18/10/2011 : J - 199
L’Europe, c’est toujours trop ou trop peu. Quand ça ne va pas trop mal, si ça ne va pas mieux, c’est parce qu’elle se mêle de tout. Quand ça va très mal, c’est encore sa faute car elle est incapable de décider. Ce qui n’empêche pas de lui demander beaucoup. Par exemple, de lutter contre la mondialisation par du protectionnisme européen, contre la crise de la dette par la mutualisation des emprunts, ou d’instaurer une taxe sur les transactions financières, et bien d’autres choses encore …
Sur les sujets complexes, il faut des idées simples. La première est que si l’on ne peut rien tout seul, les autres ne pensent pas forcément comme nous. La seconde est que si l’on demande à l’Europe d’exister, il faut lui en donner les moyens, ce qui signifie choisir entre deux concepts, sans doute ardus, mais existentiels : fédéralisme ou confédération d’Etats.
Essayons de faire simple. Dans une confédération, les Etats conservent leur pleine souveraineté et décident ensemble de politiques communes. Dans une fédération, les Etats délèguent une partie de leur souveraineté à des institutions communautaires dont les décisions s’imposent aux Etats. Tout le monde comprend qu’à 27, décider ensemble n’est pas chose aisée…
Au final, on retrouve toujours la même question : qui va payer ? Et elle en entraine une seconde : à quelle condition ? La condition c’est évidemment de maitriser la facture.
Pour essayer d’être encore plus concret, si l’on veut faire payer les allemands - mais nous sommes également concernés - il faut leur reconnaître un droit de regard sur les dépenses publiques des Etats qui ont des déficits.
Proverbe burkinabé : « la main qui donne est au-dessus de celle qui reçoit ».
Le sujet est important, c’est même le premier des sujets, car il commande tous les autres. Mais le moins que l’on puisse dire c’est que, jusqu’à présent, nos dirigeants politiques nous en disent le minimum. Non pas parce que c’est trop compliqué pour nous, mais parce que c’est trop compliqué pour eux, qui ne sont pas encore remis du traumatisme de l’échec du référendum sur la constitution européenne de 2005.
C'est sans doute pourquoi le projet socialiste ne nous éclaire pas vraiment. Aucun des "30 engagements pour le changement" n'en parle et dans l'introduction on ne trouve que des allusions du genre: " une coordination des politiques économiques fondée sur un pilotage fin de la monnaie et du budget..." ou " forts de la confiance populaire, le PS et ses alliés seront force de proposition auprès des autres États membres...". C'est ce qui s'appelle être flou !
C'est sans doute pourquoi le projet socialiste ne nous éclaire pas vraiment. Aucun des "30 engagements pour le changement" n'en parle et dans l'introduction on ne trouve que des allusions du genre: " une coordination des politiques économiques fondée sur un pilotage fin de la monnaie et du budget..." ou " forts de la confiance populaire, le PS et ses alliés seront force de proposition auprès des autres États membres...". C'est ce qui s'appelle être flou !
Regardons tout de même ce qu’a dit Hollande sur le sujet. Surprise, c’est probablement celui qui en a dit le plus !
« Il faut changer la règle européenne pour passer de l’unanimité à la majorité ».
Il parle de « l’Europe fédérale » et utilise même l’expression « abandon de souveraineté ».
C’était lors du débat avant le second tour des primaires. Que lui répond Martine Aubry ? Qu’il « ne faut pas commencer par cela » mais plutôt s’en tenir à ce qu’a proposé son père : « une confédération d’Etats nations ». Personne n’a relevé mais, en deux mots, tout est dit : fédéralisme contre confédération. Ce n’est pas gagné.
Pourtant Hollande va être encore plus clair : « Europe ne peut pas continuer ainsi … on a accueilli 27 pays, ça ne peut pas marcher … l’Europe de circulation (jolie formule !) va continuer … mais il faut une fédération au milieu, un premier cercle avec l’Allemagne ». Que ferons-nous ensemble ? « Une politique budgétaire … sans oublier la croissance … et une solidarité avec des règles sociales et fiscales communes, sinon, c’est la dilution du projet européen ».
Pourtant Hollande va être encore plus clair : « Europe ne peut pas continuer ainsi … on a accueilli 27 pays, ça ne peut pas marcher … l’Europe de circulation (jolie formule !) va continuer … mais il faut une fédération au milieu, un premier cercle avec l’Allemagne ». Que ferons-nous ensemble ? « Une politique budgétaire … sans oublier la croissance … et une solidarité avec des règles sociales et fiscales communes, sinon, c’est la dilution du projet européen ».
C’est probablement la déclaration la plus importante qu’il ait faite mais l’on n’en parle pas. Certes, il ne s’agit que de pétitions de principe, sans rien de concret pour l’instant. Mais il annonce qu’il parlera avec Merkel et qu’il fera une tournée en Europe « pour préparer notre arrivée ».
D’ici là, aura lieu le prochain sommet européen, ce dimanche, dont on attend des décisions concrètes et la réunion, non moins importante, du G20, à Cannes les 3 et 4 novembre.
Peut-être va-t-on enfin nous parler d’Europe ? Ce sera en tout cas l'un de nos critères de jugement de la crédibilité du candidat socialiste, le test N°1.
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