15/08/2011 : J - 264
Martine Aubry, en voyage au Québec, s’était jusqu’à présent peu exprimée sur la crise ; uniquement par communiqué ou par l’intermédiaire de ses proches. Elle-même donnait l’impression d’être moins impliquée que ses rivaux de la primaire. Il lui fallait donc réagir.
Après une intervention dans Le Monde vendredi dernier, elle expose dans le JDD ses « trois propositions contre la dette ».
Pas de surprise : elle récite, mot pour mot, le projet socialiste. Jugeons plutôt :
- Pour réduire l’endettement, suppression de niches fiscales ; c’est la proposition N°7 (cf. notre chronique du 7 avril).
- Pour relancer la croissance, baisser à 20 % l’impôt sur les sociétés qui réinvestissent et le monter à 40 % pour celles qui privilégient les dividendes ; c’est la proposition N° 2 (cf. notre chronique du 6 avril).
- Pour financer des emplois jeunes, supprimer les subventions absurdes aux heures supplémentaires ; c’est la proposition N° 4 (cf. notre chronique du 7 avril).
On a vu que nos dirigeants politiques ne prenaient pas de vacances mais qu’ils réfléchissaient. Pour elle, la réflexion n’aura pas été très féconde : le projet, encore le projet, rien que le projet … Cela peut signifier qu’il est si parfait qu’il s’adapte à toutes les situations. Ou, au contraire, qu’il est tellement intemporel qu’il est devenu une litanie que l’on récite à chaque mésavenance. Après tout c’est son bébé et il est normal qu’elle le défende.Le plus intéressant est ailleurs.
A la question : « comment ferez-vous pour ramener le déficit à 3 % ? », elle répond qu’elle « prend un engagement très fort : affecter 50 % des marges de manœuvre financières - suppression des niches fiscales, croissance - à la réduction des déficits et 50 % aux investissements d’avenir, c'est-à-dire aux priorités que j’affirme …».
A la question : « comment ferez-vous pour ramener le déficit à 3 % ? », elle répond qu’elle « prend un engagement très fort : affecter 50 % des marges de manœuvre financières - suppression des niches fiscales, croissance - à la réduction des déficits et 50 % aux investissements d’avenir, c'est-à-dire aux priorités que j’affirme …».
En s’accrochant ainsi au projet elle ne reprend donc pas l’engagement des 3 % à son compte. Pour le coup ce serait une vraie différence avec Hollande qui est très clair sur ce point.
Parions tout de même qu’elle finira par y venir. Il lui faut simplement un peu de temps.
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