J – 157
Pendant que tout le monde a les yeux rivés sur le match Hollande-Sarkozy, un autre match pour le pouvoir se déroule en coulisse, le match Hollande-Aubry.
On sait que leur rivalité ne date pas d’hier, elle remonte à plus de trente-cinq ans, lorsqu’ils rejoignent, en 1985, le club « Témoin » qui regroupe les amis de Jacques Delors. Elle est la fille biologique, il est le fils spirituel. Il en devient, en 1993, le président. C’est à partir de là que s’installera entre eux un rapport de jalousie et d’animosité.
Décidée à prendre le dessus, Martine Aubry développe, méthodiquement, une stratégie à triple niveau.
1/ le rabaissement du candidat. Inutile de revenir sur toutes ces années de vacheries empreintes de mépris, tout le monde connaît « niveau zéro de la politique », « ne travaille pas », « mou », « flou », « change d’avis », sans compter les attaques sur la mollesse de parties intimes que la décence nous interdit de citer ici… enfin tout ce qu’il faut pour faire un bon président de la République !
2/la mainmise sur le parti. Élue dans les conditions que l’on sait, elle met en place autour d’elle une équipe qui lui est entièrement dévouée et où les partisans de Hollande se sentent bien isolés. Dans la foulée, elle parvient habilement à faire adopter un projet socialiste dont elle sait bien qu’il n’est pas conforme aux idées de Hollande et qu’il devra le trainer comme un boulet, s’il est élu.
3/l’installation d’un cordon sanitaire autour du candidat. C’est elle qui gère les alliances et c’est elle qui attribue les circonscriptions législatives. Elle ne s’est pas gênée, hier encore, pour attribuer à un de ses proches la circonscription législative que Hollande avait proposée à son propre chef de cabinet.
On se demande vraiment pourquoi il l’a laissée à la tête du parti après la primaire et comment il peut lui permettre tout cela.
L’objectif est pourtant clair. Puisqu’elle a perdu Élysée, elle aura Matignon. Et, comme c’est elle qui tient toutes les ficelles, c’est elle qui gouvernera. Lui, qui « n’a jamais rien fait », continuera. Plus qu’un président normal, ce sera un roi fainéant et elle, le maire du Palais.
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