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Le candidat socialiste a des relations internationales difficiles. Il parait que Merkel, Cameron, Monti et Rajoy se sont mis d’accord pour ne pas le recevoir. Ce n’est pas bien et ce n’est pas habituel car, entre amis, il est d’usage de rencontrer les chefs de l’opposition des autres pays.
Il faut en chercher la raison, car il ne s’agit pas des dirigeants de Malte ou de Chypre, par ailleurs éminemment respectables, mais de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Italie et de l’Espagne, nos voisins les plus proches, les États les plus importants de l’Union européenne.
Au parti socialiste on a la réponse : tous ces pays ont des gouvernements de droite (étrange et intéressant, d’ailleurs), c’est donc un complot des conservateurs contre les progressistes. Mais cela n’explique pas le traitement particulier qui est réservé à Hollande alors qu’il est le favori des sondages.
C’est Sarkozy qui l’a exigé ? Mais cela signifierait qu’il possède une réelle autorité sur les dirigeants européens, ce qui est contradictoire avec la « France abaissée, affaiblie, dégradée ». Qui aurait peur d'un toutou ?
Et, d’ailleurs, le complot est plus vaste. Hollande n’a toujours pas réussi à voir Obama, malgré le scénario imaginé au PS selon lequel il " croiserait " le Président américain en rendant visite à Hillary Clinton.
Et puis Fabius a subi une véritable humiliation en Chine, en n’obtenant aucune audience d’un responsable, même de deuxième rang. Pourtant il effectuait ce voyage à la demande et pour le compte de Hollande.
Alors, les quatre grands pays européens, plus les États-Unis, plus la Chine… si c’est un complot il va bien au-delà des " conservateurs " puisque, sauf erreur, Obama est démocrate et les chinois, communistes. Pourquoi les dirigeants de ces puissances votent-ils Sarkozy ?
Et si c’était Hollande le problème ? N’aurait-il pas le même charisme, un problème de crédibilité, des doutes sur son expérience et ses compétences ?
Se pourrait-il que ses projets inquiètent et que, contrairement à ce qu’il a déclaré à Londres (« I am not dangerous »), il soit jugé dangereux ?
Ce qui est certain, c’est que les gouvernements allemand, espagnol et italien n’ont pas apprécié l’intention de Hollande de renégocier le Pacte fiscal ni que les socialistes français n’aient pas voté le « Mécanisme européen de stabilité- MES ». On les comprend, ils ont eu tellement de mal à les faire aboutir.
Quant à Cameron, qui aurait pu se féliciter de trouver un allié pour s’affranchir de toutes les contraintes européennes, il s’arrache parait-il les cheveux depuis que Hollande s'est mis en tête de taxer les hauts revenus à 75 %.
Probable, également, que Merkel n’ait toujours pas digéré l’amabilité de Montebourg, « la question du nationalisme allemand est en train de ressurgir à travers la politique à la Bismarck de Madame Merkel », ni la finesse de Le Guen affirmant que « le président de la République ne sait pas convaincre les dirigeants européens… (il) ressemble plus à Daladier qu’à de Gaulle ou à Mitterrand ».
Ramener l’Allemagne à Munich, et donc à Hitler, et comparer Merkel au Chancelier qui a annexé l’Alsace et la Lorraine, c’est autre chose qu'une simple rivalité droite/gauche…
D’ailleurs, même la gauche allemande le regarde de travers. Écoutons Peer Steinbrück, le candidat potentiel du SPD contre Merkel en 2013 : « J’ai rencontré Hollande début décembre et je le reverrai à la mi-mars… l’une de mes questions sera la suivante " pensez-vous qu’il soit possible de revoir ou de renégocier tous ces accords encore une fois ? " … et je lui dirai : si c’est ce que vous croyez, vous êtes naïf ».
Bref, ça sent le roussi avec nos principaux partenaires. Evidemment, il pourrait aller en Afrique, mais c’est trop tard pour un entretien avec le président Gbagbo, ce très vieil ami des socialistes français, il a dû céder son poste mal acquis et il est actuellement en ... Hollande, déféré devant la Cour pénale internationale. Il y a bien le président Sénégalais, Abdoulaye Wade, mais il est, en ce moment, en difficulté constitutionnelle et électorale.
Resterait Poutine qui vient de gagner les élections en Russie, mais de mauvais esprits émettent quelques doutes sur le caractère véritablement démocratique du scrutin, comme du régime d’ailleurs.
Il lui faudra donc attendre d’avoir obtenu, lui-même, l’onction démocratique du peuple français pour rencontrer ses nouveaux petits camarades. Ils ne perdent rien pour attendre, ils vont voir ce qu’ils vont voir…
Ecce Homo !
PS. Où est passé Hubert Védrine ? Il est bien dommage de s’en priver car il serait reçu partout, lui. Serait-ce que Fabius ne veut pas de concurrent pour les ...Affaires "étrangères".
Le candidat socialiste a des relations internationales difficiles. Il parait que Merkel, Cameron, Monti et Rajoy se sont mis d’accord pour ne pas le recevoir. Ce n’est pas bien et ce n’est pas habituel car, entre amis, il est d’usage de rencontrer les chefs de l’opposition des autres pays.
Il faut en chercher la raison, car il ne s’agit pas des dirigeants de Malte ou de Chypre, par ailleurs éminemment respectables, mais de l’Allemagne, du Royaume-Uni, de l’Italie et de l’Espagne, nos voisins les plus proches, les États les plus importants de l’Union européenne.
Au parti socialiste on a la réponse : tous ces pays ont des gouvernements de droite (étrange et intéressant, d’ailleurs), c’est donc un complot des conservateurs contre les progressistes. Mais cela n’explique pas le traitement particulier qui est réservé à Hollande alors qu’il est le favori des sondages.
C’est Sarkozy qui l’a exigé ? Mais cela signifierait qu’il possède une réelle autorité sur les dirigeants européens, ce qui est contradictoire avec la « France abaissée, affaiblie, dégradée ». Qui aurait peur d'un toutou ?
Et, d’ailleurs, le complot est plus vaste. Hollande n’a toujours pas réussi à voir Obama, malgré le scénario imaginé au PS selon lequel il " croiserait " le Président américain en rendant visite à Hillary Clinton.
Et puis Fabius a subi une véritable humiliation en Chine, en n’obtenant aucune audience d’un responsable, même de deuxième rang. Pourtant il effectuait ce voyage à la demande et pour le compte de Hollande.
Alors, les quatre grands pays européens, plus les États-Unis, plus la Chine… si c’est un complot il va bien au-delà des " conservateurs " puisque, sauf erreur, Obama est démocrate et les chinois, communistes. Pourquoi les dirigeants de ces puissances votent-ils Sarkozy ?
Et si c’était Hollande le problème ? N’aurait-il pas le même charisme, un problème de crédibilité, des doutes sur son expérience et ses compétences ?
Se pourrait-il que ses projets inquiètent et que, contrairement à ce qu’il a déclaré à Londres (« I am not dangerous »), il soit jugé dangereux ?
Ce qui est certain, c’est que les gouvernements allemand, espagnol et italien n’ont pas apprécié l’intention de Hollande de renégocier le Pacte fiscal ni que les socialistes français n’aient pas voté le « Mécanisme européen de stabilité- MES ». On les comprend, ils ont eu tellement de mal à les faire aboutir.
Quant à Cameron, qui aurait pu se féliciter de trouver un allié pour s’affranchir de toutes les contraintes européennes, il s’arrache parait-il les cheveux depuis que Hollande s'est mis en tête de taxer les hauts revenus à 75 %.
Probable, également, que Merkel n’ait toujours pas digéré l’amabilité de Montebourg, « la question du nationalisme allemand est en train de ressurgir à travers la politique à la Bismarck de Madame Merkel », ni la finesse de Le Guen affirmant que « le président de la République ne sait pas convaincre les dirigeants européens… (il) ressemble plus à Daladier qu’à de Gaulle ou à Mitterrand ».
Ramener l’Allemagne à Munich, et donc à Hitler, et comparer Merkel au Chancelier qui a annexé l’Alsace et la Lorraine, c’est autre chose qu'une simple rivalité droite/gauche…
D’ailleurs, même la gauche allemande le regarde de travers. Écoutons Peer Steinbrück, le candidat potentiel du SPD contre Merkel en 2013 : « J’ai rencontré Hollande début décembre et je le reverrai à la mi-mars… l’une de mes questions sera la suivante " pensez-vous qu’il soit possible de revoir ou de renégocier tous ces accords encore une fois ? " … et je lui dirai : si c’est ce que vous croyez, vous êtes naïf ».
Bref, ça sent le roussi avec nos principaux partenaires. Evidemment, il pourrait aller en Afrique, mais c’est trop tard pour un entretien avec le président Gbagbo, ce très vieil ami des socialistes français, il a dû céder son poste mal acquis et il est actuellement en ... Hollande, déféré devant la Cour pénale internationale. Il y a bien le président Sénégalais, Abdoulaye Wade, mais il est, en ce moment, en difficulté constitutionnelle et électorale.
Resterait Poutine qui vient de gagner les élections en Russie, mais de mauvais esprits émettent quelques doutes sur le caractère véritablement démocratique du scrutin, comme du régime d’ailleurs.
Il lui faudra donc attendre d’avoir obtenu, lui-même, l’onction démocratique du peuple français pour rencontrer ses nouveaux petits camarades. Ils ne perdent rien pour attendre, ils vont voir ce qu’ils vont voir…
Ecce Homo !
PS. Où est passé Hubert Védrine ? Il est bien dommage de s’en priver car il serait reçu partout, lui. Serait-ce que Fabius ne veut pas de concurrent pour les ...Affaires "étrangères".
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