15/09/2011 : J – 233
Ils étaient donc à la télé, ce soir, les aventuriers de la primaire, tous les six, pour le débat tant attendu. Quelques commentaires, à chaud, pour ceux qui n’étaient pas sur France 2, en attendant d’y revenir plus longuement.
Disons-le d’entrée, on n’a à peu près rien appris de nouveau sur le fond. Sur la prestation des candidats, l’impression est plus mitigée.
La déception, c’est Hollande. Le favori des sondages est apparu fermé, convenu, gêné, parfois dépassé. Il est vrai qu'il lui fallait avant tout éviter le faux pas, mais il n’a pas transformé l’essai. Il n’a été bon que sur le nucléaire où il a poussé Aubry dans ses retranchements et l'a contrainte à avouer qu'elle poursuivrait la construction de Flamanville.
Royal, sur qui l’on comptait pour animer la soirée, était méconnaissable : sage, sérieuse, presqu’absente. Elle a récité sa leçon, certes de manière professionnelle, mais sans passion. On en vient à se demander si elle y croit encore ou si elle se place déjà pour la suite.
Aubry a fait du Aubry, mais on voit qu’elle a travaillé, qu’elle a pris de l’épaisseur, de l’assurance. Désormais elle en a envie et elle y croit. Elle s'est fait un plaisir d'égratigner Hollande sur ses promesses qu'elle juge irréalistes (recrutement de 60 000 enseignants, contrat de génération). Tous les espoirs restent permis pour le second débat...
Montebourg a remisé sa gouaille et nous a épargné le numéro de charme. Un discours gauche extrême, plutôt simpliste. Un Mélenchon policé.
Celui qui a tout lieu d’être satisfait de sa soirée, c’est Valls. Jeune, clair, courageux, convaincant. Certes souvent aux marges de la ligne du parti, mais du souffle et un discours responsable. Naissance d’un homme d’état.
Et le 6ème compagnon ? Le radical Baylet était content d’être là, belle tribune pour un parti défunt.
Sur le plan des idées, rien de neuf, pas d’annonce, pas de surprise.
Deux constantes : Sarkozy est le responsable de tous les maux et le bouc émissaire de la crise ce sont les banques. Renvoyer l’un, mettre les autres sous tutelles et tout ira mieux.
Plus intéressante, la ligne de partage sur les objectifs. Ici apparaissent les vrais clivages. Il faudra y revenir en détail mais, en un mot, pour Montebourg, la dette ne doit pas être une contrainte, pour Royal, ne pas dépenser un euro supplémentaire qui ne soit gagé par une économie équivalente, pour Hollande, ramener les déficits sous les 3 % du PIB dès 2013 et zéro déficit en 2017, pour Aubry, d’accord sur les 3 % mais pas d’engagement pour 2017, pour Valls, c’est la priorité absolue, rien ne sera possible sans redressement des comptes publics.
En résumé, un bilan de la même couleur que la tenue de tous les candidats : gris.
Et si aucun présidentiable ne s’est imposé, un homme d’avenir est apparu, Manuel Valls. Il faudra désormais compter avec lui.
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