur améliorerait la compétitivité. Si l'on baisse aussi les charges payées par le salarié, il faudra les compenser par un autre impôt (la CSG ?).
- Est-ce inflationniste ? C'est le principal risque car, en France, les salaires sont largements indéxés sur les prix. On peut donc redouter qu'une hausse de la TVA n'entraine une hausse des salaires, qui annulerait l'effet de la baisses des charges patronales. Les salariés devraient donc accepter que la hausse de la TVA ne soit pas compensée par une revalorisation salariale.
- Est-ce injuste ? Oui, pour les plus défavorisés qui consomment la totalité de leurs revenus. Mais, comme on l'a vu, la perte du pouvoir d'achat est faible et, pour la limiter encore, on pourrait ne pas augmenter la TVA sur les produits de première necessité.
- Est-ce efficace ? Les opposants ricanent au pretexte que ce ne sont pas 2 % de plus sur les importations et de moins sur les importations qui nous rendront concurrentiels vis à vis des pays asiatiques. C'est vrai, mais ce qu'ils n'ont pas compris, parce qu'on ne le crie pas sur les toits, c'est que cette mesure vise non pas la Chine, mais plutôt l'Europe et, plus particulièrement, l'Allemagne où les salaires ne sont pas très diffenrents des notres. Regardons les chiffres.
Avec l'Asie, nous réalisons 15 % de nos importations et 10 % de nos exportations. Avec l'Union européenne 60 % à l'export comme à l'import. Nous avons un déficit commercial de 75 milliards tandis que l'Allemagne a un éxcédent de 150 milliards. Avec ce pays nos importations s'élévent à 90 milliards et nos exportations à 63 milliards.
Mais elle pourrait, à son tour, augmenter la TVA ? Non, parce qu'elle a déjà utilisé l'arme de la TVA sociale, il y a à peine 3 ans, et qu'elle ne peut pas, pour des raisons politiques évidentes, recommencer. Vous le voyez, maintenant, l'arbre en boule ?
Mais elle pourrait, à son tour, augmenter la TVA ? Non, parce qu'elle a déjà utilisé l'arme de la TVA sociale, il y a à peine 3 ans, et qu'elle ne peut pas, pour des raisons politiques évidentes, recommencer. Vous le voyez, maintenant, l'arbre en boule ?
- Est-ce réaliste ? Ce sera très difficile. Pour au moins une raison, qui est que nous n'échapperons pas à une hausse de la ... TVA ! Non pas pour compenser des baisses de charges, mais pour combler nos déficits abyssaux. Seulement on ne nous le dira pas. Il n'y a que Bayrou pour proposer une hausse de la TVA de 2 %...
- Pourquoi, enfin, cette idée ressort-elle en ce moment ? C'est que Nicolas Sarkozy ne peut plus proposer, comme en 2007, la croissance par la demande, c'est à dire par la consommation (c'était le" gagner plus"). La crise a tout bouleversé. Il va donc axer sa campagne sur la relance par l'offre, c'est à dire par l'exportation, ce qui pose le problème de la compétitivité. Sujet sur lequel les socialistes sont mal à l'aise, comme on l'a vu lors de la réforme de la taxe professionnelle. Voilà pourquoi nous parlons de TVA "politique".
La bataille peut maintenant commencer...
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