20/10/2011: J - 197
Ainsi que nous l’avons évoqué précédemment, nous allons soumettre, comme le font les associations de consommateurs, le candidat Hollande à un examen de confiance, au travers de tests de crédibilité. Après l’Europe, le nucléaire constituera donc le second test.
Sur ce sujet également les rédacteurs du projet socialiste ne se sentent pas particulièrement à l’aise. L’engagement N° 10 stipule : « Pour sortir de la dépendance du nucléaire et du pétrole, nous développerons massivement les économies d’énergie et les énergies renouvelables et nous proposerons à nos partenaires la mise en place d’une communauté européenne des énergies. Nous organiserons un débat national sur la transition énergétique dès 2012 ». En préambule, le projet précise (si l’on peut dire) : « D’ici la conclusion de ce débat nous mettrons en place un moratoire sur l’accroissement des capacités nucléaires ». Bref, du mou.
Cela n’a pas rendu service aux candidats de la primaire qui ont été contraints d’en dire un peu plus.
Royal a donc annoncé une sortie du nucléaire en 40 ans.
Pour Aubry, le cap est la sortie du nucléaire, sans objectif chiffré. Et elle commettra l’erreur de chercher noise à Hollande sur ce thème, mais se prendra les pieds dans le tapis en indiquant qu’elle poursuivrait la construction de l’EPR de Flamanville.
C’est que Hollande est arrivé avec une position précise : ramener la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75 % à 50 % d’ici 2025. Pour la suite il ne s’engage pas, de toute façon, dit-il, en 2050 il ne sera plus là ! Jusqu’à présent il n’a pas bougé de cette ligne, au grand dam des écologistes.
Cela promet, en effet, de belles empoignades avec EELV pour qui le sujet est un casus belli. Dès le lendemain de la désignation de Hollande, Eva Joly tient à préciser que tout accord avec le PS est subordonné à « l’acceptation d’un calendrier précis de sortie du nucléaire.» Mamère est encore plus net : « S’il n’y a pas de compromis acceptable trouvé sur une sortie progressive et programmée du nucléaire d’ici 25 ans, comme nous le proposons, il n’y aura pas d’écologistes dans le gouvernement ». Une vraie menace nucléaire…
Premier cactus et ce sera l’un des principaux marqueurs de la détermination de Hollande. Ou bien, il mollit sur sa position et on aura la confirmation qu’il change tout le temps d’avis (dixit Aubry), ou bien, il fait preuve de sa détermination en maintenant sa position, c’est-à-dire une sortie du nucléaire à la Saint Glinglin (toujours selon la même), et il entame un bras de fer avec les écolos.
Test N°2 à suivre attentivement.
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