Ce n'est pas un proverbe paysan mais il est clair qu'à partir de maintenant, et jusqu'au mois de mai, les sondages vont pleuvoir comme à Gravelotte. Deux déjà, depuis dimanche (IFOP pour le JDD et BVA pour Le Parisien).
Le moins que l'on puisse dire est que ce n'est pas brillant pour les deux favoris. C'est à peine si un français sur 4 les choisit au premier tour ! Avec 28 % Hollande demeure en tête, mais il ne cesse de reculer. Avec 24 à 26 % Sarkozy comble une partie de son retard, mais sans progresser.
Chaque camp enregistre un total historiquement bas : au mieux 40 % pour la gauche (avec l'extrême gauche et les écologistes) et pas beaucoup plus de 30 % pour la droite (sans Bayrou ni Le Pen). Le chantage " de deux choses l'une" ne marche plus, les français préferent désormais les QCM.
Les regards se tournent donc, tout naturellement, vers les poursuivants et les non alignés. A eux deux les principaux candidats "alternatifs" (Bayrou et Le Pen) font autant, sinon plus, que chacun des favoris. Bien que cela ne soit pas si tranché, on voit que les deux hommes de tête sont attaqués sur leur droite, l'un par la frontiste Le Pen (17/19 %), l'autre par le centriste Bayrou (11/12 %). D'où leur prudence de sioux à se déclarer ou à présenter un programme. "On ne sort de l'ambiguité qu'à son détriment"...Le jeu consiste donc à se démarquer tout en s'efforçant de ne pas s'aliéner les électeurs de ces candidats, indispensables pour l'emporter au second tour.
A cet égard, le travail mené sur les repports au second tour est fort intéressant. Celui de L'IFOP montre que sur le total des voix qui se sont portées au premier tour sur Le Pen, Bayrou, Mélenchon, Joly et Villepin (soit 43 % des suffrages), environ 34 % ne se prononcent pas et 37 % vont à Hollande contre 29 % à Sarkozy, ce qui explique que le candidat socialiste l'emporte largement au second tour, même si son avance se réduit, avec 54 % contre 46 % à son adversaire.
Le sondage BVA donne les mêmes tendandes mais plus marquées en faveur de Hollande, qui obtiendrait au second tour 59 % des voix de Bayrou, 46 % des voix de le Pen et ...61 % de celles de Villepin, ce qui lui permettrait de l'emporter par 57 % contre 43 %.
On mesure, à l'examen de ces sondages, la force du rejet que continue de subir le président sortant et pourquoi il est passé à l'offensive; et l'on comprend également pourquoi son challenger, qui ne suscite qu'une faible appétence, continue de jouer la montre.
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