mardi 13 décembre 2011

HOLLANDE VA-T-IL RENVERSER LA SOUPIÈRE ?

J – 145
 
Nous avons exprimé hier notre scepticisme après la déclaration de Hollande annonçant son intention de renégocier le traité approuvé vendredi dernier à Bruxelles. Peut-être en avons-nous mal évalué les conséquences.
Certes, nous voyons toujours aussi mal Hollande obtenir satisfaction si les 25 pays signataires continuent à soutenir l’accord qu’ils ont formellement approuvé. Tout au plus peut-il renverser la soupière, mais est-il  homme à prendre un tel risque ?
Tout le monde se souvient de Jospin s’engageant, pendant la campagne législative de 1997, à renégocier le pacte de stabilité. Comme le rappelle Alain Minc, « le lendemain de son élection, lui et Strauss-Kahn l'avaient signé ». Soyons juste, il avait obtenu d’en modifier le titre pour l’appeler  " pacte de stabilité et de croissance".
Non, ce que nous sous-estimions sans doute, c’est l’impact négatif de tels propos sur les marchés, chez nos partenaires et les dégâts qu’ils peuvent créer dans le traitement de la crise.
Au-delà de la volonté de renégociation, il y a, en effet, le risque que le candidat ne soit perçu comme définitivement addictif à la dépense publique et peu désireux de se voir imposer la contrainte d’un retour rapide à l’équilibre des comptes publics.
Ses projets sur la réforme des retraites, le contrat de génération, les emplois jeunes, les embauches d’enseignants, sont plus inquiétants encore que la volonté de renégocier le traité. Ce n’est, d’ailleurs, pas un hasard si Hollande parle de fin 2017 (c’est-à-dire 6 mois après achèvement du quinquennat !) pour le retour à l’équilibre alors que la France s’est engagée sur 2016.
En tout cas, la majorité a bien vu le parti qu’elle pouvait en tirer, à l’instar du premier ministre qui a déclaré : « c’est la crédibilité de la France qui est en jeu, car on ne peut pas dire aux marchés : " il y a un accord européen en décembre mais on ne sait pas si en avril ou en mai il sera toujours valable ", c’est tout à fait irresponsable par rapport aux difficultés que nous rencontrons ».
Il est donc à prévoir qu’au fur et à mesure que nous approcherons de l’échéance, cela turbule à nouveau dans la zone euro.
Au moins, la campagne électorale permettra aux français de bien mesurer les enjeux et les risques et de choisir eux-mêmes leur destin. Cela parait plus satisfaisant qu’une situation dans laquelle un candidat serait élu sur le seul rejet de son adversaire.
En attendant, « Bayrou la rigueur » fait une belle percée en passant, selon  un récent sondage, de 7% d’intention de vote à 13 % (LH2/Yahoo).

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