10/06/2011 : J – 330
Elle semblait s’être fait une raison et prête à négocier avec Strauss-Kahn, même si elle ne l’a jamais reconnu. Pendant des mois elle a réussi l’exploit de rester discrète, modeste et loyale.
Aujourd’hui que le jeu est à nouveau ouvert, elle se lance à la poursuite des deux concurrents qui la distancent largement dans les sondages, Hollande et Aubry.
Elle, qui a réussi son OPA en 2006 grâce aux sondages, n’a pas de mots assez durs: bidons, manipulés, ils ne reflètent pas son poids véritable ; bref, ils se trompent.
Et si elle avait raison ? La primaire socialiste n’est pas une élection comme les autres. On n’a pas la moindre idée du nombre de participants. Adhérents, militants et sympathisants, combien et lesquels feront l’effort d'aller voter ?
Avec 4, ou 5, ou 6 candidats quel score faudra-t-il atteindre pour se qualifier au second tour : 1 million ? 500 000 ? 200 000 ? Il faut s’attendre à des surprises et, à ce jeu-là, elle est experte…
En tout cas, elle ne doute pas de ses chances et démarre sa campagne comme en 2006 : très présente à nouveau dans les médias, elle recommence à lancer des idées iconoclastes (d’accord pour faire travailler les bénéficiaires de l’assistance; oui, on doit utiliser l’armée pour rétablir la sécurité dans les banlieues). C’est enfin, le retour des "coups médiatiques". Tous les français ont pu la voir, hier soir, sur les écrans, face à Sarkozy qui tenait, en Charente, une réunion à laquelle elle n’avait pas été conviée ! Une image qui vaut tous les discours : le combat ne s’est pas arrêté en 2007 et elle reste le meilleur adversaire de Sarkozy (ce dernier n’a pu, toutefois s’empêcher de dire qu’il gardait un excellent souvenir de leur débat entre les deux tours des présidentielles !).
Elle ne redoute, en tout cas, pas les soi-disant favoris qui peinent à acquérir une image présidentielle : Hollande, que beaucoup au PS continuent à ne pas prendre au sérieux (l’un de ses futurs adversaires à la primaire ne l'a-t-il pas traité de "Flamby" et de "grand méchant mou" ?) et Aubry, dont on continue de penser qu’elle n’a pas vraiment envie "d’y aller" et qui, si elle y allait, ce serait à contrecœur (pas très mobilisateur !).
Certes, l’image de Ségolène s’est dégradée dans le parti (mais elle n’a jamais été bien haute) et dans l’opinion en général (surtout dans les catégories qui ne votent pas socialiste), mais elle conserve un socle de partisans motivés et mobilisés décidés à aller voter pour elle.
La lutte va commencer, camarades…
Les soixante-huitards avaient inventé le slogan " élection, piège à c… ". S’appliquera-t-il à la primaire socialiste ?
bon ,"la lutte continue" et on devient addict à ce jeu politique..
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