C’est maintenant devenu clair, Hollande ne va plus laisser d’espace à Sarkozy. Il va occuper le terrain, avec tous les jours une idée nouvelle qui fera débat. Mais c’est un petit peu plus compliqué pour lui, car il doit proposer des solutions à la crise de la dette sans jamais évoquer d’économies budgétaires dont, ni son électorat, ni ses alliés, ne veulent entendre parler.
Alors, il n’a pas le choix, il ne peut qu’augmenter les impôts. Mais rien n’est simple, il lui faut également éviter de braquer les électeurs du centre dont il aura besoin au second tour, en ménageant les cadres. Donc, il ajuste son tir sur les riches. D’où la fameuse tranche d’imposition à 75 % et l’augmentation de la taxation des produits d’assurance-vie.
Cela nous fait penser au fameux sketch de Fernand Raynaud, "Heureux", dans lequel il joue le rôle d’un cantonnier qui monte une fois par an à Paris pour un déjeuner de famille où il rencontre un cousin, chef d’entreprise, qui a un mot qui revient toujours dans la conversation : « impôt…, impôt,…impôt,… ». Et le pauvre cantonnier de se demander ce que cela veut dire : « un pot, un pot ? P’t’être qu’ils ne pensent qu’à boire à Paris ? ».
Mais il peut être compliqué de parler au nom du fisc. Parfois, manque de pot, dans ce qui apparaissait comme une bonne idée, se niche un loup.
Ainsi de la tranche à 75 % qui a permis de retrouver un entretien de François Hollande avec le petit génie socialiste de la fiscalité, Thomas Piketty, au cours duquel le candidat déclarait « l’image d’un taux confiscatoire sur une toute petite fraction des contribuables n’aura aucun effet - on est sûr des effets de délocalisations - et ne produira aucune recette ». Il parait que la situation a changé depuis cette déclaration. C’est vrai qu’en janvier 2011 les choses allaient beaucoup mieux et que les patrons du CAC 40 ne touchaient, alors, que le SMIC… Maudite vidéo, merci Médiapart ! Inutile de continuer débattre du sujet, on sait maintenant, de la bouche même du cheval, ce qu’il faut en penser. Il ne reste plus qu’à attendre le "Moderato"…
Ainsi de la réforme de l’assurance-vie. Premier temps, "Allegro", Hollande annonce, lundi, sur TF1, que le placement fétiche des français verrait son régime fiscal aligné sur le régime commun.
Le lendemain, deuxième temps, "Largo", Michel Sapin confirme que : « L’assurance-vie sera soumise au barème de l’impôt sur le revenu. Par définition, les personnes disposant au total de faibles revenus… continueront d’être non imposables. Les autres paieront comme tout le monde ». Les produits seront taxés entre 5.5 % et … 75 % !
Troisième temps, jeudi, Sapin à nouveau, mais "Moderato" : la taxation resterait à 7.5% sur les revenus des contrats détenus depuis plus de 8 ans, comme aujourd’hui. Seuls les contrats détenus depuis moins de 8 ans seraient imposés selon le barème de l’impôt sur le revenu. Et l’abattement de 4.600 euros par personne serait également maintenu.
Quatrième temps (depuis Jacques Brel, la valse peut avoir plus de 3 temps), "cacofonico" : ces mesures seraient-elles rétroactives ou ne s’appliqueraient-elles qu’aux contrats souscrits après le vote de la loi ? On verra…
Mais un peu de patience, il y a encore de belles annonces à faire. Et il y en aura pour tout le monde. On devrait bien trouver quelque chose du côté des allocations familiales ou des impôts locaux… la seule question est : c’est pour quand ?
C’est bien connu la valse, c’est très romantique, mais ça donne le vertige.
En revanche, un pot, ça réconforte. Alors, tchin tchin…
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