dimanche 30 octobre 2011

L’ARITHMETIQUE POUR LES NULS

30/10/2011 : J -187
Contrairement à une idée répandue, pour faire de la politique, il n’est pas nécessaire d’avoir fait l’ENA, la primaire suffit (celle de l’école, pas celle du parti socialiste), et de maitriser les quatre opérations. Vous pouvez alors participer au jeu qui fait fureur, « Qui veut dépenser des milliards ? ». Il consiste à calculer les milliards dépensés dans les programmes des candidats.
Pour critiquer, deux opérations suffisent : l’addition et la multiplication. Penons un exemple relativement simple (au hasard) : le recrutement de 60.000 enseignants, au rythme de 12.000 par an pendant 5 ans, soit  500 millions de dépense nouvelle chaque année. Pas énorme. Passons à l’addition : 500 + 1.000 + 1500 + 2000 + 2500 = 7,5 milliards sur 5 ans. Pas mal ! Mais avec la multiplication, c’est plus impressionnant. Si l’on considère, en effet, que les fonctionnaires ne seront pas licenciés à la fin du quinquennat,  il faut calculer 40 ans d’activité, ce qui donne : 2,5 milliards x 40 = 100 milliards. Cette fois on a  vraiment peur. Mais si l’on rajoute le coût des retraites, cela devient carrément l’horreur !
A l'inverse, si l’on choisit de défendre une mesure, on  commence par la division, par 5, pour calculer le coût annuel. Prenons un exemple (au hasard) : 60.000 fonctionnaires divisés par 5 donne 12.000 par an et seulement 500 millions d’euros. Mais on peut aller plus loin grâce à la soustraction. Il suffit de trouver un impôt à augmenter, ou à rétablir, ce qui revient au même, (au hasard, le retour à l’ISF dans sa pureté originelle) et, miracle, non seulement on finance les embauches mais en plus on y gagne !
Voilà comment la droite évalue à 255 milliards le coût du projet socialiste alors que ce dernier démontre qu’il permettra de réduire la dette de 25 milliards !
Il y a tout de même une chose que nos politiques auraient pu apprendre à l’ENA c’est qu’il est anticonstitutionnel d’affecter des ressources à des dépenses, selon le « principe de l’universalité budgétaire » ; mais on ne va pas ennuyer les français avec de telles billevesées.
Surtout si l’ont veut les convaincre que, quand on a une dette qui représente plus 85 % de PIB et un déficit budgétaire chronique, on peut malgré tout consacrer la moitié des « marges de manœuvres dégagées » à de nouvelles dépenses. Dans un étrange éclair de lucidité, Aubry  a déclaré qu’ « au-dessous de 3 % de déficit, la dette n’augmente plus ». Donc, elle ne baisse pas non plus. Est-ce si compliqué de comprendre que pour se désendetter il faut emprunter moins que ce que l’on rembourse et donc viser, non pas un déficit réduit, mais un excédent budgétaire ?
On n’a pas encore de chiffre sur le programme du candidat de droite mais, rassurez-vous, le jeu fonctionnera tout aussi bien. Ce que l’on croit savoir c’est qu’il promettra un déficit zéro dès 2014. C’est rassurant, car avec un peu de croissance et un peu d’inflation, en quelques générations, on devrait y arriver…
Nous avons honte de laisser des dettes à nos enfants ? Consolons-nous, ils seront obligés d’en faire autant avec les leurs ! Au moins, ils se souviendront de nous.

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