Il parait que la situation actuelle serait favorable à Sarkozy, qui tire profit de son expérience dans la gestion des crises, notamment lors de la présidence de l’Union Européenne en 2008, du G8 et du G20 en 2011. Force est de constater qu'elle est également favorable aux candidats socialistes, qui y trouvent matière à faire campagne et à montrer leur compétence, sans avoir à traiter de sujets qui fâchent. Sur la crise ils savent ce qu’il faut faire et ne ménagent pas leurs prescriptions.
Il faut : que le G8 et le G20 passent des paroles aux actes et mettent au pas le système financier,
Il faut : créer des agences de notations indépendantes,
Il faut : lutter contre les paradis fiscaux,
Il faut : réformer le système monétaire international pour faire cesser les mouvements erratiques sur les devises,
Il faut : augmenter de 400 à 1000 (ou 2000) milliards d’euros le Fonds Européen de Stabilité Financière, pour lutter contre la spéculation,
Il faut : instaurer une taxation sur les transactions financières afin d’alimenter le budget européen et financer des investissements,
Il faut : que la BCE émette des euro-bonds pour mutualiser la dette des Etats (en clair, qu’elle emprunte pour reprêter aux Etats incapables de rembourser) et intervienne sur les marchés de la dette en rachetant les obligations grecques, portugaises, espagnoles… (en clair, se substituer aux créanciers qui paniquent),
Il faut : mettre en place un gouvernement économique de la zone euro chargé de coordonner la politique économique des Etats membres (en clair du fédéralisme).
Ils ont l’air de bien maitriser leur sujet. Y a qu’à faire ce qu’ils disent, surtout qu’ils ont l’air d’accord entre eux…
Sauf que nos candidats polypharmaques manquent un peu de réalisme. Car, pour être mises en œuvre, ces mesures exigent un consensus international. Pour l’Europe, soit l’Allemagne n’est pas d’accord, soit il faut une réforme institutionnelle et donc un referendum (les socialistes n’ont sûrement pas oublié celui de 2005).
Pour les autres mesures, les américains, et/ou les anglais, et/ou les chinois, n’en veulent pas. On peut exiger la mise en œuvre immédiate des engagements pris par le G20, sous la présidence de Sarkozy, en décembre 2008 (bien décriées à l’époque par ceux qui les plébiscitent aujourd’hui) et ensuite ?
La seule mesure que nous puissions prendre seuls, et cela dépend des parlementaires socialistes, c’est l’adoption de la règle d’or. Elle n’est pas trop contraignante, sur le fond tout le monde est à peu près d’accord et elle peut contribuer à sauver la note AAA de la France, mais elle a été proposée par le président de la République … Alors c’est niet !
Quant au reste, nous sommes bien loin du « nouvel ordre international juste » prôné par Ségolène Royal.
Nos candidats devraient relire le Petit Prince de Saint-Exupéry et l’épisode où il rencontre un roi très sage qui, bien que régnant sur tout, ne peut lui offrir le coucher de soleil qu’il demande. Parce que l’on ne peut exiger que des choses raisonnables.
« Ton coucher de soleil, tu l’auras. Je l’exigerai. Mais j’attendrai, dans ma science du gouvernement, que les conditions soient favorables » …
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