On en a tellement parlé que nous n’allons pas nous livrer
à une revue de presse. Hollande annonçant un nouveau taux d’imposition à 75 %
au-delà d’un million d’euros par mois, pardon, par an, ainsi qu’il s’est corrigé
lui-même; Cahuzac, le responsable des finances et de la fiscalité dans l’équipe
du candidat, pris par surprise et essayant de gagner du temps (« je ne
sais pas trop quoi vous dire. J’attends d’y voir ce qu’il en est
vraiment ») avant de recevoir une claque de Hollande ("maintenant,
il est au courant")…
Nous allons procéder plutôt, à une revue de nos successives, et contradictoires, réactions spontanées.
La première fut l’hilarité. Combien de personnes cela
concerne-t-il ? Hollande lui-même parle de 3.OO0 pour une recette espérée
de l’ordre de la centaine de millions. Il nous joue du pipeau. On sait qu’il
n’aime pas les riches. Personne n’a encore compris ce que cela signifie pour
lui, depuis les 4.000 euros de 2007 rapidement devenus 8.000 pour un couple, à
ses engagements récents sur une
nouvelle tranche à 45 % au-delà de 150.000 euros par part, et
maintenant, sortis du chapeau, ces 75 % ? Bref, c’est n’importe quoi.
La seconde, fut la confirmation que Hollande a vraiment peur de
Sarkozy. Il n’en peut plus de le voir, depuis qu’il est candidat, occuper tout le terrain. Il lui
fallait trouver, enfin, une idée dont on parle. Fort logiquement, il a pensé à
la fiscalité qui est sa marque de fabrique. Une sorte de course à l’échalote
avec Sarkozy qui lui aussi s’est mis à la chasse au riche, il lui fallait donc
frapper un grand coup. Il a réussi.
La troisième réaction, assez désolante, fut qu'il avait choisi,
pour ce faire, la démagogie. En France on n’aime rien tant que de taper sur les
riches et les politiques. Les riches, c'est fait et il est maintenant difficile d’aller plus loin. Quant à la République
exemplaire, ce n’est pas le moment à cause des regrettables affaires qui
doivent conduire le Sénat à se prononcer sur la levée de l'immunité
parlementaire de deux sénateurs socialistes... De toute façon, Bayrou vient de
prendre la main sur ce thème. Alors, pan sur les
grosses fortunes.
La quatrième fut une réaction de fierté patriotique. La France
détient de nombreux records européens en matière de temps de travail, de
dépenses publiques, de pression fiscale, etc. Mais il nous manquait celui du taux le plus élevé dans le barème de
l’impôt sur le revenu. Déjà, nous étions proches de l’Allemagne et du Royaume Uni, mais l’injure venait des danois
qui nous ridiculisaient avec leur taux à 64 % alors que nous plafonnions entre 40 et 45 %, malgré les propositions
actuellement sur la table. Intolérable ! Avec nos 75 % on les laisse sur place.
Il n’y a plus que Mélenchon pour penser que l’on peut battre un tel record.
Score : Danemark : 0 -
Hollande : 1 .
La cinquième réaction fut l’inquiétude.
D'abord, peut-on vraiment envisager qu’une démocratie
républicaine instaure un impôt totalement confiscatoire ? Parce que, si vous
ajoutez aux 75 % les 13 à 14 % de CSG, CRDS, et tout le reste , cela nous amène
à près de 90 % et ne laisse plus de quoi payer l'ISF...
OK, personne ne va pleurer sur les riches (souvenez-vous, tout
de même, du proverbe africain : « Quand les gros maigrissent, les
maigres meurent »). Et d'ailleurs, Hollande a eu cette phrase magnifique:
" Accepter de payer un impôt supplémentaire, c'est du patriotisme",
l'oxymore le plus drôle que nous n'ayons jamais rencontré...
Seulement nous prenons, ici, le pari que si jamais ce projet n'était pas mangé en route par les petits cochons, il serait déclaré anticonstitutionnel car confiscatoire et portant atteinte à une bonne dizaine de droits fondamentaux, français et européens.
Seulement nous prenons, ici, le pari que si jamais ce projet n'était pas mangé en route par les petits cochons, il serait déclaré anticonstitutionnel car confiscatoire et portant atteinte à une bonne dizaine de droits fondamentaux, français et européens.
Mais ce n'est pas le plus grave, parce qu'au point où nous en
sommes, quelques milliers de riches en moins, ce serait idiot, mais plus
vraiment dramatique. Comme dirait Hollande quand on n’aime pas on ne compte
pas… Mais quand il compte, il se trompe : la mesure dit-il rapporterait, un
peu plus de cent millions de millions. Faux ! Avec
les départs, elle entraînerait une perte d’impôt beaucoup plus importante
que ce que rapporteraient les 75 % au-dessus du million d’euros. Un petit
plaisir qui pourrait se révéler très onéreux.
Mais il y a pire encore, car cette espèce en voie de
disparition que sont les riches ne fait pas que percevoir de hauts revenus.
Elle possède généralement un gros capital, fort imposé, des entreprises qui versent des salaires et payent des
charges et impôts. Un siège social, c’est facile à déplacer, des avoirs
financiers aussi. Il est vrai que ce n’est pas le cas des emplois…
Quant à ceux qui seraient tentés de s’installer dans la doulce
France, il n’est pas certain qu’ils se décident à préparer leur valises.
Noah, qui devait quitter la France en cas d’élection de Sarkozy en 2007, paye, parait-il, ses impôts en France. Continuera-t-il à la faire si Hollande et élu ? Et au PSG, vous y avez pensé ? Vous croyez qu’à ce régime-là, le club de la capitale pourrait garder Pastore et les autres vedettes dont le revenu dépasse le million ? Hollande n’aime pas les riches mais il aime le foot…
Noah, qui devait quitter la France en cas d’élection de Sarkozy en 2007, paye, parait-il, ses impôts en France. Continuera-t-il à la faire si Hollande et élu ? Et au PSG, vous y avez pensé ? Vous croyez qu’à ce régime-là, le club de la capitale pourrait garder Pastore et les autres vedettes dont le revenu dépasse le million ? Hollande n’aime pas les riches mais il aime le foot…
Et c'est ainsi que nous en sommes arrivés à la sixième
réaction: mais c'est bien sur, nous sommes dans du pur Hollande, la valse à
trois temps!
Au premier temps de la valse – Allegro - une mâle déclaration. « Je suis de
gauche, j'ai un projet! Vous voyez que je ne suis pas un mou » !
Au second temps de la valse – Moderato - les seconds danseurs
changent de tempo : « ce n’est pas si simple, faut comprendre que
cette annonce est plus subtile. Il faut réfléchir à sa mise en œuvre »...
Au troisième temps- Cacofonico - le danseur étoile
revient : " mais oui… mais
non, je ne reviendrai pas sur ce que
j’ai dit, je le ferrai ... mais on verra comment. De toute façon c’est moi qui décide.
On connaît la valse.
Entre nous, y a-t-il
vraiment une seule personne pour croire que la France va instaurer un nouveau
taux d'imposition à 75 % ?
Dire qu'il reste encore 67 jours avant le second tour!
Dire qu'il reste encore 67 jours avant le second tour!
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