Cohérence est le maitre mot de Hollande.
Vous aurez sans doute relevé deux
propositions de réforme de la constitution qu’il présente: y intégrer la loi de 1905 sur
la laïcité ; en retirer toute référence à la race.
Sur le premier point, rappelons que, selon notre constitution, la France « est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Mais Hollande veut aller plus loin et « faire inscrire dans la constitution les principes de la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’Etat ». Tout paraissait, pourtant, simple : une règle constitutionnelle claire et des modalités d’application rigoureuses définies par la loi. Cela fonctionne depuis plus de cent ans et aura résisté à trois Républiques, mais il est urgent de réformer la constitution. Cohérent ?
Le second point touche à la race et par conséquent au racisme. Ici, c’est l’inverse. Il faut supprimer de la constitution le mot « race ».
Dans l’article 1er il est stipulé que la France « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race, ou de religion ». C’est le fondement de notre République, mais il veut supprimer le mot « race ». Il y a des mots que la bien-pensance veut envoyer dans les oubliettes de notre vocabulaire. Notez bien que, désormais, on ne dit plus « race » mais, comme Hollande lui-même, hier soir à Marseille, « origine ». Il suffit de parler hollandais…
Fort bien. Mais la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 et le Préambule de la constitution de 1946 sont repris dans le Préambule de la constitution de 1958 et font partie intégrante de notre bloc de constitutionnalité (« Le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race…, possède des droits individuels et sacrés »). C’est la loi des lois.
Sacrés sont, en vérité, ces deux textes qui constituent le socle de notre pacte républicain. On va donc les réviser eux aussi ? Cohérent ? Cocasse plutôt…
Une idée pour le candidat socialiste : demander à l’Assemblée générale des Nations-Unies de réviser la Déclaration universelle de droits de l’Homme, puisqu’elle proclame, dans son article 2 : «Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique … ».
Mais le diable est toujours dans les détails. Imaginez que l’on supprime le mot « race » de la constitution, que deviennent alors tous les textes qui répriment le racisme ? Faudra-t-il réviser la loi du 29 juillet 1881 sur la presse ( la première à punir toute incitation à la discrimination, à la haine ou à la violence l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race…), la loi du 1er juillet 1972 « relative à la lutte contre le racisme », la loi Gayssot de 1990 et les très nombreux articles du code pénal qui punissent la violence raciale, la haine raciale, la diffamation raciale, l’injure raciale… Est-ce cohérent ? Réaliste ?
Tant qu’on y est, faudra-t-il changer le nom de SOS Racisme, de la LICRA ?
Faudra-t-il interdire Amadou Hampâté Bâ, le « sage d’Afrique » (l’auteur, entre autres de « L’étrange destin de Wangrin » ou « Amkoullel l’enfant peul »), qui a écrit : « ce qu’il faudrait, c’est toujours concéder à son prochain qu’il a une parcelle de vérité et non pas dire que toute la vérité est à moi, à mon pays, à ma race… » ?
Ou Aimé Césaire qui a dit : « Aucune race n’a le monopole de l’intelligence, de la beauté, de la force et il y aura une place pour tous au rendez-vous de la victoire » (beau slogan, d’ailleurs, pour une élection présidentielle, il suffirait de remplacer race par candidat(e)…).
Et Senghor pour cette jolie phrase : « Ma négritude point n’est sommeil de la race mais soleil de l’âme » ?
Ce sont des sujets bien complexes. Etait-ce bien digne de les agiter au détour de propositions de campagne, comme pour faire un coup, ou pour se faire pardonner d’avoir oublié l’outre-mer dans la campagne ? Si l’idée est sérieuse, est-on d’accord pour soumettre aux français, par voie de référendum, ces deux propositions de révision de la constitution ? Cela, au moins, serait cohérent…
Allons ! Un peu de sagesse et écoutons Jaurès « C’est qu’au fond, il n’y a qu’une seule race : l’Humanité ».
Sur le premier point, rappelons que, selon notre constitution, la France « est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale ». Mais Hollande veut aller plus loin et « faire inscrire dans la constitution les principes de la loi de 1905 sur la séparation de l’église et de l’Etat ». Tout paraissait, pourtant, simple : une règle constitutionnelle claire et des modalités d’application rigoureuses définies par la loi. Cela fonctionne depuis plus de cent ans et aura résisté à trois Républiques, mais il est urgent de réformer la constitution. Cohérent ?
Le second point touche à la race et par conséquent au racisme. Ici, c’est l’inverse. Il faut supprimer de la constitution le mot « race ».
Dans l’article 1er il est stipulé que la France « assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race, ou de religion ». C’est le fondement de notre République, mais il veut supprimer le mot « race ». Il y a des mots que la bien-pensance veut envoyer dans les oubliettes de notre vocabulaire. Notez bien que, désormais, on ne dit plus « race » mais, comme Hollande lui-même, hier soir à Marseille, « origine ». Il suffit de parler hollandais…
Fort bien. Mais la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 et le Préambule de la constitution de 1946 sont repris dans le Préambule de la constitution de 1958 et font partie intégrante de notre bloc de constitutionnalité (« Le peuple français proclame à nouveau que tout être humain, sans distinction de race…, possède des droits individuels et sacrés »). C’est la loi des lois.
Sacrés sont, en vérité, ces deux textes qui constituent le socle de notre pacte républicain. On va donc les réviser eux aussi ? Cohérent ? Cocasse plutôt…
Une idée pour le candidat socialiste : demander à l’Assemblée générale des Nations-Unies de réviser la Déclaration universelle de droits de l’Homme, puisqu’elle proclame, dans son article 2 : «Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique … ».
Mais le diable est toujours dans les détails. Imaginez que l’on supprime le mot « race » de la constitution, que deviennent alors tous les textes qui répriment le racisme ? Faudra-t-il réviser la loi du 29 juillet 1881 sur la presse ( la première à punir toute incitation à la discrimination, à la haine ou à la violence l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race…), la loi du 1er juillet 1972 « relative à la lutte contre le racisme », la loi Gayssot de 1990 et les très nombreux articles du code pénal qui punissent la violence raciale, la haine raciale, la diffamation raciale, l’injure raciale… Est-ce cohérent ? Réaliste ?
Tant qu’on y est, faudra-t-il changer le nom de SOS Racisme, de la LICRA ?
Faudra-t-il interdire Amadou Hampâté Bâ, le « sage d’Afrique » (l’auteur, entre autres de « L’étrange destin de Wangrin » ou « Amkoullel l’enfant peul »), qui a écrit : « ce qu’il faudrait, c’est toujours concéder à son prochain qu’il a une parcelle de vérité et non pas dire que toute la vérité est à moi, à mon pays, à ma race… » ?
Ou Aimé Césaire qui a dit : « Aucune race n’a le monopole de l’intelligence, de la beauté, de la force et il y aura une place pour tous au rendez-vous de la victoire » (beau slogan, d’ailleurs, pour une élection présidentielle, il suffirait de remplacer race par candidat(e)…).
Et Senghor pour cette jolie phrase : « Ma négritude point n’est sommeil de la race mais soleil de l’âme » ?
Ce sont des sujets bien complexes. Etait-ce bien digne de les agiter au détour de propositions de campagne, comme pour faire un coup, ou pour se faire pardonner d’avoir oublié l’outre-mer dans la campagne ? Si l’idée est sérieuse, est-on d’accord pour soumettre aux français, par voie de référendum, ces deux propositions de révision de la constitution ? Cela, au moins, serait cohérent…
Allons ! Un peu de sagesse et écoutons Jaurès « C’est qu’au fond, il n’y a qu’une seule race : l’Humanité ».
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire