mercredi 4 janvier 2012

L'ADRESSE

J - 123
Hollande frappe fort! L'intégralité de la Une, plus les deux pleines pages suivantes, dans le quotidien Libération du 3 janvier, pour son adresse aux français intitulée "Le changement, c’est maintenant". Si  vous pensez y trouver, enfin, son programme, vous serez déçus. C’est une attaque brutale et totale contre Nicolas Sarkozy.
Tout y passe : le chômage est au plus haut, la croissance au plus bas, le pouvoir d'achat amputé par la hausse des prix et les taxes, l'insécurtité est partout, les emplois s'en vont, l'école et l'hopital sont attaqués... " Les français souffrent aussi dans leur âme collective : la République leur parait méprisée dans ses valeurs comme dans le fonctionnement de ses institutions, le pacte social qui les unit est attaqué, le rayonnement de leur pays est atteint et ils voient avec colère la France abaissée, affaiblie, abimée, dégradéee ".
Plus loin, il nous parle d'un " grand pays disposant d'immenses savoir-faire, de remarquables entreprises, d'une recherche féconde, de services publics de grande qualité, d'une démographie dynamique, d'une épargne abondante, d'un attachement profond aux valeurs de la République ... (d') ouvriers, techniciens, chercheurs, savants, fonctionnaires ... parmi les meilleurs du monde. La productivité du travail, une des plus élévées de toutes les économies développées ... une vie intellectuelle et artistique qui demeure une des plus riches et suscite l'admiration des peuples". Quel est ce pays de cocagne dont tout le monde rêve ? L'Allemagne ? La Hollande ? Non, la France... cette France abaissée, affaiblie, abimée, dégradée par dix années de gouvernement de droite. S'il a raison, il faut évidemment en rajouter au moins cinq de plus !
Hollande est tellement acharné contre sa proie qu’il ne mesure pas le côté savoureux de certaines de ses déclarations.
Ainsi ce titre en deuxième page "Ces cinq années auront été la présidence de la parole". On sait bien qu’il y a des mots qui tuent, mais avoir conduit la France vers un tel désastre, uniquement par des paroles, démontre un certain talent chez son adversaire. Venant de quelqu’un qui a consacré sa vie politique à la parole (c’est Ségolène qui demandait : « pouvez-vous citer une seule chose qu’il ait faite dans sa carrière ? ») le compliment mérite d'être apprécié à sa juste valeur.
Aussi, cette référence au capitaine dans la tempête dont le navire est échoué, et qui, venant d’un "capitaine de pédalo dans la tempête" (Mélenchon), vaut également parole d’expert.


Egalement, cet aveu : "il annonce (il parle de Sarkozy) … qu’il taxera les transactions financières sans nous préciser quand – et comment le pourrait-il dès lors que la décision lui échappe dans son exécution". De nouveau, on dirait qu’il parle de lui-même…
Enfin, cette phrase selon laquelle " l’abandon des promesses (ne serait pas) une preuve de courage", le jour même où l'on apprend un nouvel abandon de sa part et non des moindres, celui de la fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG. Les Echos révèlent, en effet, que Hollande "ne parle désormais que d’un simple "rapprochement" entre les deux impôts", ce que confirme Michel Sapin, le responsable du projet du candidat: "La fusion n’est pas un but en soi. Je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur système". Pour une fois que l'on avait une proposition concrète !
Il faudra établir la liste des renoncements et reniements : retraites, nucléaire, recrutements de fonctionnaires d'enseignements et de police, emplois jeunes, contrat de génération, fiscalisation des heures supplémentaires...
On comprend, maintenant, pourquoi le programme met tant de temps à arriver ! Et pourquoi il préfère se cantonner à la critique. Mais à un tel niveau d'éxcés, est-ce encore de l’adresse ?

                           " Bien adresser n'est pas une petite affaire"
       (L'homme entre deux âges et ses deux maitresses - Jean de la Fontaine).


LA MALADRESSE

Le 3 janvier aura décidemment marqué le début de la contre-offensive de François Hollande. Aprés le coup d'éclat de l'édition spéciale de "Libération", rapidement détournée par une fausse édition des jeunes UMP, ne brillant pas par sa finesse mais qui a réussi l'exploit de faire parler d'elle autant que de l'originale, le revoilà au 20 Heures de France 2. Chacun a pu se faire son opinion. Nous pensons que le rôle qu'il cherche à se donner d'imprécateur sentencieux ne lui convient pas. Jouer uniquement en contre ne correspond pas du tout à sa nature. Mais, c'est à lui de choisir ses conseillers en communication. Aprés tout, Valls a fait, si l'on se souvient bien, au moins 5 % à la primaire...
Ce qui est intéressant, c'est une petite phrase, à peine, mais sûrement, prononcée. Il a dit: "La réforme fiscale, qui fusionnera l'impôt sur le revenu et la CSG...". Nous voilà au coeur du logiel hollandais : un engagement fort, la prise de conscience qu'il n'est pas tenable, l'engagement des chevaux légers pour expliquer que "oui-mais non", l'intevention molle du chef pour rappeler son engagement au principe, puis le silence, recouvert par des critiques sur le président sortant.
Il est trés possible que la stratégie soit payante, mais si François Hollande avait l'air si mal à l'aise ce soir à la télévision ne serait-ce pas parce qu'il redoute de devoir, dans le meilleur des cas, son élection à un double rejet, celui du candidat naturel de son parti et celui du candidat sortant de la droite ? C'est, sans doute, la raison pour laquelle il revendique le double, et sacrilége, parrainage de de Gaulle et Mitterrand...

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