26/06/2011 : J – 314
Afin de meubler le suspense insoutenable avant la décision de Martine Aubry posons-nous une question : quel est le meilleur candidat du PS pour les présidentielles ? Aubry, Hollande… ? Question délicate car il faut d’abord gagner la primaire puis embrayer directement sur la campagne présidentielle. Et c’est un total changement de registre.
Pour gagner la primaire il faut :
- prouver que l’on est bien de gauche, c’est-à-dire capable de rassembler, le moment venu, les gauches (la rouge et la verte). Ce n’est pas trop difficile, il suffit de réciter le bréviaire-projet socialiste, revendiquer le monopole de la compassion, montrer ce qu’il faut de mépris envers la droite ;
- être donné favori face à Sarkozy par les instituts de sondage (ce qui pose, en revanche, un vrai problème, car la désignation du candidat interviendra six mois avant les présidentielles; mais les français sont joueurs).
Pour gagner la présidentielle c’est très différent :
Inutile d’en rajouter sur la gauche et le programme officiel du parti. Les français ne croient plus aux projets ni aux promesses et encore moins aux idéologies. Ce qu’ils veulent c’est de la sincérité sur les quelques sujets qui les préoccupent : le chômage, le pouvoir d’achat, la sécurité, l’immigration, la dette, la fiscalité, la retraite... En bref, de la volonté et du réalisme. A ceux qui pensent que le projet socialiste répond à cette exigence nous disons : « lisez-le » !
Mais ce n’est pas le plus important, ce qui sera vraiment déterminant, c’est de convaincre que l’on est capable de diriger la France. Les français choisiront, en effet, celui ou celle à qui ils font le plus confiance pour piloter le navire lorsque se lèvera le vent des tempêtes.
Ils sont, en effet, inquiets, ou plutôt ils ont peur, et redoutent, à juste titre, les crises qui assombrissent l’horizon :
- économiques (ils ont compris que les bonimenteurs qui promettent de les affranchir de la mondialisation et de l’euro les prennent pour des débiles),
- sociales (avoir le courage de réformer, sans démagogie, pour sauver notre système),
- internationales (face au terrorisme et aux conflits armés qui se rapprochent, qui saura le mieux se faire entendre d'Obama, Poutine, Merkel… ?).
Et donc, ils choisiront avant tout un chef, qui les protège des périls.
La vraie question devient alors la suivante : la gauche a-t-elle vraiment un meilleur candidat à présenter pour « faire le Job » que l’actuel chef de l’Etat ?
Et, si l’on pense que oui, il faut se poser la question subsidiaire : parmi les personnalités socialistes favorites y en a-t-il une qui possède les qualités pour gagner les deux étapes ? Car le pire serait que l’une soit « formatée » pour la primaire et l’autre pour la présidentielle…
Parfois, abondance de biens nuit.
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