mardi 8 novembre 2011

PARLEZ-VOUS HOLLANDAIS ?

08/11/2011 : J -178
Il ne s’agit pas de la langue de nos cousins néerlandais, mais du vocabulaire qu’il va nous falloir acquérir pour comprendre François Hollande.
Depuis le temps que les hommes et les femmes politiques nous parlent, nous avons compris ce qu’était la langue de bois. Le très regretté Georges Marchais, en avait inventé la définition : « vous venez avec vos questions, je viens avec mes réponses ».
Tout le monde connait, également, le célèbre jeu du « ni oui-ni non » qui consiste à éviter certains mots. Par exemple, en ce moment, à droite, on a le droit de dire « rigueur » mais si on prononce le mot « austérité », on est éliminé.
Si l’on habite les extrêmes de l’échiquier politique, s’exprimer est  (ultra) simple : quelle que soit la question, l’exercice consiste à prononcer, en  un minimum de temps, le maximum de mots qui, dans leur scrabble à eux, comptent triple (ce sont, d’ailleurs souvent les mêmes, aux deux bouts des extrêmes) : mondialisation, capitalisme, barrières, nationalisations, interdiction, confiscation…
Le hollandais, c’est autre chose et c’est en cela qu’il n’est pas ordinaire. Pour le définir, il existe un mot barbare, mais au fond facile à comprendre : oxymore. Un oxymore consiste à placer, l’un à côté de l’autre, deux mots opposés.
Un excellent exemple nous été offert hier soir, sur France 2, par Hollande.  Quand on lui pose la question suivante : « Mais vous,à quelles réductions de dépenses publiques procéderez-vous ? », il répond : « à la réduction de dépenses fiscales ». Bien.
Il a fait HEC, l’ENA, la Cour des Comptes, il doit savoir ce qu’il dit. C’est nous qui ne comprenons pas. Nous, on pensait que payer, c’était une dépense et encaisser, une recette. Pas lui. Augmenter un impôt est une économie de dépenses. D’accord !
Mais c'est bien sûr, ça nous revient maintenant, on a déjà entendu parler de « croissance négative » au lieu de récession et  d’ « inflation négative » au lieu de baisse des prix ! Comme Monsieur Jourdain, on  faisait déjà du hollandais sans le savoir…
Il va falloir s’y habituer : « un engagement dont il faudra discuter », « des recrutements par redéploiement », « la retraite à 60 ans avec décote »…
On peut aussi revenir sur une promesse, par exemple l’allocation d’autonomie, en disant que cette annulation de dépenses est une recette ! Autre recette, l’abandon des emplois jeunes. Que de recettes à venir ! Reste à comprendre comment renoncer à une nouvelle dépense va nous permettre de rembourser la dette, mais ce n'est pas le sujet.
Enfin, maintenant, nous comprenons le hollandais ! Soyons attentifs, nous allons enrichir notre vocabulaire.



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