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On a beaucoup parlé de "drôle de campagne", en référence à la "drôle de guerre", période de neuf mois qui a précédé la grande offensive allemande de mai 1940.
En fait, il y a bien eu campagne, d’abord au sein même du PS pour la désignation du candidat, puis après l’investiture de François Hollande. Mais il s’agissait essentiellement d’une campagne "en contre".
Hollande a, probablement, remporté la primaire parce qu’il apparaissait le mieux placé pour battre le président sortant. Son programme s’est donc, longtemps, limité à un pilonnage de ce dernier, pour deux raisons évidentes : c’est son principal atout, et il a tout intérêt à éviter les sujets qui fâchent dans son propre camp (ce qui est le cas de la plupart des grands sujets).
Quand on examine en détail les sondages il apparaît, en effet, que si le candidat socialiste affiche une avance insolente, il ne le doit ni à sa personne, ni à son programme, mais au fait qu’il est le réceptacle des opposants de tout poil.
Quelques chiffres le confirment clairement. Par exemple, ce dernier sondage IFOP pour Paris-Match/Europe 1 qui ne recense que 39 % des français souhaitant sa victoire. Sans doute encore plus significatif, le total des voix de gauche au premier tour qui reste stable, à peine au-dessus des 40 % du total des intentions de vote.
La victoire de maréchal que les instituts prédisent à Hollande tient donc au report des voix en sa faveur des électeurs de Bayrou (60 %) et même de Le Pen (un quart de ses électeurs se reporterait sur son nom et un autre quart s’abstiendrait).
On connaît la passion de Hollande pour le football, ce qui l’a conduit, tout naturellement, à appliquer la tactique traditionnelle des équipes qui mènent au score : la défense. Donc, il bétonne et joue en contre-attaque…
Mais la situation va bientôt changer. L’équipe adverse n’a pas encore engagé son joueur vedette, dont l’entrée sur le terrain pourrait modifier les rapports de force, en tout cas le rythme du jeu.
Déjà, on le trouve bien bruyant sur le banc de touche, adressant des encouragements à ses coéquipiers et des lazzis aux adversaires. On sent bien que le moment est arrivé. Il vient, d’ailleurs, d’ôter son survêtement avant de faire une déclaration tonitruante aux journalistes du Figaro Magazine : " J’ai dit que le rendez-vous approchait, il approche ". Il va bientôt faire son entrée. Dans les vestiaires on connaît même, déjà, le poste qu’il va occuper : l’aile droite !
Le match peut commencer.
PS. Nous avons dû être contaminés par les supporters de l’équipe de gauche, car nous avons oublié de citer le nom du meneur de jeu de l’équipe de droite ! Mais vous l’aviez deviné…
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