jeudi 6 octobre 2011

RETOUR SUR LE TROISIEME DEBAT

06/10/2011 : J – 211
Sans procéder à un compte rendu exhaustif des débats, il faut revenir sur les principaux thèmes abordés, ce qui nous permettra, le moment venu, de suivre les éventuelles évolutions du candidat désigné.
L’Europe.
Pour Baylet, c’est notre seul SAMU, il n’y a pas d’autre solution que l’Europe fédérale.
Montebourg juge l’Europe naïve; elle doit se réorienter et si nous sommes seuls, résister  comme jadis Thatcher.
Aubry rappelle qu’elle a signé un pacte de « juste échange » avec le SPD. C’est avec les socialistes allemands qu’il faudra se battre.
Hollande « prendra l’Europe telle qu’elle est ». Il parlera donc avec Merkel et il fera, avant l’élection  présidentielle, une tournée en Europe « pour préparer notre arrivée en 2012 ».
Valls : « Si l’on veut les euro-bonds, il faut faire des efforts sur notre endettement et davantage de fédéralisme pour converger nos politiques budgétaires »
Royal veut construire les Etats-Unis d’Europe en commençant par l’harmonisation sociale.
L’Emploi.
Hollande répond à Mazerolle qui lui demande si son programme sera socialiste (référence à Jospin qui avait pris ses distances) : « oui, j’ai voté le projet socialiste. Les priorités sont les miennes » … mais il conviendra de l'adapter à la situation.
Aubry en profite pour lancer qu’il « ne faut pas une gauche molle » avant de revenir au pacte avec le SPD et à l’harmonisation sociale préalable à l’harmonisation fiscale.
Valls : « Il faut dire la vérité. Démondialiser, interdire les licenciements boursiers, mettre les banques sous tutelle, ça ne marche pas ».
Montebourg : « Le protectionnisme  est  le moyen pour réindustrialiser le pays, sinon nos efforts seront vains ».
Royal veut une loi pour interdire les licenciements boursiers. Ce ne sont pas des licenciements économiques, les tribunaux l’ont reconnu. Il faut organiser la mise sous tutelle de l’entreprise qui délocalise.
Aubry revient sur la séparation entre banques de dépôts et banques d’affaires.
Hollande, après que Mazerolle a rappelé une amabilité de Royal à son encontre (« Hollande c’est un notable. Dormez braves gens, on ne va pas changer les choses »), demande de partir de la réalité. On peut appliquer la stratégie défensive des tribunaux mais cela prend trop de temps. Il faut donc des sanctions économiques et financières contre les groupes responsables. Il faut, surtout, une stratégie offensive, mener une politique industrielle dans les secteurs stratégiques et mobiliser des financements.
Royal attend de l’Etat qu’il joue son rôle de stratège.
Les Retraites.
Derrière une apparente cacophonie (dixit Aubry), tout le monde est, au fond, d’accord sur le principe des 62 ans et des 41 années et demi de cotisation. Ce qu’ils proposent, c’est de revenir sur les " injustices " : les travailleurs ayant commencé jeunes, les femmes qui ont eu des interruptions de carrière, ceux qui ont exercé un travail pénible. Le coût de ces mesures sera financé par de nouveaux prélèvements obligatoires.
La Santé.
Il y a également consensus sur l’abrogation de la loi Bachelot et sur une  nouvelle réforme de l’hôpital. Pour mettre fin aux déserts médicaux, certains (Aubry, Montebourg,) considèrent que les incitations ne suffisent pas et qu’il faut obliger les généralistes à passer 5 ou 10 ans dans les zones désertées à la fin de leurs études, d’autres (Hollande, Valls) sont favorables à une plus vaste réforme de la médecine, en modifiant le numerus clausus et en réglementant les dépassements d’honoraires.
L’Ecole.
C’était le traquenard contre Hollande, tendu par Aubry et Royal, et sa proposition de 60.000 recrutements.
Pour Royal, 7,5 milliards sur cinq ans c’est trop cher, compte tenu de nos difficultés budgétaires ; il faut plutôt une programmation pluriannuelle.
Aubry titille Hollande en se livrant au petit jeu de « combien ça coûte ? ». Elle se refuse à engager 2,5 milliards par an et utilise un argument savoureux dans sa bouche : « On ne peut pas reprendre les vielles recettes » ! C'est pourtant elle, la plus précise : la réforme d’abord, pas d’embauche sans réforme, revaloriser les salaires, rétablir l’année de formation, fixer des priorités.
Elle a cette jolie formule : « Présider demain, c’est préciser aujourd’hui ».
Valls veut revoir tout le système et réformer les rythmes scolaires.
Hollande ne cède rien, ni sur le contrat de génération, ni sur les embauches. La jeunesse est la grande cause.
Autant, sur la santé, les candidats paraissent prêts, autant, sur le sujet de l’école, qui sera pourtant le premier sujet de la campagne présidentielle, on est passé à côté. Comme si les candidats avaient peur de se mettre à dos le monde enseignant. Inquiétant pour l’avenir …
Au total, il nous  a semblé que le débat, trop technique, avait manqué de souffle.
La fatigue, sans doute.

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