jeudi 8 mars 2012

CACOFONICO SUR LES TRÈS RICHES

J - 59
Nous en étions au « Modérato » sur l’imposition à 75 % (J – 62). Nous sommes sur le point de passer au stade « cacofonico ». Parce que l’intérêt de la France est en jeu ? Parce que c’est un choix politique majeur ? Non, parce qu’il s’agit de foot. 
Taper sur les patrons du CAC 40, succès garanti, comme à Guignol. Mais on ne plaisante pas avec les footballeurs car tous les français, enfin beaucoup, « supportent »  le club de leur ville, de leur province, de leurs origines identitaires et qu’ils ont compris qu’au football ce n’était pas comme en politique, mais plutôt comme en économie : pour gagner, il fallait avoir les meilleurs. Ils s’intéressent à la politique et aux élections présidentielles mais que leur club descende en ligue 2 ou, au contraire soit qualifié en coupe des champions européens, c’est autrement plus important !
Alors, piquer du pognon à Bolloré, cela plait à tout le monde, mais priver le PSG de Pastoré c’est risquer de perdre la mairie de Paris. C’est tout aussi vrai à Marseille, Lyon, Lille…
Alors Hollande fait du Hollande. Pour éviter le hors-jeu, repli tactique !
Sur Europe 1, il déclare : « Il faudrait trouver des "mécanismes de lissage" pour l’imposition sur le revenu ». Formidable ! Cela fait dix ans qu’ils préparent leur retour au pouvoir, 18 mois que Hollande est candidat, il lance cette annonce révolutionnaire, c’est bien le mot, et personne n’y avait pensé ? Même pas Cahuzac qui, on l’a compris, était très branché sur cette belle idée ? Comme  disait Fabius, « on rêve » !
On en vient à se demander si quelqu’un réfléchit avenue de Ségur. Parce que si le problème que l’on découvre est que les riches, comme certains oiseaux, sont migrateurs, les clubs de foot, eux, sont liés à leur ville, à leur stade et à leur public. Prisonniers. Contrairement à leurs joueurs qui volent vers la basse-cour où la pitance est meilleure. Tandis que les patrons des grandes entreprises peuvent, non seulement s’envoler, mais emporter avec eux leurs sièges sociaux. C’est une chose que l’on n’aime pas entendre mais leurs clients sont déjà, en majorité, à l’étranger. Un vote du conseil d’administration suffit. C'est plus compliqué pour un stade et des supporters !
On dit à gauche, c’est une maxime de Mélenchon, que pour un dirigeant qui s’en va, il y en a dix pour le remplacer. Sauf s’il part avec l’entreprise. Mais les joueurs de foot ?  Peut-on les remplacer par des militants du Parti de gauche ? Bref, personne n’a vraiment travaillé la question.
Toujours sur le même sujet, nous avons eu la satisfaction de constater que si nous n’avions pas l’oreille absolue (il ne nous viendrait pas à l’idée de nous comparer à Zidane, alors, à Mozart…), mais enfin, cela fonctionne encore du côté auditif. Nous avions cru entendre trois mots susurrés par Hollande (cf. « Modérato sur l’imposition à 75 % », chronique du 3 mars) : « pour un temps » et nous supputions que cette mesure révolutionnaire pourrait être  conjoncturelle. Mais nous avions un doute.
Enfin Fabius vint et pour ceux qui auraient les portugaises ensablées, il précise (RMC/BFM TV) : « Nous sommes dans une période exceptionnelle … et il est légitime que ceux qui ont la chance d’avoir de très, très haut revenus paient une taxe exceptionnelle ». Cette fois-ci, c’est clair. Exceptionnel = temporaire. Tout ce tintouin pour un impôt sécheresse ?
Qui cherche-t-on à tromper ? Les très, très riches pour qu’ils ne s’envolent pas, ou les très, très à gauche qui veulent bouffer du riche ?
Vous voyez, le temps « cacofonico » de la valse hollandaise, c’est ça !

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