J – 99
Changement majeur dans la campagne : Hollande a prononcé le nom de Sarkozy !
Jusqu’à présent il n’y arrivait pas, ne parvenant à le citer que par périphrase.
Piégé par Juppé, dans une sorte de « ni oui-ni non ». Ce dernier, citant « Sarko », est repris par Hollande : « Monsieur Sarkozy, vous voulez dire » ! Ah, vous l’avez dit ! Manifestement soulagé d’être débarrassé de son aphasie, il ne cessera plus de prononcer le mot interdit jusqu’à la fin de l’émission.
Mais il y a d’autres choses à retenir du passage de Hollande sur France 2, hier soir, à commencer par les progrès du candidat qui, après avoir démontré ses qualités d’orateur au Bourget, vient de prouver qu’il est un redoutable débatteur. Mais s’il est bon sur la forme, il est, parfois moins convaincant sur le fond.
Nous avions, hier, avoué notre incompréhension sur la manière de revenir à l’équilibre budgétaire, sans réduire les dépenses, et avec seulement 29 milliards de recettes nouvelles. Pressé par Juppé, sa seule réponse a été que la droite, avec 40 milliards, ne faisait pas beaucoup mieux ! La différence avec les 90 milliards nécessaires sera assurée par la croissance. Hollande prévoit 0,50 % en 2012, 1,7 % en 2013, 2 % en 2014, puis 2 à 2,50 % ensuite, mais aucun économiste, aucune institution internationale, aucun expert n'y croit... Inquiétant pour la France et pour la crédibilité du projet…
Sur les retraites, c’est confirmé, il promet que tous ceux qui auront les annuités requises pourront partir à 60 ans, sans décote. Á Juppé qui faisait remarquer que la réforme des retraites avait rapporté 17 milliards en 2012, Hollande rétorque que les mesures qu’il propose coûteront 1 milliard par an, chiffre qui passera à 5 milliards en 2017, étant entendu qu’il relèvera de 0,1 % les cotisations patronales (évidemment, ce n'est pas ainsi que l'on améliorera la compétitivité) et salariales. Pas clair, attendons de voir « Les experts » et les réactions des agences de notation, très sensibles sur le sujet.
Il est clair, en revanche, sur le quotient familial. Seul le plafond sera faiblement abaissé (lors de la conférence de presse il a précisé qu’il serait ramené à 2 000 euros par part contre 2 300 actuellement, soit une perte de 273 euros pour une famille de 3 enfants gagnant 9 fois le smic). En contrepartie, l’allocation familiale de rentrée sera augmentée de 25 %.
Clair également sur la détaxation des heures supplémentaires. Elle sera supprimée (sauf pour les très petites entreprises), ce qui représentera une économie de 4,1 milliards (à noter que le PS inclut cette somme dans les « cadeaux faits aux riches…).
Clair encore sur l’impôt sur le revenu : une nouvelle tranche à 45 % sera créée pour les revenus supérieurs à 150 000 euros par part.
L’ISF sera réformé pour rapporter autant qu’avant les réformes Sarkozy, mais le seuil de 1,3 million sera maintenu, ce sont les taux qui augmenteront.
Sur les successions, l’exonération sera ramenée de 159 325 à 100 000 euros. C’était également considéré comme un cadeaux fait aux riches, comme quoi cela ne tient pas à grand-chose que d’être riche ou pas !
Moins clair sur les niches. Elles seront plafonnées à 10 000 euros, mais y aura-t-il des suppressions ? Les emplois à domicile, on garde. La TVA réduite dans le bâtiment, on garde. Pour la restauration, on va discuter les contreparties sur l’emploi et les prix.
Pour le service minimum, il respectera la loi qui a été votée mais il est hostile à son extension au transport aérien.
Sur les 35 heures, Hollande ne conteste pas qu’elles coûtent, chaque année, 15 milliards, mais il ne reviendra pas sur les assouplissements apportés par la droite.
En revanche, il veut revoir toutes les exonérations de charges dont bénéficient les entreprises ; son idée est de les affecter en priorité au financement du contrat de génération et aux entreprises qui embauchent, relocalisent, ou sont exposées à la concurrence. Il faut donc s’attendre à un Big Bang dans les nombreuses exonérations dont bénéficient les entreprises.
On commence à y voir plus clair sur la fonction publique, mais il faut suivre le raisonnement. Essayons. Globalement les effectifs resteront stables. Finie la règle du non remplacement de 1 sur 2, donc on remplacera en totalité les 60 000 fonctionnaires qui partent chaque année à la retraite, soit 150 000 recrutements de plus sur 5 ans. Mais les 60 000 créations de postes dans l’enseignement et les 5 000 dans la police seront incluses dans ce chiffre. Comme il n’y aura pas de baisse dans l’éducation, ni la justice, ni la police, les autres ministères verront donc leurs effectifs baisser. Ouf ! Cela sert de parler le Hollandais, on comprend ainsi ce qu’est un redéploiement.
De nombreux autres sujets ont été abordés au cours de ce « Hollande Day », nous aurons l’occasion d’en reparler, notamment après le discours de … Sarko !
Aujourd’hui, nous terminerons, pour une fois, sur une note people. La preuve que Hollande est bien guéri de son aphasie, c’est qu’il a parlé de Valérie ! « Elle vit avec moi. Elle n’a pas de fonction dans la campagne. Elle m’est très utile et très précieuse ». Eh bien, voilà ! C’est du sérieux … On remarque comme une petite fissure dans l’armure.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire