samedi 14 janvier 2012

LE MODELE FRANÇAIS DÉGRADÉ

J - 113
Si Hollande est élu le 6 mai prochain président de la République, il le devra à deux dates : le 15 mai 2011, qui a sonné le retrait de la compétition du favori socialiste, le 13 janvier 2012, qui marque un incontestable revers de son principal adversaire.
Mais les choses ne sont pas si simples. Sarkozy a eu tort de faire du sauvetage du triple A de la France sa priorité, comme les socialistes ont tort de faire de cette perte un argument électoral.
Selon eux, si la France a été rétrogradée c'est à cause de la politique menée pendant 5 ans par le Président Sarkozy. Ce n'est pas à cause de la crise. Ce n'est même pas parce que la France a trop dépensé. C'est uniquement la faute aux cadeaux faits aux riches.
Peu importe si ces fameux "cadeaux fiscaux" représentent entre deux et trois milliards, soit quatre à cinq fois moins que ne coûtent, chaque année depuis 1998, les baisses de charges qui ont accompagné les 35 heures.
Peu importe que la France détienne, parmi toutes les grandes économies, le record de la pression fiscale (44,5 % du PIB) et des dépenses publiques (56,6% du PIB), bien loin devant l'Allemagne.
Peu importe si aucun buget n'a été en équilibre depuis 1975, et si la dette a commencé à dériver sous Mitterrand.
Peu importe que d'autres grands pays comme les Etats-Unis et le Japon aient perdu avant nous le triple A.
Peu importe que le parti socialiste se soit opposé à toutes les réformes structurelles destinées à réduire les dépenses publiques (retraites, diminution des effectifs dans la fonction publique, carte judiciaire, carte militaire...) et qu'il soit le seul parti socialiste européen à refuser la règle d'or.
Le discours est calé : ce n'est pas la France qui est dégradée c'est Sarkozy!
Dommage que Hollande et ses snippers n'aient pas pris le temps de lire le communiqué de l'agence Standard and Poor's, cela les auraient ramenés à plus de mesure.
Selon S&P, "Cet abaissement de la note reflète l'impact de l'intensification des problèmes politiques, financiers et monétaires dans la zone euro, au sein de laquelle la France est étroitement intégrée...
Les notes de la France continuent, pour nous, à refléter son économie riche, diversifiée et solide, ainsi que sa force de travail hautement qualifiée et productive. Mais pour nous, le niveau relativement élevé de la dette publique, ainsi que les rigidités de son marché du travail compensent en partie ces atouts. Nous avons noté que le gouvernement s'attaque toutefois à ces problèmes, via sa stratégie de renforcement budgétaire et des réformes structurelles...".
C'est le modèle social et économique français, fondé sur une croissance tirée par la dépense publique et le déficit budgétaire, qui est dégradé. En revanche un satisfecit est donné pour les réformes accomplies.
Les socialistes auraient donc tort de se réjouir, ce qu'ils ne font pas officiellement, mais leur empressement à reporter la responsabilité sur la présidence Sarkozy est révélatrice.
Parce que si c'est une mauvaise nouvelle pour la France, ça l'est tout autant pour eux : le peu qui restait du projet socialiste vient de s'envoler avec le troisième A. Se souvient-on, seulement, qu'il était basé sur une prévision de croissance de 2,5 % et qu'il prévoyait 25 milliards de dépenses nouvelles ?
Pendant que la gauche et la droite cherchent à se repasser le mistigri, Bayrou déclare que l'affaiblissement de la France est dû à sa situation interne ; pas seulement aux 5 années de sakozysme mais que cela remonte bien plus loin; que la gauche et la droite sont responsables; qu'il ne suffit pas de changer les gouvernants; qu'il faut bannir les promesse absurdes.
Bayrou est le seul à avoir tiré le signal d'alarme lors de la précendente élection présidentielle et à réclamer le retour à l'orthodoxie budgétaire.
Les agences de notation vont voter Bayrou...

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