12/10/2011 : J – 205
On commençait à croire qu’en effet, il était une bonne pâte, une pâte molle, Hollande. Le grand méchant mou en somme …
Et puis la métamorphose ! Requinqué, sans doute, par le soutien que lui avait apporté quelques heures plus tôt Ségolène Royal, inspiré, peut-être, comme tous les rouennais, par Corneille, voilà " qu’à tant de violence il oppose, non plus une molle prudence, mais un courage mâle, et que, d’autorité, sans rien craindre "(Théodore, V.6), il affronte sa rivale.
Aubry a bien essayé les allusions assassines mais c’est à du dur qu’elle s’est heurtée ce soir. Elle a avancé toutes ses critiques, sur le contrat génération, sur son inexpérience par rapport à elle, sur ses changements à propos de la règle d’or ou du cumul des mandats, mais cela a fait pschitt. Car, cette fois, il a travaillé et il a une réponse sur chaque sujet. Il parle en patron. Sans aller jusqu’à se risquer à une comparaison avec le « il propose, je décide » de Chirac à propos de Sarkozy, l’impression générale était qu’elle avait des idées, qu’il avait des projets. Reste qu' elle n’est pas parvenue à convaincre que son offre était la " mieux disante ".
Le second enseignement, c’est qu’ils sont bien de gauche tous les deux et que désormais, le débat n’est plus entre la gauche molle et la gauche dure, mais entre la droite et la gauche. Même s’il y a des différences entre eux, lui plus modéré, elle plus doctrinaire, ce qui frappe c’est que la gauche française ne s’est pas encore libérée de ses "recettes retardataires du passé ", comme dit Montebourg .
Nous y reviendrons car beaucoup de choses ont été dites ce soir qui seront au centre de la campagne présidentielle, laquelle ne devrait plus tarder à démarrer. Ce qui est réconfortant c’est que le parti socialiste, Hollande surtout, a maintenant un discours qui commence à ressembler à un programme présidentiel, qu'il va devoir défendre ses idées face aux réalités et ne plus se contenter de l'antisarkozysme. Nous allons donc pouvoir enfin passer aux choses sérieuses, au vrai débat démocratique.
Nous y reviendrons car beaucoup de choses ont été dites ce soir qui seront au centre de la campagne présidentielle, laquelle ne devrait plus tarder à démarrer. Ce qui est réconfortant c’est que le parti socialiste, Hollande surtout, a maintenant un discours qui commence à ressembler à un programme présidentiel, qu'il va devoir défendre ses idées face aux réalités et ne plus se contenter de l'antisarkozysme. Nous allons donc pouvoir enfin passer aux choses sérieuses, au vrai débat démocratique.
Nous aimerions bien, en conclusion, pouvoir répondre à la question qui doit, en ce moment même, agiter les rédactions, les instituts de sondages et les états-majors : y a-t-il un vainqueur ?
Mais nous n’avons ni la compétence ni la légitimité pour délivrer des pronostics. On peut simplement dire que ceux qui voyaient Hollande en perte de vitesse, sont peut-être allés un peu vite en besogne et que, ce soir en tout cas, il n’a pas perdu…
En attendant, c'est plutôt à Racine que doit penser Martine Aubry : "Je craignais beaucoup plus sa molle résistance" (Alexandre Le Grand, II.5).
Appel aux femmes dans la conclusion de Martine Aubry:
RépondreSupprimerSi François Hollande avait tenu de pareils propos, pour appeler le vote des hommes, ne l'aurait-on pas traité de sexiste, d'homophobie anthropologique, de machiste ?
Avant même de connaître la position de Montebourg, il est clair que la solidité et l'habileté de Hollande font de lui, à l'issue du premier tour,et après ce débat,le vainqueur incontournable de la primaire. Il n'a pas lâché grand chose. Il a encore de la réserve. Il n'y a plus de suspense pour dimanche soir. S'il amplifie son score, il pourrait disposer d'un boulevard pour l'élection présidentielle.
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