08/06/2011 : J – 332
On se désolait de l’absence d’idées. Voilà enfin un vrai sujet de débat : le nucléaire.
Faut-il se passer de cette source d’énergie, économiquement bon marché et non polluante en C02, en raison des risques d’accident (que l’on fait mine de découvrir depuis le tremblement de terre et le tsunami de Fukushima) et du problème, non encore résolu, de l’élimination des déchets ?
Le moins que l’on puisse en dire, pour l’instant, est que le débat reste confus. Il porte en effet, essentiellement sur des dates et des formules.
Des formules qui allient subtilité et langue de bois :
-« sortir du nucléaire »,
-« arrêt rapide »,
-« arrêt progressif »,
-« baisse de la part du nucléaire dans les énergies consommées »,
-« réduire notre dépendance du nucléaire et du pétrole »,
-« sortir de la dépendance ne signifie pas sortir du nucléaire »,
-« nucléaire, énergie de transition et non d’avenir »,
-« faire le pari du post-nucléaire »…etc.
Quant aux dates de sortie du nucléaire, c’est encore moins précis : 15 ans, 20 ans, 30 ans, 50 ans. Cela ressemble aux « nouvelles démarques » en périodes de soldes !
On aurait pu penser que sur un tel sujet le parti socialiste, qui mitonne son programme depuis des années et bénéficie des avis les plus éclairés, avait une réponse claire à proposer aux français. Eh bien non, on hésite, on tergiverse et l’on découvre (Martine Aubry) qu’il faut « faire travailler les experts »…
Pourquoi une telle confusion ? Peut-être parce que l’on ne veut pas poser les vraies questions et que l’on prend le problème à l’envers ?
Les vraies questions :
Peut-on raisonnablement penser que la demande en énergie va baisser dans l’avenir ? Oublions le beau, mais vain, slogan : « la meilleure énergie est celle que l’on ne consomme pas ». C’est comme si l’on disait : » les meilleurs présidents sont ceux qui ne sont pas élus » !
Evidemment que la demande va croître et de manière considérable. Cessons de nous regarder le nombril : si par miracle on parvenait à la stabiliser en France, les besoins des pays émergents et sous-développés sont simplement gigantesques. Va-t-on interdire l’accès à l’électricité à des milliards d’humains qui en sont encore privés et qui n’en sont qu’au début de leur industrialisation ?
Alors, on fait quoi ? Ah oui : les énergies nouvelles ! Evidemment le soleil et le vent c’est formidable, ça ne pollue pas et c’est illimité. Mais a-t-on idée du temps qu’il faudra, des milliers de milliards qui devront être dépensés, des surfaces de la planète qu’il faudra y consacrer ?
Prendre le problème à l’endroit serait d’imaginer un gigantesque Plan Marshall à l’échelle planétaire de Recherche et Développement des Energies Nouvelles, de fixer des objectifs à atteindre et alors, oui, d’organiser la décrue du nucléaire en fonction des résultats obtenus.
Sinon, il faut dire la vérité aux français :
-L’électricité va coûter de plus en plus cher et laisser croire que les riches paieront pour les pauvres est simplement un gros mensonge. Bonjour le niveau de vie !
-Il va falloir fortement augmenter la consommation de pétrole et de charbon…tant qu’il y en aura. Bonjour le CO2 ! Au fait qu'est-ce qui est pire : risque nucléaire ou rechauffement planétaire? Gouverner, c'est répondre à ce type de question.
-Nous serons inévitablement contraints de cesser toute activité industrielle liée au nucléaire : AREVA, ALSTHOM, EDF, … et les milliers de grandes, moyennes et petites entreprises. Bonjour le chômage !
-Il faudra évidemment renoncer à notre force militaire atomique, ce qui, compte tenu du nombre de pays qui sont en train de s’en doter, rabaissera la France au rang, non pas d’une moyenne puissance, mais d’un petit pays. Bonjour le Luxembourg !
Car qui osera soutenir que les dangers de l’atome imposent la fermeture de centrales en France mais pas d’en construire à l’étranger(sans parler de ces fichus nuages, eux aussi atteints par la mondialisation, qui ne s’arrêtent plus à nos frontières) ? Et de faire croire que l’on pourrait utiliser l’arme atomique(ce qui est tout de même la base de la dissuasion), c'est-à-dire provoquer des « accidents volontaires » ?
Bon, pas de panique. Revenons au concret, au sérieux. De quoi s’agit-il vraiment? De l’avenir du monde ? Plutôt d’une négociation politique entre le PS et les écologistes qui se réglera, le moment venu, par quelques siéges de députés.
De toute façon, vu le calendrier dont on parle, rien de définitif ne sera accompli sur le nucléaire pendant le prochain quinquennat et, comme ne cesse de le répéter le parti socialiste, une loi, on peut toujours revenir dessus.
En revanche, on pourra juger de ce qui aura vraiment été accompli, dans cinq ans, en faveur du développement des énergies nouvelles en France, en Europe et dans le monde.
Alors courage et méditons ce vieux proverbe : « ce n’est pas le puits qui est trop profond mais la corde qui est trop courte ».
Merci:je vais m'en servir pour mon prochain exposé
RépondreSupprimer