mardi 6 décembre 2011

L’ÉCOLE (Test N° 10)

J – 152


Hollande fait de la jeunesse sa priorité ce qui implique, bien évidemment, l’école. Pourtant il a peu parlé du sujet au cours des débats qui ont précédé la primaire. Il a surtout présenté sa proposition de créer 60.000 postes dans l’enseignement, et cherché à se justifier sur le coût de cette mesure (c’est ainsi que l’on a appris qu’elle serait partiellement financée par la suppression des redoublements…).
Dans son discours d’investiture en revanche, la  partie intitulée " Le pacte éducatif " est largement consacrée à l’école. Il s’y engage à « faire porter l’effort dès la petite enfance » en annonçant 500.000 crèches sur le quinquennat et en facilitant la scolarisation dès l’age de 2 ans. Il est bien dans la ligne du projet socialiste.
Parallèlement à l’embauche de 60.000 professeurs, il évoque la conclusion « d’un contrat nouveau avec les enseignants, la définition d’un socle de connaissances, une réforme des rythmes scolaires, une refonte des conditions de travail et un rétablissement de la formation des professeurs ». C’est donc l’annonce d’une nouvelle réforme.
Si tous les jugements concordent sur l’échec de notre système scolaire, les solutions préconisées restent inspirées par les clivages politiques et les intérêts catégoriels. De fait, le débat se situe à trois niveaux.
Celui des moyens : les difficultés résulteraient surtout de l’insuffisance de moyens financiers et en effectifs.
Celui de la méthode : c’est un classique de notre monde éducatif d’opposer entre elles les méthodes d’enseignement et de les modifier aussi souvent que possible.
Celui de la philosophie, en fait de la politique, au  sens noble du terme, malheureusement il prête à confusion : qu’attendons-nous de notre école ?
Faisons un rêve ! Que le sujet ne soit pas confisqué, comme c’est généralement le cas, par les politiques et les syndicats. Qu’il n’offre pas à des enfants livrés  à eux-mêmes l’opportunité de confondre la rue avec la cour de récréation. On parle souvent de « Grenelle », à quand un " Grenelle de l’école " ? 
Pour contribuer à ce débat nous versons au dossier un document qui nous a été envoyé par une lectrice fidèle de Grenoble. Il s’agit d’un éditorial de Jacques Julliard publié dans Marianne du 17/23 septembre 2011.
« Il y a bien 36 questions qui se posent, mais il n’y en a en vérité que deux : sur la forme, le rétablissement de l’autorité et de la sécurité ; sur le fond, l’apprentissage de la langue française ».
« Alors que le nombre d’élèves par classes n’a jamais cessé de baisser depuis cinquante ans, cette question (le rétablissement de l’autorité du maître)… n’est qu’une métaphore pour dire l’impuissance du monde adulte à envoyer les enfants à l’école ».
« Il ne sert à rien, cher François, de déverser des fleuves d’argent dans le tonneau sans fond de l’éducation nationale si l’on n’éradique pas le bordel dans les classes, si l’on n’apprend pas le français aux gamins ».
Place au débat…

(*) Jacques Julliard est normalien, agrégé d’histoire. Il a exercé des responsabilités syndicales à L’UNEF, puis au SGEN et à la CFDT. Il été éditorialiste au Nouvel Observateur de 1978 à 2010.

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