dimanche 20 novembre 2011

RETOUR A LA CAMPAGNE

J - 168

Une bouffée d’air frais pour François Hollande. Quel bonheur de retrouver les bains de foule, la discussion avec les clients dans un café, les plaisanteries avec les passants, puis d’être ovationné par un millier de jeunes militants ravis de recevoir leur champion !
Hollande était donc en Alsace samedi, non pas pour visiter la centrale nucléaire de Fessenheim, mais pour y prononcer le discours de clôture du « festival du changement » organisé par le Mouvement des Jeunes Socialistes.
Ayant constaté que l’on ne sortait de l’ambigüité qu’à ses dépens, il évitera cette fois les engagements précis, surtout ceux qui engagent les finances publiques. Il se positionne donc sur les hauteurs.
« J’ai choisi de mettre la jeunesse au cœur de mon projet, j’en ai fait la grande cause de l’élection présidentielle ». Et il se contentera de rappeler certaines de ses propositions.
« L’urgence, c’est l’insertion professionnelle… Aucun jeune de 16 à 18 ans ne doit être sans solution. Une formation, une alternance, il y aura nécessairement une réponse à chaque situation individuelle. Au-delà de 18 ans, c’est la construction d’un parcours d’autonomie qui sera proposée »*.
Seule précision sur ce parcours d’autonomie, « il concernera les étudiants et les jeunes en formation, avec de meilleures garanties contre la précarité pour les jeunes les plus en difficultés, avec les emplois d’avenir dont la durée des contrats et les modalités devront être individualisées pour en faire des instruments efficaces d’insertion à moindre coût pour la collectivité ». On n’en saura pas plus. Il ne parlera pas de l’allocation d’autonomie  pour chaque étudiant, réclamée par les dirigeants des jeunes socialistes. A toutes fins utiles, Rebsamen précisera, dès le lendemain, dans une interview au « Parisien », que l’allocation d’autonomie « devrait être soumise à conditions de ressources »…
Il développe, en revanche, sur son contrat de génération, « une belle idée ». En réponse aux critiques qu’avait formulées Martine Aubry, il affirme que ce dispositif n’est pas un effet d’aubaine et qu’il « ne coûtera rien de plus. Ce sera une contrepartie aux 25 milliards de cotisations accordées aujourd’hui aux employeurs sans conditions ».
Sur l’éducation, il confirme la création de 12.000 postes chaque année et il compare les 60.000 postes sur 5 ans aux 30.000 places de prison annoncées par Sarkozy. « Pourquoi ce qui serait responsable pour les prisonniers ne le serait pas pour l’école ? ».
Sur l’enseignement supérieur, il fixe un objectif à 10 ans, de 50 % d’une classe d’âge diplômée du supérieur.
Il annonce, enfin, une « grande loi sur l’égalité pour garantir celle entre les hommes et les femmes, notamment en matière de salaires, pour permettre le mariage pour tous les couples, pour lutter contre les discriminations selon la couleur de la peau, l’adresse, voire la religion ».
Il a retrouvé le registre dans lequel il est le plus à l’aise : 50 % d’antisarkozysme, 50 % de bonnes intentions. Un public acquis et sympathique. C’est ainsi qu’il aime la campagne. Sans être obligé de se mettre au vert.


* Pour l’anecdote, à la suite de ce passage figurait, dans le texte écrit diffusé sur le site du PS, le paragraphe suivant : « On ne vit pas sa jeunesse de la même façon à Neuilly que dans le quartier Neuhof à Strasbourg ». Il a disparu dans le discours. L’équipe de campagne n’est pas encore au point, elle aurait du savoir que la flèche destinée à Sarkozy allait également atteindre Hollande qui a fait ses études secondaires au Lycée Pasteur, à Neuilly, où résidaient ses parents. Mais il a l’œil et n’hésite jamais à supprimer un paragraphe qui le gêne…

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