J -121
S'il y avait un sujet sur lequel Hollande était clair, c'était celui de la réforme fiscale, la justice fiscale, disait-il. Pour l'exprimer, il avait la formule magique: la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG. Pour une fois, il était en accord avec le projet socialiste. Mais c'était aux temps heureux de la candidature à la candidature....
Aujourd'hui que la perspective de l'exercice du pouvoir prend corps et que l'on commence à se dire qu'il faudra, peut-être, passer des paroles aux actes on sent l'inquiétude monter. D'autant plus que les hauts fonctionnaires, qui utilisent les pouvoirs que leur confère le service de l'Etat à préparer leurs lendemains qui chantent, commencent à tirer le signal d'alarme.Ce qu'ils disent, c'est que la fusion de l'impôt sur le revenu et de la CSG est techniquement infaisable et politiquement suicidaire.
Alors, on appelle à la rescousse les professionnels du rétropédalage. La fusion ? Vous aurez mal compris. Il s'agit, seulement, éventuellement, d'un rapprochement. La grande réforme fiscale ? Une tranche supplémentaire de l'impôt sur le revenu. La suppression des niches fiscales ? Tout au plus un plafonnement un peu plus sévère qu'aujourd'hui.
Mais, comme il faut toujours accompagner un renoncement d'une percée idéologique, un thème est en train d'émerger : le coût d'un enfant!
Imaginez que l'on s'aventure à chiffrer le coût d'un enfant d'immigré, clandestin tant qu'on y est, le scandale serait immense et légitime. Laissons cela à ceux qui en font commerce. Ces calculs sont à vomir!
Mais c'est en toute dignité, paré des vertus de l'humanisme socialiste, que Michel Sapin, le responsable du projet du candidat Hollande, déclare : "Aujourd'hui, un enfant de riches, ça apporte beaucoup plus qu'un enfant de pauvres". Vous avez bien entendu, "ça apporte"!
Si vous pensez que c'est une simple maladresse, comme la blaguounette de Hollande hier, il faut consulter le site web "Rue 89", dont la mission est d'expliquer à ceux qui manquent de finesse ce qu'il faut comprendre des projets socialistes : "oui, un enfant de riche coûte plus cher à l'Etat qu'un enfant de pauvres".
Cette affirmation est étayée par de savants calculs qui font apparaître que les réductions d'impôt sur le revenu sont, grâce au système des parts, plus importantes chez une famille riche que chez une famille pauvre. Ils ont dû faire L'ENA ...
La proposition est donc de remplacer le quotient familial par un crédit d'impôt alloué forfaitairement à tous les enfants. Ainsi, les ménages qui ne paient pas d'impôt sur le revenu (la moitié des français) bénéficieront également d'une "réduction d'impôt"...
Il faudra appliquer le même raisonnement à la déduction de 10 % dont bénéficient les salariés et la remplacer par un montant forfaitaire qui serait également versé aux ménages qui ne paient pas l'impôt.
Tu vois, Coluche, c'est ça un technocrate ...
Gare à ne pas désespérer Boulogne-Billancourt !
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